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Ecran en bois sculpté et redoré d'époque Louis XV, vers 1755, par Nicolas Heurtaut
A CARVED GILT-WOOD FIRESCREEN BY NICOLAS HEURTAUT, LOUIS XV, CIRCA 1755
Estimation
70 000100 000
Lot. Vendu 147,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Ecran en bois sculpté et redoré d'époque Louis XV, vers 1755, par Nicolas Heurtaut
A CARVED GILT-WOOD FIRESCREEN BY NICOLAS HEURTAUT, LOUIS XV, CIRCA 1755
Estimation
70 000100 000
Lot. Vendu 147,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Important Mobilier, Sculptures et Objets d’Art

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Paris

Ecran en bois sculpté et redoré d'époque Louis XV, vers 1755, par Nicolas Heurtaut
A CARVED GILT-WOOD FIRESCREEN BY NICOLAS HEURTAUT, LOUIS XV, CIRCA 1755
de forme chantournée, la traverse supérieure à épaulements, les montants à ressaut, la traverse inférieure en arbalète, reposant sur des patins à volutes, richement sculpté de coquilles, fleurs, feuillages et palmes ; la feuille amovible garnie d'un lampas de soie et d'un damas cramoisi, tous deux du XVIIIe siècle, le châssis de la feuille inscrit à l'encre devan et dèrièr sur le châssis
Haut. 103 cm, larg. 78 cm, prof. 40 cm
Height 40 1/2 in; width 30 3/4 in, depht 15 3/4 in
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Provenance

Ancienne collection Crombez de Montmort au château de Montmort (Champagne) au XXe siècle

Bibliographie

Bill G.B. Pallot, L'Art du Siège au XVIIIe siècle en France, Paris, 1987, pp. 162-163
Bill G.B. Pallot, "L'Art du Siège selon Nicolas Heurtaut" in Connaissance des Arts n°428, octobre 1987, pp. 102-109
Bill G.B. Pallot, Le Mobilier du musée du Louvre, Dijon, 1993, t.II, pp. 80-83
Bill G.B. Pallot, "Un siège à succès de Nicolas Heurtaut" in L'Estampille/L'Objet d'art n°284, octobre 1994, pp. 38-47
Bill G.B. Pallot, "Le menuisier Nicolas Heurtaut chez le prince de Conti et le comte d'Artois" in L'Estampille/L'Objet d'art n°371, juillet-août 2002, pp. 68-74
S. Mouquin, Le Style Louis XV, Paris, 2003, p. 88, fig. 62
J. Durand et alii, Décors, mobilier et objets d'art du musée du Louvre de Louis XIV à Marie-Antoinette, Paris, 2014, pp. 264-265

Description

Un écran identique au nôtre est conservé dans les collections du duc de Rohan au château de Josselin, Morbihan, avec une paire de fauteuils et une paire de bergères en suite (ill. in B. Pallot, op. cit., 1987, pp. 162-163 et pp. 234-235, in Connaissance des Arts, p.105, et in S. Mouquin, op. cit., p. 88, fig. 62).

Il semble donc que Heurtaut ait conçu deux mobiliers de salon de ce modèle, à l’origine en bois doré, comprenant chacun un écran et une série de sièges, à moins qu'il n'y ait eu qu'un unique et très grand ameublement pour un grand salon avec deux cheminées, comme ce fut le cas au château de Crécy  pour Madame de Pompadour à qui Foliot avait livré un mobilier important comprenant huit fauteuils et deux écrans identiques.

De ce spectaculaire modèle de Heurtaut, outre l’ensemble de Josselin, nous connaissons également :
- les quatre fauteuils conservés au musée du Louvre, censés provenir de la collection de l’évêque de Poitiers, Beaupoil de Sainte-Aulaire (1719-1798) car inventoriés plus tard dans son château de Gorre (Haute-Vienne) ; vendus à Paris en 1954, ils figurèrent ensuite dans la collection d’Antenor Patino, pour être ensuite acquis par le Louvre en 1975 (ill. in B. Pallot, op. cit., 1987, couv. et pp. 164-165, et 1993, pp. 80-83, et in J. Durand, op. cit., pp. 264-265)
- une paire de fauteuils relaqués crème, collection particulière
- un fauteuil en bois naturel, collection particulière (ill. in B. Pallot, op. cit., 1994, p. 42)
- un fauteuil en bois naturel, collection particulière (ill. in B. Pallot, op. cit., 2002, p. 70)
- un fauteuil en bois doré, ancienne collection Pierrette Cordier, vente Sotheby's Paris, le 16 décembre 2004, lot 146 (ill. in B. Pallot, op. cit., 1994, p. 45, et 2002, p. 71)

Les deux derniers fauteuils cités portent également, hormis l’estampille de Heurtaut, des marques d’inventaire du comte d’Artois au Palais du Temple. Il est probable que lors de l’héritage fait en faveur de son fils, le duc d’Angoulême, le comte d’Artois ait aussi bénéficié, outre l’usufruit du palais, de l’ameublement du prince de Conti, précédent occupant du Temple. On ne doit pas non plus exclure que ces fauteuils aient pu provenir d’une autre résidence acquise par le comte d’Artois – comme le château de Maisons – et qu’ils aient été ensuite transférés au Temple sur son ordre.
La provenance Beaupoil de Sainte-Aulaire pour les fauteuils du Louvre est peut-être à reconsidérer, aucune commande à Heurtaut de sa part n’ayant été retrouvée dans les archives ; les fauteuils ont sans doute meublé le château de Gorre bien après sa mort en 1798.
En revanche, il convient de mentionner une possible provenance La Rochefoucauld. On sait que Heurtaut fut un fournisseur régulier de la famille, notamment au château de La Roche-Guyon (voir vente Sotheby's Monaco, 6 et 7 décembre 1987, lots 111-113).
De 1816 à 1829, La Roche-Guyon appartint brièvement aux Rohan, pour redevenir ensuite la propriété des La Rochefoucauld. Il n’est donc pas impossible que certains sièges de Heurtaut aient été pendant ou à l’issue de cette période déplacés dans l’un des châteaux Rohan, comme celui de Josselin.

Stylistiquement, cet écran et les sièges qui l’accompagnent illustrent brillamment, selon la formule de Bill Pallot, le « rocaille symétrisé classicisant » qui se manifeste à la faveur de la décennie 1750 et qui n’est pas sans rappeler certains archaïsmes du style Régence, comme l’épaulement marqué que l’on observe sur l’écran et les dossiers des fauteuils. Il est tentant de rapprocher l’œuvre de Heurtaut au principal promoteur de ce  courant, l’architecte Pierre Contant d’Ivry qui a pu donner les dessins de ce modèle.
Unique et somptueux, cet ensemble se distingue parmi  les autres réalisations de Heurtaut par l’équilibre majestueux de sa composition et la richesse de sa sculpture – rappelons à ce propos qu’Heurtaut fut d’abord reçu maître sculpteur en 1742, avant d’être reçu maître menuisier en 1753. Le XIXe siècle ne s’y trompa point en multipliant les copies et pastiches, comme cet écran de la collection Suzanne Saperstein, vendu chez Sotheby’s à New York, le 19 avril 2012, lot 245. 

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