56
56
Germaine Richier
LA TAUROMACHIE
ACCÉDER AU LOT
56
Germaine Richier
LA TAUROMACHIE
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Art Contemporain – Evening Sale

|
Paris

Germaine Richier
1902 - 1959
LA TAUROMACHIE
signé, numéroté 0/6 et porte le cachet du fondeur Susse Paris
bronze
116 x 54 x 101 cm; 45 5/8 x 21 1/4 x 38 3/4 in.
Conçue en 1953, cette œuvre est le numéro 0 d'une édition de 7 plus 3 épreuves hors commerce et 1 épreuve d'artiste.
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Provenance

L'artiste
Collection Jan Krugier, Genève
Vente: Christie's, New York, A Dialogue through art: works from the Jan Krugier Collection, Evening Sale, 4 novembre 2013, lot 54
Collection particulière

Exposition

Paris, Palais de New York, IXe Salon de mai, mai 1953 ; catalogue no. 22
São Paulo, Museu de Arte Moderna, 2nd Bienal de São Paulo, juin - juillet 1953 ; catalogue, no. 4, illustré (autre exemplaire)
Bâle, Kunsthalle, Germaine Richier, Bissière, H. R. Schiess, Vieira da Silva, Raoul Ubac, juin - juillet 1954 ; catalogue, no. 17 (autre exemplaire)
Biel/Bienne, Collège des Prés Ritter, Exposition suisse de sculpture en plein air, septembre - octobre 1954 ; catalogue, no. 169 (autre exemplaire)
Venise, XXVII Biennale internazionale d'arte, juin - octobre 1954 ; catalogue, no. 149 (autre exemplaire)
Amsterdam, Stedelijk Museum, Vieira da Silva, Germaine Richier, février - mars 1955; catalogue, no. 34, illustré (autre exemplaire)
New York, The Museum of Modern Art; Minneapolis, The Minneapolis Institute of Arts; Los Angeles, Los Angeles County Museum; San Francis, San Francisco Museum of Art, The New Decade: 22 European Painters and Sculptors, mai 1955 - mars 1956; catalogue, p. 38, illustré (autre exemplaire)
Lille, Galerie Marcel Evrard, Germaine Richier, Roger Vieillard, 1955 ; catalogue, no. 4 (autre exemplaire)
Paris, Galerie Berggruen, Germaine Richier, juin - juillet 1956 (autre exemplaire)
Paris, Musée national d'Art moderne, Germaine Richier, octobre - décembre 1956 ; catalogue, n.p., no. 40, illustré (autre exemplaire)
New York, Martha Jackson Gallery, The Sculptures of Germaine Richier, novembre - décembre 1957; catalogue, n.p., no. 10, illustré (autre exemplaire)
Minneapolis, Walker Art Center, Sculpture by Germaine Richier, septembre - novembre 1958; catalogue, n.p., no. 12 (autre exemplaire)
Boston, University School of Fine and Applied Arts, Sculpture by Germaine Richier, janvier - février 1959; catalogue, n.p., no. 1 (autre exemplaire)
Paris, Galerie Henri Creuzevault, Germaine Richier, mai 1959 (autre exemplaire)
Antibes, Musée Picasso, Germaine Richier, juillet - septembre 1959; catalogue, n.p, no. 107 (autre exemplaire)
Marseille, Musée Cantini, Sculpture contemporaine, mars - avril 1960; catalogue, n.p., no. 18 (autre exemplaire)
Venise, Palazzo Grassi Centro Internazionale della Arti e del Costume; Amsterdam, Stedelijk Museum, Dalla natura all'arte, 1960 - 1961; catalogue, n.p., no. 1, illustré (autre exemplaire)
Anvers, Middelheimpark, VII Bienale voor Beeldhoouwkunst, juin – septembre 1963; catalogue, no. 132 (autre exemplaire)
Zürich, Kunsthaus Zürich, Germaine Richier, juin - juillet 1963; catalogue, no. 53, pl. XIV (autre exemplaire)
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, La part du rêve, avril - juillet 1964 ; catalogue, no. 69, pl. XIII (autre exemplaire)
Arles, Musée Réattu, Germaine Richier, juillet - septembre 1964; catalogue, no. 31, illustré (autre exemplaire)
Londres, Hanover Gallery, Contrast, juillet - août 1967; catalogue no. 56 (autre exemplaire)
Paris, Musée Rodin, Troisième Biennale internationale de sculpture contemporaine, Formes humaines, mai - juin 1968; catalogue, no. 6 (autre exemplaire)
New York, Solomon R. Guggenheim Museum, Works from the Peggy Guggenheim Foundation, 1969 ; catalogue, pp. 136-137, illustré (autre exemplaire)
Paris, Orangerie des Tuileries, Art du XXe siècle, novembre 1974 - mars 1975 ; catalogue, no. 163, illustré (autre exemplaire)
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, La femme dans l'art, avril - juillet 1975 ; catalogue, no. 73, illustré (autre exemplaire)
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Art du XXe siècle, 1977
Paris, Théâtre du Rond-Point, Sous le signe du taureau, décembre 1986 – janvier 1987 ; catalogue, illustré (autre exemplaire)
Paris, Centre Georges Pompidou, Années 50, juin - octobre 1988, ; catalogue, pp. 234-239, illustré (autre exemplaire)
Humlebæck, Louisiana Museum of Modern Art, Germaine Richier, août - septembre 1988, p. 33, no. 19, illustré (autre exemplaire)
Barcelone, Centre Cultural Sala Catalunya Sala Sant Jaume ; Vienne, Künstlerhaus Wein, Europa de postguerra, 1945-1965 : Arte después del diluvio, mai - décembre 1995; catalogue, no. 76, illustré (autre exemplaire)
Saint-Paul, Fondation Maeght, Germaine Richier: Rétrospective, avril - juin 1996 ; catalogue, pp. 122-123, no. 60, illustré en couleurs (autre exemplaire)
Berlin, Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin-Preussischer Kulturbesitz Linie, Licht und Schatten, Meisterzeichnungen und Skulpturen der Sammlung Jan und Marie Anne Krugier-Poniatowski, mai - août 1999 ; catalogue, pp. 293, 392, no. 188, illustré en couleurs (autre exemplaire)
Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza, Miradas sin tiempo: Dibujos, Pinturas y Esculturas de la Coleccion Jan y Marie Anne Krugier-Poniatowski, février - mai 2000 ; catalogue, pp. 474-475, no. 220, illustré en couleurs (autre exemplaire)
Paris, Musée Maillol, Le feu sous les cendres: de Picasso à Basquiat, octobre 2005 - février 2006 ; catalogue, pp. 79, 154, illustré en coleurs (autre exemplaire)
Munich, Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, Das ewige Auge: Von Rembrandt bis Picasso, Meisterwerke aus der Sammlung Jan Krugier und Marie Anne Krugier-Poniatowski, juillet - octobre 2007 ; catalogue, pp. 468-469, no. 226, illustré en couleurs (autre exemplaire)
New York, Dominique Lévy Gallery, Germaine Richier, février - avril, 2014 ; catalogue, pp. 9, 80 - 83, 147, illustré en couleurs (autre exemplaire)

