51
51

PROVENANT DE LA COLLECTION DE ROBERT HALIGON

Joán Miró
FEMME
Estimation
150 000200 000
Lot. Vendu 267,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT
51

PROVENANT DE LA COLLECTION DE ROBERT HALIGON

Joán Miró
FEMME
Estimation
150 000200 000
Lot. Vendu 267,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris

Joán Miró
1893 - 1983
FEMME
porte le cachet PLASTIQUES D'ART R. HALIGON et numéroté 2/2
résine synthétique polychrome
hauteur : 19 cm ; 7 1/2 in.
Exécuté en 1972 dans une édition de 2 exemplaires en résine peinte.
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Provenance

Acquis directement de l'artiste par Robert Haligon

Bibliographie

Emilio Fernández Miró & Pilar Ortega Chapel, Joan Miró. Sculptures. Catalogue raisonné 1928-1982, Paris, 2006, no. 264, reproduit p. 252
Joán Punyet Miró, Al voltant de Miró, Barcelone, 2014, reproduit p. 170

Description

Cette sculpture fut créée en 1949 et tirée en bronze à huit exemplaires, avant que Miró ne reprenne celle-ci en 1972. Il la retravailla et mit au point sa polychromie afin qu’elle puisse servir de modèle pour la réalisation d’un agrandissement de plus de deux mètres de hauteur, actuellement conservé au Hakone Open-Air Museum au Japon. Cette sculpture de 19 cm de hauteur en résine a été réalisée en seulement deux exemplaires numérotés 1/2 et 2/2. Toute en rondeur, cette œuvre évoque immédiatement une idée de mouvement, à tel point que Miró avait un temps envisagé de donner à ce modèle le titre de "Danseuse".

Miró se consacre à la sculpture à partir des années 1920, période pendant laquelle il exécute ses premières peintures-objets surréalistes. Ce n’est qu’à partir des années 1940 qu’il s’essaye aux sculptures en ronde-bosse, d’abord en céramique, en collaboration avec Josep Llorens Artigas, puis en bronze. "Avec le poids et le hiératisme qui la caractérisent, la sculpture aidera Miró à souligner certains aspects essentiels de son œuvre. La peinture, toujours davantage, est devenue chez lui histoire, légende, univers se développant à travers l’espace. La sculpture sera la fixation solitaire, silencieuse et impérieuse, des personnages de cette même histoire. La peinture peut contenir une scénographie, une action dans le temps. Dans la sculpture, en revanche, tout sera ‘contorsion baroque et solitude hiératique’, selon l’expression de Jacques Dupin. Les titres des œuvres nous l’indiquent déjà de manière irréfutable. Dans la sculpture, tout est ‘personnage’, ‘tête’, ‘femme’. Dans la peinture, il faut avoir recours à des termes plus aériens : ‘étoile’, ‘oiseau’, ‘femme’. C’est, à coup sûr, le nœud qui attache le tout." (Joan Teixidor, ‘Miró sculpteur’ in Miró sculptures, Paris, 1980, p. 145).

Parmi la multiplicité des matériaux explorés par Miró, pour qui "il n’y a pas de matériau vulgaire", la résine est certainement le plus novateur et original. L’expérimentation de ce matériau est d’abord le fruit d’une rencontre, celle du reproducteur statuaire Robert Haligon, dont Miró fait la connaissance en 1969. Avec lui, Miró entreprend une série de travaux : moulages, agrandissements, tirages en résine synthétique ou encore création de nouveaux modèles, parmi lesquels les sculptures monumentales exposées sur l’esplanade de La Défense. Eminent spécialiste de la technique de la résine polychrome, Robert Haligon, dans son atelier de Périgny-sur-Yerres, collabora avec de nombreux artistes : Miró, mais également Dubuffet, Botero, Diego Giacometti, César ou encore Niki de Saint-Phalle. Son fils Gérard est d’ailleurs à l’heure actuelle l’unique restaurateur officiel des œuvres de cette artiste.

Le recours à ce matériau permit à Miró de parvenir au rendu parfaitement lisse qu’il avait imaginé dès la conception de ce modèle. Le défi technique, brillamment relevé par Robert Haligon, consistait à parvenir à faire adhérer sur la résine une peinture brillante et capable de résister aux intempéries. Ces deux maquettes permirent donc dans un premier temps à Miró à la fois d’obtenir un aperçu de son projet de sculpture monumentale, mais également de tester la parfaite résistance de la polychromie sur ce matériau. Particulièrement satisfait du résultat, la couleur étant plus éclatante que sur les épreuves en bronze, Miró envisagea un temps de faire exécuter des tirages en résine à 6 ou 8 exemplaires de ce modèle. Le projet fut finalement abandonné, et seulement deux exemplaires de ces dimensions furent réalisés, parmi lesquels cet exemplaire qui fut donné par Miró à son collaborateur et ami Robert Haligon.

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris