19
19

PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE EUROPÉENNE

Georges Braque
NATURE MORTE AUX CERISES
ACCÉDER AU LOT
19

PROVENANT D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PARTICULIÈRE EUROPÉENNE

Georges Braque
NATURE MORTE AUX CERISES
ACCÉDER AU LOT

Details & Cataloguing

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris

Georges Braque
1882 - 1963
NATURE MORTE AUX CERISES
signé G Braque (en bas à gauche)
huile sur toile
38,7 x 46,4 cm ; 15 1/4 x 18 1/4 in.
Peint en 1936.
Lire le rapport d'état Lire le rapport d'état

Provenance

Paul Rosenberg & Co., New York
William March, New York
Perls Galleries, New York
Galerie Katia Granoff, Paris
Vente : Champin, Lombrail & Gautier, Enghien, 21 novembre 1991, lot 11
Collection particulière, Suisse
Galerie Cazeau-Béraudière, Paris
Collection particulière (acquis auprès du précédent le 3 mars 2004)
Acquis auprès du précédent par le propriétaire actuel en juillet 2009

Exposition

New York, Perls Galleries, The William March Collection of Modern French Masterpieces, 1954, no. 5

Bibliographie

Nicole Worms de Romilly, Catalogue de l'œuvre de Georges Braque, Paris, 1973, vol. 4 : peintures 1936-1941, reproduit p. 9

Description

signed 'G Braque' (lower left), oil on canvas. Painted in 1936.

Peint en 1936, Nature morte aux cerises témoigne de la fascination constante de Georges Braque pour la nature morte, née pendant sa période cubiste. Dans les années 30, Braque produit une succession de natures mortes très décoratives à travers lesquelles il continue ses explorations formelles et picturales. Les mêmes objets réapparaissent souvent, guéridons, nappes, compotiers, carafes, comme en témoigne une autre composition similaire à celle-ci, peinte la même année, et aujourd’hui dans les collections du Philadelphia Museum of Art (fig. 1).

Dans ces compositions, l’imagination décorative de Braque atteint son apogée. Il emprunte les méthodes de composition héritées du cubisme qu’il avait développées avec Picasso, et y ajoute une autre dimension par le choix de couleurs chatoyantes et raffinées.

Le choix et le traitement des objets n’est pas anodin et répond à une recherche esthétique particulière, celle de l'équilibre entre l’espace et les objets qui composent la nature morte. Braque explique ce processus lors d’un entretien avec Georges Charbonnier sur France-Culture : "(les gens) ont l’air d’ignorer totalement que ce qui est entre la pomme et l’assiette se peint aussi (...). Cet entre-deux me paraît un élément aussi capital que ce qu’ils appellent l’objet. C’est justement le rapport de ces objets entre eux et de l’objet avec l’entre-deux qui constitue le sujet" (cité dans Fondation Maeght, Georges Braque, 1994, p.174). Dans Nature morte aux cerises, Braque a juxtaposé les tons clairs à d'autres plus sombres, afin de définir les objets de la nature morte par rapport à la nappe, le papier peint et les rideaux. L’effet de faux bois utilisé pour la table rappelle la technique du papier collé que Braque et Picasso avaient développée ensemble lors de leur fameuse collaboration.

Les natures mortes des années trente sont donc un jalon essentiel dans l’œuvre du peintre. Encore fidèles aux conceptions cubistes de l’artiste, elles introduisent néanmoins de nouvelles dimensions de volume, de trait ornemental, de dynamisme du noir, du blanc et surtout de la couleur, sans toutefois fragiliser la cohésion de l’image. A mi-chemin entre le cubisme et la tentation de la métamorphose, par l’échappée des formes et la liberté des motifs en arabesques, Nature morte aux cerises annonce cette fascination pour les objets d’intérieurs, recherche esthétique permanente qui mènera aux fameux tableaux d’Ateliers que Braque développera quelques années plus tard.

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris