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PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION AMÉRICAINE

Jean Dubuffet
MIDI SONNE GRELOT
SIGNED AND DATED 61; SIGNED, TITLED AND DATED MAI 61 ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1961.
Estimation
Double Dagger
Indicates that the lot is being sold whilst subject to Temporary Importation, and that VAT is due at the reduced rate
Irrevocable Bids
Lots with this symbol indicate that a party has provided Sotheby’s with an irrevocable bid on the lot that will be executed during the sale at a value that ensures that the lot will sell. The irrevocable bidder, who may bid in excess of the irrevocable bid, will be compensated based on the final hammer price in the event he or she is not the successful bidder or may receive a fixed fee in the event he or she is the successful bidder. If the irrevocable bidder is the successful bidder, the fixed fee (if applicable) for providing the irrevocable bid may be netted against the irrevocable bidder’s obligation to pay the full purchase price for the lot and the purchase price reported for the lot shall be net of such fixed fee. If the irrevocable bid is not secured until after the printing of the auction catalogue, a pre-lot announcement will be made indicating that there is an irrevocable bid on the lot. If the irrevocable bidder is advising anyone with respect to the lot, Sotheby’s requires the irrevocable bidder to disclose his or her financial interest in the lot. If an agent is advising you or bidding on your behalf with respect to a lot identified as being subject to an irrevocable bid, you should request that the agent disclose whether or not he or she has a financial interest in the lot.
Guaranteed Property
Guaranteed Property. The seller of lots with this symbol has been guaranteed a minimum price from one auction or a series of auctions. If every lot in a catalogue is guaranteed, the Conditions of Sale will so state and this symbol will not be used for each lot.
Artist's Resale Right
Purchase of lots marked with this symbol will be subject to the payment of the artist's resale right.
2 500 0003 500 000
Lot. Vendu 2,947,000 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION AMÉRICAINE

Jean Dubuffet
MIDI SONNE GRELOT
SIGNED AND DATED 61; SIGNED, TITLED AND DATED MAI 61 ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1961.
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Details & Cataloguing

Art Contemporain

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Paris

Jean Dubuffet
1901 - 1985
MIDI SONNE GRELOT
SIGNED AND DATED 61; SIGNED, TITLED AND DATED MAI 61 ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1961.
signé et daté 61; signé, titré et daté mai 61 au dos
huile sur toile
89 x 116 cm; 35 x 45 5/8 in.
Exécuté en 1961.
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Provenance

Galerie Daniel Cordier, Paris
Cordier & Ekstrom, New York
Mrs H. Gates Lloyd, Haverford, USA
Galerie Leo Castelli, New York
Richard Feigen, New York
B.C. Holland, Chicago

Exposition

Chicago, Museum of Contemporary Art, Under Development: Dreaming the MCA’s Collection, avril - août 1994

Bibliographie

Max Loreau, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet, Paris Circus, Fascicule XIX: Paris Circus, Lausanne, 1965, p.39, no.50, illustré
Max Loreau, Dubuffet et le voyage au centre de la perception, Paris, 1966, illustré
Max Loreau, Jean Dubuffet: délits, déportements, lieux de haut jeu, Paris, 1971, p.390, illustré

Description

« Enfin, Paris. Un aussi long éloignement promet d’ardentes retrouvailles. Non pas que Dubuffet soit un citadin impénitent que la campagne rebute. Loin de là. Mais il ne peut faire autrement qu’être passionné. »
Max Loreau, septembre 1964


Sept ans à la campagne, changent un homme. En 1961, Jean Dubuffet délaisse ses bottes et sa tenue de jardinier pour une veste à carreaux et un imperméable de ville. La nature, il en a fait le tour. Il a fouillé dans les jardins de Vence pour réaliser ses Assemblages. Il a labouré les champs de terre et gratté la roche pour concevoir ses Matériologies et ses Texturologies. Son herbier est plein. Las des paysages de garrigue et du monde végétal, le citadin nostalgique éprouve un besoin irrépressible d’embrasser à nouveau la capitale. Dubuffet, enfant gâté ou génie cannibale est en quête d’un nouveau jouet. Comme s’il était parti pour mieux revenir, il quitte Vence pour Paris.

