Masque, Vuvi, Gabon
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Masque, Vuvi, Gabon

Provenance

Collection Isaac Païlès, Paris
Collection Jean-Claude Bellier, Paris
Collection privée, États-Unis, acquis en 1993

Bibliographie

Lehuard, Arts d'Afrique noire, n° 1, 1971, p. 46
Grand-Dufay, Charlotte, "Les Vuvi et leurs masques, une culture gabonnaise méconnue", in Tribal Art, n° 67, printemps 2013, p. 93

Description

"Sculpté dans une écorce, le visage couvert de traces d'argile blanche [..] des fibres nouées sur le pourtour, vestiges de ce qui fut un habit".. En 1971, dans le premier numéro de sa revue Arts d'Afrique Noire, Raoul Lehuard soumettait à ses lecteurs, sous la forme d'une énigme, la photographie en noir et blanc de notre masque, accompagné de ce court descriptif et avec pour seule légende : "Collection I. Païlès".

Parmi les "masques blancs" dont les styles se répartissent depuis la côte atlantique (de Libreville à Pointe Noire) jusqu'aux confins orientaux du Haut-Ogooué, ceux des Vuvi - peuple bantu isolé dans la région montagneuse du massif du Chaillu - sont demeurés longtemps méconnus. Si leur collecte date pour l'essentiel des années 1930, leur attribution dans les collections et la littérature spécialisée les a fait tantôt apparaître comme M'Pongwé, Fang, Tsogho, et plus récemment comme "Tsogho/Vuvi".

Dans son article consacré aux "Vuvi et leurs masques" (Tribal Art, 2013), Charlotte Grand-Dufay porte un éclairage sur cette culture "méconnue" et sur l'étroit corpus des masques qui lui sont liés. Si l'abstraction du style les apparente étroitement aux masques blancs des Fang et des Tsogho dont les Vuvi partagent l'univers culturel, ils se caractérisent par "leur face 'presque plane' en forme d'écu, rectangulaire ou ovale et par les traits du visage concentrés dans la partie supérieure [...]. Ils représentent des entités mythico-légendaires, tel le masque blanc figurant la lune [et relèvent] des sociétés initiatiques du Bwete Disumba et du Mureli" (Grand-Dufay, idem).

Au sein de ce corpus étroit, le masque de l'ancienne collection Isaac Païlès se distingue par son visage légèrement convexe, en forme d'écu au menton triangulaire, signe de "grande qualité" et le plaçant "parmi les plus anciens" (idem, p. 104). La fine paroi d'écorce dans laquelle il a été sculpté  - rarissime - tranche avec la force des traits concentrés, augmentée par les rehauts polychromes, offrant dans ce visage réinventé, la plus saisissante prégnance.  

Placée par Charlotte Grand-Dufay en frontispice de son article et accompagnée de la mention "Localisation actuelle inconnue", la photographie parue en 1971 dans Arts d'Afrique symbolisait, à travers l'un de ses plus anciens et remarquables témoins, le mystère qui avait entouré pendant des décennies, les rares masques Vuvi. Sa redécouverte rend hommage à l'œil de l'artiste Isaac Païlès (1895-1978), qui commença sa collection d'art africain dans les années 1930, n'eut « d’autre critère de choix que celui de la qualité" (Isaac Païlès in Arts primitifs dans les ateliers d'artistes, 1967) et dont "le regard de sculpteur sut d'emblée lui faire choisir le beau" (Lehuard, "La Collection Isaac Païlès", in Arts d'Afrique Noire, n° 6, p. 25, 1973). 

Mask, Vuvi, Gabon

“Carved from a piece of bark, the face covered with traces of white clay [...] knots of vegetable fibre along the edges are vestiges of what was once a garment”…In 1971, in the first issue of his important journal, Arts d’Afrique Noire, Raoul Lehuard presented his readers with a riddle in the form of this short description and a black and white photograph of the offered mask, with the caption “I. Païlès Collection”. 

This mask comes from a corpus of “white masks”, which originate from Libreville to Pointe Noire on the Atlantic coast to the eastern borders of the Upper Ogowe. The masks of the Vuvi, a Bantu people isolated in the highlands of the Chaillu Mountains, long remained unidentified. Collected for the most part in the 1930s, they were long attributed in collections and the specialised literature to the M’Pongwe, the Fang or the Tsogho, and, more recently, to the "Tsogho/Vuvi".

In her article “The Vuvi and Their Masks” (Tribal Art, Spring 2013), Charlotte Grand-Dufay sheds light on this “unknown” culture and its narrow corpus of masks. The Vuvi shared a cultural universe with the Fang and the Tsogho, and the stylistic abstraction of Vuvi mask testifies to close ties with the “white masks” of those groups. Vuvi masks are distinguished by their “almost flat” faces, which are rectangular, oval or shield-shaped, with the facial features concentrated in the upper part [...]. They depict mythical-legendary entities, like the white mask depicting the moon, [and are used by] the initiatory societies Bwete Disumba and Mureli”. (Grand-Dufay, ibid.).

Within this small corpus, the offered mask is distinguished by its slightly convex, shield-shaped, face, with its triangular chin. These features, all signs of the “highest quality”, place this mask “amongst the oldest” (ibid.p. 104). The mask is carved from a very fine piece of bark (rarer than examples in wood), with the delicacy of the material contrasting with the power of the tightly concentrated features, enhanced by polychrome highlights.

Charlotte Grand-Dufay used the 1971 Arts d’Afrique Noire photograph of this mask as the frontispiece to her article, with the caption “Present location unknown.” This photograph symbolises the mystery which has for years surrounded the few known Vuvi masks. Rediscovered again, this ancient and unique mask stands as a testament to the eye of the Ukrainian/French artist Isaac Païlès (1895-1978), who began collecting African Art in the 1930s with “no criteria other than quality” (Isaac Païlès in Arts primitifs dans les ateliers d'artistes, 1967). “[His] sculptor’s eye immediately led him to choose the beautiful” (Lehuard, "La Collection Isaac Païlès", in Arts d'Afrique Noire, No. 6, p. 25, 1973). 

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