Bibliographie

George Waldemar, "Les idoles de Germaine Richier," Art et Industrie, Nancy, 1954, no. 29 (autre exemplaire)
Pierre Francastel, "La nouvelle sculpture: Germaine Richier," Les Sculpteurs celèbres Paris, 1954, pp. 316-320, 399 (autre exemplaire)
Jean Grenier, "Germaine Richier: Sculpteur du terrible," L'OEil, Paris, septembre 1955, 26-31, no. 9 (autre exemplaire)
Catalogue d'exposition, Londres, Hanover Gallery, Germaine Richier, 1955 (autre exemplaire)
Catalogue d'exposition, New York, The Museum of Modern Art, Richier, The New Decade, 1955 (autre exemplaire)
George Waldemar, "Germaine Richier," Prisme des arts, Paris, avril 1956, no. 2 (autre exemplaire)
Denys Chevalier, "Un grand sculpteur: Germaine Richier," Prestige francais et Mondanités, Paris, septembre 1956, pp. 60-65, no. 19 (autre exemplaire)
André Chastel, "Au musée d'Art moderne 'Germaine Richier: la puissance et le malaise'," Le Monde, Paris, octobre 1956 (autre exemplaire)
Denys Chevalier, "Sculpture encore: 'Dans son atelier, vaste forêt de plâtres et de bronzes, Germaine Richier, chef d'école, sculpte les grands mythes sylvestres'," Femme, Paris, octobre - novembre 1956, pp. 81-83 (autre exemplaire)
Chatard, "Sculpture: Germaine Richier," Nouvelle Gauche, Paris, novembre - décembre 1956 (autre exemplaire)
Pierre Schneider, "Art News from Paris," Arts News, New York, décembre 1956, p.48, no. 55 (autre exemplaire)
Michel Conil-Lacoste, "Chroniques: Germaine Richier ou la confusion de règnes,"Cahier du Sud, Marseille, février 1957, pp. 307-311 (autre exemplaire)
Paul Guth, Neil Chapman, "Encounter with Germaine Richier," Yale French Studies, 1957, pp. 78-84, no. 19/20 (autre exemplaire)
Yvon Taillandier, "Germaine Richier," Connaissance des arts, Paris, juillet 1958, pp. 24-29, no. 77 (autre exemplaire)
René Barotte, "Le journal des arts 'Germaine Richier...a mêlé la réalité à l'imaginaire'", Paris-Presse-L'Intransigeant, Paris, août 1959, p. 6E (autre exemplaire)
Raymond Charmet, "Germaine Richier: une oeuvre d'une humanité déchirée," Arts, Paris, août 1959, no. 5-11 (autre exemplaire)
Claude Roger-Marx, "Cette héritière inspireée des grands maîtres: Germaine Richier,"Le Figaro littéraire, Paris, août 1959, p. 7 (autre exemplaire)
Couturier, "Tribune de Paris - Adieu à Germaine Richier: la force de son oeuvre," Tribune de Lausanne, Lausanne, août 1959, p. 7 (autre exemplaire)
Alberto Giacometti, "Tribune de Paris - Adieu à Germaine Richier: Assise parmi ses sculptures," Tribune de Lausanne, Lausanne, août 1959, p. 7 (autre exemplaire)
Maria-Helena Vieira da Silva, "Tribune de Paris - Adieu à Germaine Richier: Son atelier était plein d'une étrange musique," Tribune de Lausanne, Lausanne, août 1959, p. 7 (autre exemplaire)
André Pieyre de Mandiargues, Germaine Richier, Woluwe-Saint Lambert, 1959, pp. 3-8 (autre exemplaire)
Michel Seuphor, "XV La Sculpture figurative," La sculpture de ce siècle: Dictionnaire de la sculpture moderne, Neuchâtel, 1959, pp. 109-118 (autre exemplaire)
Franz Hellens, "Les Beaux-Arts à Paris: La première exposition posthume de Germaine Richier," Les Beaux-Arts, Brussels, avril 1960, no. 894, p. 12 (autre exemplaire)
Jean Cassou, Germaine Richier, New York, 1961 (autre exemplaire)
Hugo Debrunner, "Die Plastikerin Germaine Richier: Große Retrospektive im Kunsthaus Zürich," Zürcher Spiegel, Zürich, juin 1963 (autre exemplaire)
H. Cingria, "Itinéraire provençal: Arles," Lettres françaises, Paris, juin – août 1964 (autre exemplaire)
Enrico Crispolti, "Germaine Richier," I maestro della scultura, Milan, 1968, pp. 50-52, no. 65 (autre exemplaire)
Michel Conil-Lacoste, "Richier," Nouveau dictionnaire de la sculpture moderne, Paris, 1970, pp. 262-264 (autre exemplaire)
René Barotte, "À la rencontre de Germaine Richier (1904-1959), Le sculpteur qui va...au-delà de," Vision sur les arts, Béziers, novembre 1978 (autre exemplaire)
Catherine Millet, "Germaine Richier, la gran époc de la escultura," Guadalimar, Madrid, décembre 1978, no. 37 (autre exemplaire)
Brassaï, "Germaine Richier," Les Artistes de ma vie, Paris, 1982, pp. 194-197
Ionel Jianou, Gérard Xurigura, Aube Lardera, "Germaine Richier," La Sculpture moderne, Paris, 1982, p. 178 (autre exemplaire)
Angelica Zander Rudenstine, "Germaine Richier," Peggy Guggenheim Collection Venice, New York, 1985, pp. 684-688 (autre exemplaire)
G. Jespersen, "Kunst: Fantasterne," Politiken, Copenhagen, août 1988 (autre exemplaire)
Gilles Neret, "Qu'est-ce que la sculpture moderne?," 30 ans d'art moderne, peintres et sculpteurs, Paris, 1988, pp. 114-134 (autre exemplaire)
Christa Lichtenstein, "Den Kompaß im Auge, da Lot in den Fingerspitzen: Die Bildhauerin Germaine Richier," Frankfurter Allgemeine Zeitung, Frankfurt, novembre 1989, no. 274 (autre exemplaire)
Elisabeth Lebovici, "Lieux: L'atelier de Germaine Richier vu par Pierre-Olivier Deschamps," Beaux-Arts Magazine, Paris, novembre 1989, pp. 94-99, no. 73 (autre exemplaire)

