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Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ
LA PORTE DU SÉRAIL, SOUVENIR DU CAIRE
Estimation
400 000600 000
Lot. Vendu 2,409,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ
LA PORTE DU SÉRAIL, SOUVENIR DU CAIRE
Estimation
400 000600 000
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Details & Cataloguing

Pierre Bergé: From One Home to Another

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Paris

Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ
1842-1923
LA PORTE DU SÉRAIL, SOUVENIR DU CAIRE
huile sur toile ; signé et daté en bas à gauche LECOMTE DU NOUY 1876
75 x 130,5 cm ; 29 1/2 x 51 3/8 in.
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Provenance

Galerie Georges Petit ;
Collection de M. le vicomte Daupias, Lisbonne ;
Sa vente, Hôtel Drouot, Paris, mai 1892, lot 143 ;
Vente, Londres, 3 novembre 1977, lot 59 ;
Acquis à la précédente par Pierre Bergé et Yves Saint Laurent

Exposition

Paris, Salon, 1877, n°1267 ;
Londres, Royal Academy of Arts ; Washington, National Gallery of Art, The Orientalists : Delacroix to Kandinsky. The Allure of North Africa and the Middle East, 1984, cat. 86 ;
New York, Dahesh Museum of Art, From Homer to the Harem : the Art of Jean Lecomte Du Nouÿ, 2004, fig. 101 (illustration d'un détail du tableau p. 58, illustré en entier p. 105) ;
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Munich, Kunsthalle der Hypo Kulturstiftung, Marseille, Centre de la Vieille Charité, L'orientalisme en Europe, De Delacroix à Matisse, octobre 2010 - août 2011, illustré p. 297 du catalogue

Bibliographie

Ernest Boysse, article in La Patrie, 1876 ;
L. E. Duranty, "Réflexions d'un bourgeois sur le Salon" in Gazette des Beaux-Arts, Paris, juillet 1877, pp. 79-80 ;
Henry Houssaye, "Le Salon de 1877 - II" in La Revue des Deux Mondes, Paris, 15 juin 1877, p. 844 ;
Guy de Montgailhard, Lecomte du Noüy, Paris, 1906, p. 53 et p. 121 (comme appartenant à M. le vicomte Daupias) ;
Lynne Thornton, Les Orientalistes peintres voyageurs, Paris, 1983, reproduit pp. 188-189 ;
Philip Hook et Mark Poltimore, Popular 19th Century paintings, a dictionary of European genre painting, Woodbridge 1986, reproduit en couleurs p.57;
Hugh Honour, The Image of the Black in Western Art, Cambridge, 1989, IV-2, pp. 174-176, fig. 129

Description

Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ étudie avec Charles Gleyre, puis avec Emile Signol, avant d'entrer dans l'atelier de Jean-Léon Gérôme qui l'influencera tout au long de sa carrière. A trente ans, déjà, Lecomte du Nouÿ connaissait un succès considérable.
Passionné par l'Antiquité dès la fin de ses études, il entreprend un voyage en Orient (Grèce, Egypte, Turquie, Asie Mineure) d'où il rapporte une documentation archéologique très exacte qu'il ne cessera d'utiliser par la suite dans ses oeuvres.
Il effectue également un voyage en Algérie en 1883. C'est à partir de toutes ces études rassemblées au cours de ses voyages, que Lecomte du Nouÿ brossera ses grands tableaux exposés au Salon (cf. Elisabeth Cazenave, Les artistes de l'Algérie, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, graveurs 1830-1962, p. 300).
En 1877, il expose au Salon notre tableau qui compte parmi ses oeuvres les plus ambitieuses et abouties. Remarquable par la complexité de la composition et la richesse des détails, il allie une perfection technique très ingresque à un réalisme photographique, digne de Gérôme, basé sur son importante documentation, à laquelle il se réfère sans cesse. Lecomte du Nouÿ s'est en effet inspiré, pour tous les détails et accessoires, de sa documentation.

Le tableau représente l'entrée d'un harem aux aurores : la lumière se lève et, avec elle, les gardes. Le calme du matin inonde la composition : les oiseaux s'envolent doucement vers le ciel à gauche, tandis qu'un des gardes allume sa première cigarette. Le jaguar, sur une marche au fond, est aux aguets ; ses yeux verts et sa gueule rose ressortent sur sa fourrure noire.

En 1876, Ernest Boysse (op. cit.) décrit le tableau ainsi : "Ce tableau, qui touche à un des côtés mystérieux de la vie orientale, est un très remarquable travail par la couleur générale, qui a du charme et de l'harmonie, et par les types curieusement classés des personnages robustes, [...], auxquels le maître confie sans inquiétude la garde de ses épouses". Duranty, en 1877 (op. cit.), remarque que "le modelé est très précis, la couleur est mate, ferme, la scène très curieuse, l'arrangement plein de goût et d'habileté; l'ombre profonde voile bien, sans les éteindre, les faïences bleues et vertes dont la note joue richement, avec celle des tapis, sous les rayons obliques du jour levant, tandis que les feux du soleil couronnent les parties lointaines de l'édifice dont le pied renaît dans le gris de l'aube."

Pierre Bergé: From One Home to Another

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Paris