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Ange reliquaire en argent partiellement doré, Brioude, vers 1480, poinçon d'orfèvre R.L., sur un socle en cuivre doré
A FRENCH PARCEL-GILT SILVER RELIQUARY SHAPED AS AN ANGEL, BRIOUDE, CIRCA 1480, MAKER'S MARK RL, ON AN OCTAGONAL GILT COPPER BASE
Estimation
30 00040 000
Lot. Vendu 125,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Ange reliquaire en argent partiellement doré, Brioude, vers 1480, poinçon d'orfèvre R.L., sur un socle en cuivre doré
A FRENCH PARCEL-GILT SILVER RELIQUARY SHAPED AS AN ANGEL, BRIOUDE, CIRCA 1480, MAKER'S MARK RL, ON AN OCTAGONAL GILT COPPER BASE
Estimation
30 00040 000
Lot. Vendu 125,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Madame Djahanguir Riahi – Les œuvres que j’ai aimées

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Paris

Ange reliquaire en argent partiellement doré, Brioude, vers 1480, poinçon d'orfèvre R.L., sur un socle en cuivre doré
A FRENCH PARCEL-GILT SILVER RELIQUARY SHAPED AS AN ANGEL, BRIOUDE, CIRCA 1480, MAKER'S MARK RL, ON AN OCTAGONAL GILT COPPER BASE
l'ange debout, sa jambe droite légèrement fléchie, portant une longue robe à col doré, tenant dans ses mains un reliquaire doré en forme de châsse, sa chevelure bouclée et dorée, les ailes dorées, sur un socle octogonal en cuivre doré
Haut. totale 21 cm, poids total 235 g. ; 8 1/4 in. high, 8oz 5dwt
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Provenance

Probablement collection du docteur James Simon
Vente Sotheby's Londres, le 16 novembre 1972, acquis par M. Riahi
Vente Christie's Genève, le 17 mai 1994, n° 46, retiré de la vente par M. Riahi

Description

Le concept d'ange-reliquaire semble apparaitre à la fin du XIIIe siècle. Un premier exemple est le reliquaire de Saint-Louis, Paris, vers 1300, depuis au moins 1477 dans le Trésor de l'église San Domenico de Bologne, illustré dans l'Art au temps des Rois maudits, Paris, Grand Palais, 1998, fig. 122.
Peuvent être également cités:
- deux anges en argent doré, France, fin du XVe siècle, ancienne collection d'Anne de Bretagne et Trésors de l'Ordre du Saint-Esprit, au musée du Louvre (inv. n° MR 550 et MR 551), récemment étudiés par Danielle Gaborit-Chopin, l'un étant insculpé d'un poinçon de Toulouse vers 1340-1364, l'autre étant postérieur d'un siècle
- deux anges en bronze doré, fin du XIVe siècle, anciennement reliquaires, Sotheby's Londres, 2 décembre 2008, n° 10.
- un reliquaire en cristal porté par deux anges en argent doré, au musée de Cluny (CL, n° 14.082)
- un reliquaire du XVe siècle, église de Bruyère sur Oise, illustré dans Les Trésors des Eglises de France, p. 49, n° 102.
- un reliquaire porté par deux anges, France ou Italie, musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg, présenté en ce moment dans l'exposition sur les reliques de la Sainte-Chapelle au Kremlin
- un ange agenouillé, église Saint Pavace, le Mans (Sarthe), illustré dans Trésors des églises de France, Paris, 1965, n° 245
Cet ange-reliquaire a été illustré dans Art at Auction, 1974.

Claude Cassan, dans son ouvrage Les Orfèvres de l'Auvergne, F. de Nobèle, 1984, relève l'existence d'une communauté d'orfèvres à Brioude depuis au moins le début du XIVe siècle. Il recense un calice gravé d'une date postérieure (1578), aujourd'hui dans le trésor de l'église Saint-Victor de Marseille. Le poinçon, également illustré p. 37, est très proche de celui insculpé sur le bas de la robe de l'ange. Sur le calice, on peut lire BRD/BM en lettres gothiques, alors que sur l'ange-reliquaire, on lit distinctement BRD/RL, dans un lettrage identique. Le poinçon BRD/BM, attribué à B. Martin, se retrouve également sur un reliquaire-monstrance de la cathédrale de Clermont-Ferrand. Boivin indique que B. Martin exerce en 1454.

Dans l'almanach de Brioude  de 1934, Paul Olivier a écrit à ce sujet un article intitulé "Les reliquaires en argent doré de Champagnac le Vieux et de Chassignolles, oeuvres d'un orfèvre brivadois du XVe siècle". Ces deux villages se trouvent à quelques kilomètres de Brioude et les poinçons insculpés et relevés, pour celui de Champagnac dès 1857 par M. Aymard permit pour la première fois d'asseoir la thèse du poinçonnage de Brioude à partir des lettres BRD. Ces deux reliquaires présentent un poinçon d'orfèvre identique, aux initiales d'orfèvre IC. Celui de Champagnac mesure 33 cm de haut présentent de chaque côté du coffre une statuette représentant saint Pierre et la Vierge Marie. Il disparut de l'église en 1793 puis fut restitué vers 1850 par une vieille habitante de la région qui connaissait son histoire. Il fut alors présenté à l'exposition d'art religieux organisée par Monseigneur de Morlhon à la cathédrale du Puy en 1855, puis, quelques années plus tard, au concours départemental à Brioude en août 1875. Le reliquaire de Chassignolles, quant à lui, repose sur un pied à six pans et mesure 23 cm de hauteur. Dans l'almanach de 1938, J. Coiffier relève un certain nombre d'orfèvres brivadois parmi lesquels un certain Marini Bert, "aurifaber" actif de 1452 à 1462. Selon J. Coiffier, la communauté des orfèvres de Brioude avait pour poinçon un peuplier en pal et blasonnait "d'azur, à un Saint-Eloi d'or mitré de même, tenant de la main dextre un manteau d'or et de la main gauche une crosse d'argent".

Dans le Bulletin de la société académique du Velay et de la Haute-Loire édition de 1999, M. Pomarat mentionne "on ne connaissait jusqu'ici que quatre oeuvres de la fin du XVe siècle au poinçon de Brioude (BRD) en lettres gothiques: les reliquaires de Chassignoles et de Champagnac, un calice de la basilique Saint-Victor de Marseille et un autre reliquaire de la cathédrale de Clermont-Ferrand. Un cinquième objet portant le même poinçon et celui d'un maître non identifié (RL) figurait sur le catalogue d'une importante vente d'argenterie européenne ancienne, organisée à Genève par Christie's, le 17 mai. Il s'agissait d'une statuette en argent de très belle facture, représentant un ange debout reposant su un piédestal en cuivre... Le propriétaire l'a retirée la veille de la vente. Puisse t'on retrouver un jour cette précieuse statuette brivadoise dans un musée français". Le reliquaire de la cathédrale de Clermont-Ferrand est illustré dans Trésors des Eglises de France, Paris, 1965, n° 439.

Christian de Seauve a publié dans les Cahiers de la Haute-Loire 2013 un article sur "l'église romane et le bourg fortifié de Champagnac le Vieux dans lequel est remarquablement illustré le fameux reliquaire et son poinçon, permettant un comparatif évident avec le poinçon insculpé sur l'ange reliquaire.

La ville de Brioude, en Auvergne, située entre Clermont-Ferrand et le Puy, a été très tôt une étape importante sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Le nombre croissant de pèlerins permit à des communautés d'artisans de fleurir dans cette cité renommée pour sa cathédrale, Saint-Julien. La pièce maîtresse sortie de ses ateliers était la célèbre Majesté de Saint-Julien, en or, sortie pour des évènements majeurs. Ainsi lorsque le Roi Charles VI fit son entrée à Brioude le 23 juin 1370, l'évêque de Brioude portait la fameuse majesté de Saint-Julien revêtue des vêtements du Dauphin. Cette pièce majeure fut malheureusement saisie puis fondue en 1793.  

Sotheby's remercie vivement Christian de Seauve, Président des Cahiers de la Haute-Loire, pour son aide précieuse, ainsi que Jean-Jacques Faucher, maire de la ville de Brioude.

Madame Djahanguir Riahi – Les œuvres que j’ai aimées

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