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Livres et Manuscrits

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Paris

[Proust, Marcel] -- Anna de Noailles
25 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES DONT 18 SIGNÉES "ANNA", À MME STRAUS. [1910], [1920] ET S.D.
40 p. in-8 ou in-12 (de 202 x 104 à 101 x 104 mm). 3 lettres sur papier à en-tête du Grand Hôtel de Grasse, 1 sur papier à en-tête du Princess Hôtel à Paris. 13 lettres avec adresses autographes, dont 10 avec timbres et marques postales. Une enveloppe à l'adresse de Mme Straus rue de Miromesnil [22 juin 1904].
Sous chemise demi-maroquin vert à rabats de percaline verte, dos orné et titré, légèrement passé. Etui.
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Description

La comtesse de Noailles est très heureuse d'être conviée aux "précieuses réunions" de Mme Straus qu'elle remercie à plusieurs reprises pour des envois de friandises, de fruits, d'eau de Cologne...  Malheureusement sa mauvaise santé l'empêche d'aller voir celle qu'elle appelle d'abord "chère Madame" puis "Bien chère amie"  : "les imbéciles étant bien portants on les voit, -- et nous sommes toujours séparées". Il est d'ailleurs souvent question de ses médecins, d'un docteur "qui bavarde trop et ressemble à des câpres. [...] Il n'est plus apte qu'à figurer rempli de bonbons dans une épicerie de Noël", mais plus tard elle voit le "bon" Widal [le bactériologiste Fernand Widal] qui lui fait beaucoup de bien. Sont également nommés le journaliste Lucien Corpechot, un de ses familiers, ou son amie Hélène [Vacaresco]. Faisant parfois allusion à des connaissances communes, notamment d'un certain C. dont elle se moque, elle prie sa correspondante de déchirer ces lettres-là. 

Anna de Noailles avait rencontré Proust dès la parution de ses premiers poèmes, et ne cessa de le fréquenter et de correspondre avec celui qui affirmait avoir appris à écrire à sa lumière. Lorsque la santé délicate de la comtesse -- point commun avec l'écrivain, tous deux recevant parfois dans leur chambre -- lui permettait de sortir, ils se rencontraient, notamment chez Mme Straus, boulevard Haussmann puis rue de Miromesnil.

Madame Straus, née Geneviève Halévy (1849-1926), femme de Georges Bizet, était la mère de Jacques Bizet, condisciple et grand ami de Proust au lycée Condorcet. Elle fut l’une des premières confidentes et une grande amie de Proust ainsi qu’en témoigne leur importante correspondance. Ils furent liés pendant près de 34 ans, de 1888 à la mort de Proust. Elle le recevait dans son salon, qui était l'un des lieux les plus courus du Paris littéraire et artistique du début du XXe siècle, et lui inspira le personnage de la duchesse de Guermantes. Cependant à partir de 1910, Mme Straus, tout en restant une confidente généreuse et attentive pour ses amis, se retira peu à peu du monde parisien, tandis que la renommée de la poétesse Anna de Noailles allait s’accroissant année après année.

provenance : André Maurois. -- René Sibilat (ex-libris collés sur le premier contreplat).

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