Masque-crochet, peuples Bahinemo, Monts Hunstein, Papouasie Nouvelle-Guinée
HOOK-MASK, BAHINEMO PEOPLE, HUNSTEIN MOUNTAINS, PAPUA NEW GUINEA
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Masque-crochet, peuples Bahinemo, Monts Hunstein, Papouasie Nouvelle-Guinée
HOOK-MASK, BAHINEMO PEOPLE, HUNSTEIN MOUNTAINS, PAPUA NEW GUINEA
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Masque-crochet, peuples Bahinemo, Monts Hunstein, Papouasie Nouvelle-Guinée
HOOK-MASK, BAHINEMO PEOPLE, HUNSTEIN MOUNTAINS, PAPUA NEW GUINEA

Provenance

Collecté par le Dr. Philip Goldman à la fin des années 1960, dans le village de Gahom
Collection Eddy Hof (1914-2001), La Haye
Antonio Casanovas, Madrid
Collection Marcia et John Friede, New York
Sotheby's, Paris, 3 décembre 2009, n° 19
Collection privée, acquis lors de cette vente

Exposition

Londres, Gallery 43, Hunstein Korowori, octobre - novembre 1971
Otterlo, Rijksmuseum Kröller-Müller, Sculpture from Africa and Oceania, 17 novembre 1990 - 20 janvier 1991

Bibliographie

Goldman, Hunstein Korowori, 1971, couverture
Van Kooten et van den Heuvel, Sculpture from Africa and Oceania, 1990, n° 226 (non reproduit)
Friede, New Guinea Art - Masterpieces of the Jolika Collection from Marcia and John Friede, 2005, vol. 1, p. 320, n° 286 et vol. 2, p. 129

Description

En 1971, Philip Goldman organisa à Londres l'exposition qui révéla en Europe l'art abstrait de la région du Haut Korowori et des Monts Hunstein (Hunstein Korowori, Gallery 43). La couverture du catalogue mettait à l'honneur ce masque, apothéose du style et joyau des collectes que le marchand, collectionneur et anthropologue britannique effectua en Papouasie Nouvelle-Guinée, entre 1957 et 1969.

Aujourd'hui encore, ce masque s'impose à nos yeux comme l'aboutissement le plus remarquable du degré d'abstraction atteint par l'art des peuples Bahinemo. Le visage humain - déstructuré - se devine dans le contour incertain de la face en deux dimensions d'où jaillissent les yeux tubulaires aux mouvements divergents, tandis que la bouche en croissant s'ajoure sur le dessin irrégulier des dents taillées en pointes. Puissamment architecturés dans l'espace, les crochets en forme de becs d'oiseaux calaos s'alignent sur l'axe médian, la courbe des uns répondant à celle des autres. Accentuées par les traces de polychromie, ocre rouge, ocre jaune et blanche, les lignes sinueuses affleurant à la surface profondément érodée offrent au visage sa part d'éternité.

A la modernité de l'esthétique répond le sentiment émouvant de l'archaïque beauté à laquelle nous confronte ce masque. Sa datation par la technique du C14 révèle une ancienneté remontant entre le XIVe et le XVe siècle. Lors de l'exposition Crocodile and Cassowary (Museum of Primitive Art, New York, 1971), Douglas Newton sélectionna une dizaine de masques garra des Monts Hunstein. Seuls deux fragments (Newton, Crocodile and Cassowary. Religious art of the Upper Sepik River, New Guinea, 1971, n° 46 et 47) également collectés dans le village de Gohom, offraient les mêmes signes de très grande ancienneté. Ce masque, dont Philip Goldman restitua, avant son exposition en 1971, l'intégrité de la forme, s'inscrit dans le corpus très restreint des témoins les plus archaïques de l'art abstrait des Monts Hunstein.

Les masques garra ne sont pas conçus pour être portés. Ils sont suspendus à l'intérieur de la Maison des hommes et sortent, tenus dans les mains des danseurs - tous des hommes - durant les cérémonies d'initiation. D'après Newton (idem, p. 20), les masques garra sont identifiés tant aux esprits de la brousse qu'aux hommes âgés du clan. Leurs crochets représentent des becs de calaos - oiseaux censés nicher dans les endroits où vivent ces esprits - et dont la chair ne peut être consommée que par les hommes âgés. 

Mâchoire inférieure et 2e crochet à partir du haut, restaurés

Masque, Bahinemo people, Hunstein Mountains, Papua New Guinea

In 1971, Philip Goldman held an exhibition in London to reveal abstract art from the Upper Korowori region and the Hunstein Mountains in Europe (Hunstein Korowori, Gallery 43). The catalogue cover showcased this mask as the epitome of the style and as the crown jewel of the collections made by this British collector, dealer and anthropologist, in Papua New Guinea, between 1957 and 1969.

Nowadays this mask remains the most beautiful and moving example of the degree of artistic abstraction attained by the Bahimeno people. The human character of the deconstructed face can be sensed in the uncertain contour of the two-dimensional features, from which the tubular eyes protrude in different directions, whilst the crescent-shaped mouth emerges from the irregular pattern of the serrated teeth. Powerfully constructed in space, the hooks shaped like hornbill beaks are aligned along the medial axis, their curves mirroring one another. The sinuous pattern of the grain is laid bare by the deeply eroded wood and further enhanced by the white, yellow, and red ochre pigments, thus imbuing the mask with a sense of the eternal.

This mask's modern aesthetics find an echo in the poignant emotional response triggered in us by its archaic beauty. Carbon 14 dating indicates that this piece dates to between the 14th and 15th century. For the Crocodile and Cassowary exhibition (Museum of Primitive Art, New York, 1971), Douglas Newton selected approximately ten Garra masks from the Hunstein Mountains. Only two fragments (Newton, 1971, No. 46 and 47) also collected in the village of Gahom showed similar signs of great antiquity. This mask, the shape of which Philip Goldman reconstituted before the exhibition in 1971, is part of a very restricted corpus comprising the most ancient specimens of abstract art from the Hunstein Mountains.

Garra masks were not designed to be worn. They were hung on the walls of the Longhouse and, when they came out, they were held aloft in the hands of exclusively male dancers during initiation ceremonies. According to Newton, (1971: 20), Garra masks were identified both with bush spirits and with the male elders of the clan. Their hooks symbolized the beaks of hornbill birds, which were thought to nest in locations where these bush spirits dwelt and whose flesh could only be consumed by older men. 

Restorations made to the lower jaw and second hook from the top

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