Description

La Tauromachie est sans aucun doute le chef d’œuvre de Germaine Richier, véritable « titan de la sculpture », comme la qualifie Alain Jouffroy dans un texte fondateur publié à l’occasion d’une rétrospective de l’œuvre de l’artiste en 1992. Dans ce même texte, le critique d’art compare La Tauromachie à un autre chef d’œuvre : la statue du roi Hor du musée du Caire. Pour le critique d’art, seuls les maîtres anciens de la statuaire égyptienne rivalisent en effet avec l’œuvre de Richier. Mis à part elle, aucun sculpteur de la deuxième partie du XXe siècle n’a su montrer toute la « violence criminelle du siècle d’Hiroshima et des camps d’extermination ». Personne, pas même Alberto Giacometti, comme elle ancien élève de Bourdelle et qui a pourtant lui-aussi réussi à « rejoindre la vérité antique à travers un champ de décombres » ne touche du doigt l’extraordinaire puissance et l’autorité souveraine de cette tauromachie.

Dans la carrière de Germaine Richier, les œuvres de l’avant-guerre et de l’après-guerre contrastent aussi bien par leurs formes que par leur charge émotionnelle. Très tôt, l’artiste impose son langage artistique unique en créant des œuvres évoquant le règne humain, végétal et animal, entre rêve et réalité. Mais ce n’est qu’après la Seconde guerre mondiale que l’artiste laisse totalement libre court à son extraordinaire imagination, s’émancipant de l’enseignement de la statuaire classique pour embrasser une esthétique fantastique unique. Emblématique de cette évolution, La Tauromachie retranscrit la vision du monde de ce génie de la sculpture, vision tragique d’une société en décomposition. Hommage à la survie de l’humanité après une guerre meurtrière, l’œuvre représente une créature fantastique d’une époque que l’on ne peut définir, mais qui n’est autre que l’époque contemporaine. Richier fournit ici la preuve que son art part du point le plus intérieur et le plus secret.

Tirée à onze exemplaires dont plusieurs sont aujourd’hui conservés dans les plus grands musées du monde, tels que le Musée Royal d’Art Moderne de Bruxelles, le Louisiana Museum of Modern Art du Danemark et la Solomon R. Guggenheim Foundation de New York, la rare fonte de La Tauromachie qui nous occupe ici diffère de la plupart des autres dans le traitement particulier que l’artiste a ici apporté à la patine du bronze doré. L’or renvoie ici une fois de plus à la tradition antique, et en particulier à celle de la culture millénaire des pays méditerranéens, mais aussi à l’habit de lumière et aux courses de taureaux sauvages sans mise à mort, dites courses libres, de l’enfance de l’artiste passée entre le Languedoc et la Provence.

La Tauromachie peut aussi être rattachée à une autre tradition : la tradition surréaliste. La jambe antérieure du personnage, étrangement allongée et qui suggère par là même le mouvement alors que la statue est particulièrement statique, comme paralysée dans un rêve, rappelle en effet les déformations photographiques de Kertész. Comme le croissant de lune ciselé au sommet de cette silhouette biomorphique renvoie au vocabulaire d’un Picasso surréaliste. A l’instar des tableaux du maître catalan décrivant des créatures hybrides et tourmentées, cette Tauromachie est l’expression ardente du mythe de la métamorphose. Révélant une matière irrégulière et exacerbée, elle condense les recherches de l'artiste sur « l’esthétique de la fureur cosmique ». Ici, Germaine Richier met un grand savoir et une intelligence lucide au service d’une imagination lyrique débordante. On comprend parfaitement ce qu’elle voulait dire quand elle expliquait qu’elle était « plus sensible à un arbre calciné qu’à un pommier en fleur ».

Art Contemporain – Evening Sale

|
Paris