 « Un aussi long éloignement promet d’ardentes retrouvailles » présage Max Loreau et le nouveau cycle Paris Circus, probablement le plus accompli de tous, s’ouvre alors comme une véritable ode à la ville dans le prolongement naturel des Vues de Paris de 1943-44. Façades d’immeubles, vitrines et enseignes de magasins, flâneurs parisiens sur les quais de seine ou automobilistes sillonnant les grands boulevards, sont autant de sujets à représenter. Dubuffet est partout et s’enthousiasme de tout tel l’anthropologue découvre une ethnie reculée et examine minutieusement leurs pratiques. Le Paris Circus, le Paris Theatrum mundi dont Dubuffet observe les pièces se jouer des terrasses des cafés.

Par ces nouvelles recherches, a priori plutôt figuratives, Jean Dubuffet souhaitait-il rompre avec la réinterprétation du motif qui caractérise ses précédentes séries sur la matière aux frontières de l’abstraction ?

Bien au contraire. Pour Dubuffet, Paris Circus est justement un retour du peintre sur la nature et de la création sur l’imitation. « Mes peintures de ces dernières années s’éloignaient je crois de plus en plus, dans les sujets traités et dans l’exécution, des mécanismes spécifiquement humains. A peindre la terre le peintre tendait à devenir terre et cesser d’être homme – donc cesser d’être peintre. En réaction contre ce courant absentéiste mes peintures de cette année mettent en œuvre en tout domaine une intervention très appuyée. La présence du peintre y est constante, voire outrée. Les personnages y abondent et c’est cette fois leur parti qui est pris avec entrain. » (Extrait d’une lettre à P. Selz du 21 décembre 1961)

Dans Midi sonne grelot, exécuté le 10 juin 1961, l’artiste présente une joyeuse bande de personnages évoluant dans un décor urbain, crépusculaire et coloré. Des passants solitaires ahuris croisent des minets rieurs ou grimaçants tandis qu’un dandy chapeauté est poursuivi par une bande pieds nickelés. Cet échantillon de foule, c’est celle de Paris que Dubuffet livre sur la toile. Par le choix d’une série consacrée à la ville, Jean Dubuffet s’inscrit dans une tradition artistique qui remonte aux paysages topographiques des peintres de l’école hollandaise et au vedutismo italien d’un Canaletto. Cependant, Dubuffet dépasse le motif dans des représentations « où l’interprétation et l’invention deviennent moins bridés par l’imitation directe de la nature. » (Extrait d’une lettre à F. Jotterand du 20 janvier 1962)

Plus que le lieu lui-même l’artiste cherche à saisir l’effervescence du site. C’est cette même fascination de la ville moderne et de l’animation urbaine qui passionna les peintres impressionnistes ou les photographes du début du siècle dernier comme Doisneau ou Brassaï, des trottoirs du Boulevard Montmartre aux murs délabrés et graffités du quartier Latin.

La technique utilisée est quant à elle radicale et emprunte probablement aux mêmes dripping de Jackson Pollock. Le résultat est un magnifique et incontrôlable all over polychromé de sol sur lequel se détachent les silhouettes de la foule. Pour l’artiste, ces négligences et maladresses constituent le sel de son art et il avoue volontiers « affectionner la présence de telles maladresses et discordances que les amateurs d’art tiennent pour des fautes impardonnables. Je crois que cette disposition qui m’anime a pour cause mon désir qu’une œuvre d’art soit un produit nullement falsifié de la vie mentale d’un chacun, celle-ci s’y trouvant reflétée bien immédiatement sans révision ni contrôle, sans intervention surtout de jugements et de directions volontairement imprimés. La vie mentale m’apparait constituée de mélanges disparates où interviennent alternativement, sinon simultanément, de brûlantes flammes et des eaux endormies, des zones obscures ou gouffres vides, et j’ai besoin, pour qu’une œuvre d’art me l’évoque avec vraisemblance et de manière à m’émouvoir profondément, qu’elle soit constituée de même façon. » (Extrait d’une lettre à P. Selz du 31 décembre 1961)

Midi sonne grelot se distingue également par une provenance exceptionnelle puisque cette oeuvre provient de la galerie mythique du collectionneur et marchand d’art Daniel Cordier qui avait très tôt pris le parti d’intégrer le groupe des « quelques rares partisans de Jean Dubuffet » comme il aimait à les appeler. Cycle atypique et immédiatement identifiable à ses couleurs, sa spontanéité et l’animation qui y règnent, Paris Circus est devenue la série convoitée par les plus grandes collections publiques et privées du monde, de la collection du Musée National d’Art Moderne aux cimaises du MoMA et de la National Gallery of Art de Washington en passant par les fondations Beyeler, Louis Vuitton ou Gandur, en Europe. 



"Finally, Paris. Such a long separation bodes an intense reunion. It is not that Dubuffet is an impertinent city-dweller repelled by the countryside . Far from it. But he can’t help it to be passionate. "
Max Loreau, september 1964


Seven years in the country can change a man. In 1961, Jean Dubuffet abandoned his boots and his gardening clothes for a tweed jacket and urban raincoat. He had got to the bottom of nature. He had rummaged through the gardens of Vence to make his Assemblages. He had ploughed the fields and scratched the rocks to create his Materiologies and his Texturologies. His herbarium was full. Weary of bushy landscapes and the plant world, the nostalgic city man felt an irrepressible need to embrace the capital again.

“Such a long separation bodes an intense reunion” foresaw Max Loreau and the new Paris Circus cycle, probably the most accomplished of them all, began thus as a veritable ode to the city in a natural continuation of the Vues de Paris in 1943-44. Building facades, shop windows and signs, Parisians strolling along the banks of the Seine or motorists driving down the grand boulevards, were just some of the many subjects to be depicted. Dubuffet was everywhere and was enthusiastic about everything like an anthropologist who discovers a remote ethnic group and minutely studies its way of life. Paris Circus, the Theatrum mundi where Dubuffet observed scenes as they were played out in terraces and cafes.

Was this new theoretically figurative subject of research a way for Dubuffet to break with the reinterpretation of the motif which characterised his previous series focused on matter and the limits of abstraction?

On the contrary. For Dubuffet, Paris Circus was precisely the painter’s return to nature and to creation over imitation. “My paintings of the previous years avoided in subject and execution specific human motivations. To paint the earth the painter tended to become the earth and to cease to be man - that is, to be painter. In reaction against this absenteeist tendency my paintings of this year put into play in all respects a very insistent intervention. The presence in them of the painter now is constant, even exaggerated. They are full of personages, and this time their role is played with spirit' (Extract from a letter to P. Selz of December 21 1961).

In Midi sonne grelot, painted on June 10 1961, the artist presents a joyful band of people against an urban, twilight and coloured decor. Dazed, solitary passers-by cross paths with laughing or grimacing fashion victims whilst a dandy with a hat is followed by a band of dirty rascals. This motley crowd is the Paris that Dubuffet reveals to us on canvas. Jean Dubuffet’s choice  to produce a series of paintings on the city falls into an artistic tradition that dates back to the topographic landscapes of the Dutch school painters and the Italian vedutismo of Canaletto. However, Dubuffet goes beyond the motif in representations where “the interpretation and the invention become less restrained by the direct imitation of nature.” (Extract from a letter to F. Jotterand dated January 20 1962).

More than the place itself, the artist sought to capture the effervescence of the city. This same fascination for the modern city and urban life also captivated the Impressionist painters or photographers at the beginning of the 19th century such as Doisneau or Brassai, from the pavements of the boulevard Montmartre to the graffiti and dilapidated walls of the Latin Quarter.

The technique is radical and probably draws on Jackson Pollock’s drippings. In a manner of speaking the result is the same; a magnificent and uncontrolled “all over” of the multicoloured ground against which stand out silhouettes from the crowd. For the artist, negligence and blunders constitute the heart of his art and he willingly admitted  “an affection for these blunders and discordances which art amateurs take for unforgivable errors. I think that this tendency that animates me is due to my desire for a work of art to be in no way falsified by each person’s mental life, as it is reflected immediately without revision or control, without the intervention of judgement and voluntarily formed directions. Mental life appears to me to be made up of disparate mixtures where intervene, if not alternately then  simultaneously, burning flames and sleeping waters, obscure zones or empty pits, and in order for a work of art to evoke this with verisimilitude and in a moving way, I need it to be made in the same fashion.” (Extract from a letter to P. Selz dated December 31 1961).

Midi sonne grelot also stands out for its exceptional provenance as it comes from the mythical gallery of the collector and art dealer Daniel Cordier who very early on decided to take on the group of “the few partisans of Jean Dubuffet” as he liked to call them. This cycle is both atypical and immediately identifiable by its colours, spontaneity and lively atmosphere. Paris Circus has become a series sought-after by the biggest public and private collections of the world, form the collection of the Musée d’Art Moderne to the walls of the MoMA and the National Gallery of Art in Washington via the Beyeler, Louis Vuitton or Gandur Foundations in Europe.

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