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PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE ITALIENNE

Pablo Picasso
L'ATELIER
Estimation
500 000700 000
Lot. Vendu 697,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE ITALIENNE

Pablo Picasso
L'ATELIER
Estimation
500 000700 000
Lot. Vendu 697,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris

Pablo Picasso
1881 - 1973
L'ATELIER
signé Picasso et daté 26.4.56 (en haut à droite) ; daté 26.4.56 (au dos)
huile sur toile
46 x 55 cm ; 18 1/8 x 21 5/8 in.
Peint à Cannes le 26 avril 1956.
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Provenance

Galerie Louise Leiris, Paris
Vente : Finarte, Milan, 26 juin 1985
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Bibliographie

Christian Zervos, Pablo Picasso, Paris, 1973, vol. XVII : œuvres de 1956 à 1957, no. 99, reproduit p. 44

Description

signed 'Picasso' and dated '26.4.56' (upper right), dated '26.4.56' (on the reverse); oil on canvas. Painted in Cannes on 26th April 1956.

Dans les années qui suivirent la mort de Matisse (survenue le 3 novembre 1954), Picasso peint deux séries d’Ateliers appelés aussi Paysages d’intérieur, qui sont sa façon de porter le deuil, en produisant de nouvelles variations sur un thème qui leur était commun. Picasso s’est installé à La Californie, une grande villa Belle Epoque dominant Cannes, située non loin de Vallauris, avec de hautes fenêtres ouvertes sur un jardin luxuriant. Dans ce lieu aux couleurs méditerranéennes propice à l’exploration de ses nouvelles préoccupations picturales, Picasso ne se lasse pas de représenter avec une grande économie de moyens l’espace du salon-atelier et les mêmes éléments : qu’il s’agisse de la fenêtre aux découpures remplies de palmiers, l’armoire, le réchaud en cuivre marocain, le chevalet au centre, autant de citations matissiennes, comme une mélancolique appropriation des motifs chers à l’interlocuteur disparu. Comme le souligne Pierre Daix, Picasso se livre "à la vérification du langage de Matisse qui [lui] permet […] une nouvelle recension de ses signes plastiques" (Pierre Daix, La Vie de peintre de Pablo Picasso, Paris, 1977, p. 362).

Picasso va en outre jusqu’à modifier sa manière de peindre : il emploie des jus légers, laisse transparaitre le blanc de la toile, abandonne les cernes et les contours qui, d’ordinaire, durcissent ses compositions. La gamme chromatrique n’est plus celle de l’austérité espagnole et les tonalités pastel se font, en sourdine, les échos des joyeux "Intérieurs" de Vence de Matisse. D’un point de vue iconographique, certains auteurs suggèrent que la tête en plâtre qui apparaissait dans le première série est ici remplacée par une toile vierge installée sur un chevalet, comme si Picasso convoquait métaphoriquement le défunt Matisse et l’invitait à peindre cette toile vide qui l’attend (Elisabeth Cowling & John Golding, Matisse/Picasso, catalogue d'exposition, Londres, Paris, New York, 2002-03, p. 171). Cette toile apparaît ainsi comme un hommage poignant de l’un des plus grands maitres du XXème siècle à celui qu’il considérait comme son alter ego.

Art Impressionniste et Moderne

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Paris