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Chaïm Soutine
NATURE MORTE VERTE
Estimation
250 000350 000
Lot. Vendu 250,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Chaïm Soutine
NATURE MORTE VERTE
Estimation
250 000350 000
Lot. Vendu 250,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Collection Marcel Arland : Dans L’Amitié des Peintres

|
Paris

Chaïm Soutine
1893 - 1943
NATURE MORTE VERTE
signé Soutine (en bas à gauche)
huile sur toile
50 x 65 cm; 19 5/8 x 25 5/8 in.
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Provenance

Vente: Hôtel Drouot, Paris, 1930 ou 1931
Marcel Arland, Paris
Puis par descendance au propriétaire actuel

Description

Cette œuvre sera incluse au Volume III du Chaïm Soutine Catalogue Raisonné actuellement en préparation par Maurice Tuchman et Esti Dunow.


"Non, je te le jure, le Soutine (qui est signé Soutin) est beau, très beau, beau comme un homme, beau comme un cerveau (un cerveau de peintre)."
Marcel Arland, Extrait d’une lettre à Jean Paulhan, 1932, Fonds Arland, Bibliothèque Jacques Doucet


Marcel Arland témoigna immédiatement de son admiration pour le coup de pinceau vibrant de Soutine lorsqu’il vit cette toile pour la première fois : "Un jour que j’étais entré à l’hôtel Drouot […], le crieur brandit un tableau, dont la seule vue, moquez-vous me serra la gorge. Silence, pas une main qui se lève ; je levai la mienne; et la toile, quand on me la remit, quand j’osai y porter les yeux, craignant une erreur, une illusion, eh bien ! ce fut un long amour qui commença - et qui dure." (Marcel Arland, Dans l’amitié de la peinture, Paris, 1980, p.246).

Arrivé à Paris en 1913, Soutine habite la Ruche où il fréquente notamment Chagall, Lipchitz et Zadkine. Par la suite, il s'installe Cité Falguière où il partage son atelier avec Modigliani. Outre ses nombreux portraits et paysages, il est un autre genre que l'artiste affectionne particulièrement : celui de la nature morte. Tout comme Cézanne qui est, sans nul doute, un peintre dont la parenté avec l’art de Soutine est avérée. "Cette façon qu'a Cézanne de rigoureusement découper et fragmenter l'espace dans lequel sont enfermées les formes, cet écrasement des "solides en figures plates" devint plus qu'une simple astuce picturale pour Soutine. L'artiste transforme cette construction plastique en une métaphore extrêmement personnelle : elle devient un moyen d'exprimer cette fusion inévitable des formes et des sujets, cette personnification des formes, des chairs et des pigments, fondamentale dans ses paysages, ses natures mortes et ses portraits" (Chaïm Soutine, Galerie Thomas, Munich, 2009, p. 65).

Marcel Arland disait de l’œuvre de Soutine : "Une lutte commence avec le monde que [Soutine] étreint, avec la matière qui doit s’animer à la moindre touche avec l’œuvre..." (Marcel Arland, Dans l’amitié de la peinture, Paris, 1980, p.246). Si elle reste empreinte d’un naturalisme puissant, la touche de Soutine, riche en matière et en empâtement, semble comme absorber la surface de la toile. Les formes géométriques des objets servent de soubassement, presque de prétexte, à la composition. La croûte du pain est noueuse, tout comme le tourbillon dans lequel nous amène la profondeur d’un bol vide. Matière et couleurs se superposent : des jaunes, des rouges et surtout du vert. Néanmoins, chaque objet est célébré, mis au premier plan en tant qu’entité distincte. Ce traitement démontre la fascination croissante de l’artiste pour le pouvoir expressif des objets individuels. Il fait de ces objets alignés sur cette table - un poisson, une baguette et un tuba posé sur une carcasse de raie – des formes ambiguës : à la fois comme aplaties mais présentant le raccourci de la perspective cubiste. L’ensemble se trouve entrainé dans une dynamique diagonale, dans une harmonie de divers tons de vert éclatants. Cette toile témoigne ainsi parfaitement de l’esthétique de l’artiste, alliant sujet traditionnel et touche émouvante et animée.

Collection Marcel Arland : Dans L’Amitié des Peintres

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Paris