12
12
Martial Raysse
SANS TITRE
Estimation
1 300 0001 800 000
Lot. Vendu 1,744,750 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT
12
Martial Raysse
SANS TITRE
Estimation
1 300 0001 800 000
Lot. Vendu 1,744,750 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Contemporary Art

|
Paris

Martial Raysse
N. 1936
SANS TITRE

huile, photographie et collage sur toile


89,5 x 116,4 cm; 35 1/4 x 45 13/16 in.
Exécuté vers 1962.
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Cette oeuvre est inscrite à l'inventaire de l'oeuvre de Martial Raysse.

Provenance

Galleria del Leone, Venise
Collection particulière, Vienne (Autriche)
Acquis auprès de cette dernière par le propriétaire actuel

Exposition

Venise, Galleria del Leone, 1964; catalogue, illustré

Description

oil, photography and collage on canvas. Executed circa 1962.

« Ce qui est important c'est de toujours comprendre que son travail est appelé à devenir un prototype (Martial Raysse, Le Point, n°9, avril 1967, p. 34).  

Réalisée en 1964, l'oeuvre a tout du prototype et de l'icône pop. Images lisses et standardisées des magazines et de la publicité toutes à la gloire de la beauté sont à la base du travail de Raysse. Exploitant à leur maximum les concepts de canon et d'idéal, Raysse invente une réalité artificielle, clinquante et triomphante dont l'œuvre de 1964 est un superbe exemple. Ici, les jolis traits du modèle sont prétextes et moyens d'une recréation fardée et ultra-séduisante.  L'œuvre fait figure d'exception dans le paysage des baigneuses de l'œuvre de Raysse. Elle est de ce point de vue à l'image des plus célèbres portraits-stars d'Andy Wahrol.

 

Fluorescentes et excentriques, les couleurs sont les premiers agents de l'impact magnétique de l'image. La juxtaposition détonante et arbitraire des rose, orange, bleu, violet et vert est accentuée par le noir de jais de l'incroyable chevelure-casque. Les différents procédés de mise en couleur dont le flocage (vaporisation de fibre plastique) accroissent les contrastes et les jeux de matières. Celui qui dit avoir « traqué la vie dans les couleurs par les plastiques, les fluorescences, le néon, les lumières artificielles » (extrait de Martial Raysse, maître et esclave de l'imagination, Amsterdam, Stedeljik Museum, 1965) excelle dans ces rapports chocs et outranciers de polychromie. Aux artistes Pop, il emprunte la technique. De la Côte d'Azur (Nice) où il vit et fréquente les Nouveaux Réalistes (Klein, Niki de Saint-Phalle, Arman...) dont il signe le Manifeste en 1960,  il retient la lumière hypnotique et les coups de projecteur. 

 

C'est de la photographie et du cinéma que le cadrage hors norme de l'œuvre tire son efficacité. A l'époque où Warhol réalise des courts-métrages et où Godard surfe sur la Nouvelle Vague, Martial Raysse se sert du medium photographique comme source d'inspiration : « La photo a joué chez moi le rôle d'un relais qui, à ses débuts, a pris la forme de ces visages stéréotypés de jeunes femmes des réclames, leitmotiv de notre culture visuelle » (Martial Raysse, Nîmes, Carré d'Art, 1992-1993, p. 116). Comme source d'inspiration mais aussi comme instrument de travail puisqu'il procède par agrandissement de clichés noir et blanc contrecollés sur toile avant application des pigments. La photo joue ainsi le rôle de dessin par délégation. Pour autant, Raysse ne sacrifie pas la ligne à la couleur. En 1964, l'année du portrait de France, dans une série d'odalisques intitulée Made in Japan, il rend hommage à Ingres. Dans tous les cas, la sursaturation en couleurs acidulées fait de ces odalisques comme de ce portrait des vedettes parfaitement anti-académiques.

 

La manière dont Raysse traite la toile est elle aussi pour le moins non conventionnelle : «  Venant de l'art de l'assemblage, je suis préoccupé depuis longtemps par la nécessité, après avoir utilisé les objets du domaine public, de créer mes propres objets préfabriqués, mes prototypes, de substituer aux clichés sociaux mes clichés personnels... » (id., p.16). Dans l'œuvre de 1964, outre les juxtapositions de matières et de techniques picturales, les collages sous-jacents (la photographie) et  l'adjonction d'objets trouvés (la feuille verte) évoquent les Combine-Paintings de Rauschenberg. En 1961, Raysse le rencontre à Paris, un an avant l'exposition The New Realists à la Sidney Janis Gallery où Européens et Américains sont pour la première fois confrontés : Raysse, Klein, Arman, Spoerri... face à Warhol, Oldenburg, Lichtenstein... Dans le motif stylisé de la feuille et celui du pull rayé peint en violet, bleu et noir sur fond de photographie découpée, il y a également des papiers découpés de Matisse. En 1965, un an après le portrait de France, le catalogue de la rétrospective de Martial Raysse à Amsterdam affiche en frontispice le nom barré du vieux maître de Nice. En 1960, Raysse affirmait : « La théorie de l'école de Nice, c'est que la vie est plus belle que tout » (id., p.36). Avec ses plages de couleurs flashy hors norme, l'oeuvre de 1964 est de ces images. De toute beauté.

Comp. 1

Pablo Picasso, Portrait de Dora Maar, 1937, Huile sur toile, Paris, musée Picasso @ succession Picasso 2011.

Comp. 2

Henri Matisse, Robe rouge et tulipes violettes, 1937, Huile sur toile, Collection particulière @ 2011, succession H. Matisse, Paris.

Comp. 3

Andy Warhol, Red Jackie, 1964, peinture polymère synthétique et sérigraphie sur toile, Stuttgart, collection Froehlich @ Froehlich

 

 

 

 

Contemporary Art

|
Paris