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LA COLLECTION D'ALEX ET ELISABETH LEWYT

Nicolas de Staël
MARSEILLE
SIGNED; TITLED AND DATED ON THE BACK; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1954 IN MENERBES.
Lot. Vendu 1,081,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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LA COLLECTION D'ALEX ET ELISABETH LEWYT

Nicolas de Staël
MARSEILLE
SIGNED; TITLED AND DATED ON THE BACK; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1954 IN MENERBES.
Lot. Vendu 1,081,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Art Contemporain

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Paris

Nicolas de Staël
1914 - 1955
MARSEILLE
SIGNED; TITLED AND DATED ON THE BACK; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1954 IN MENERBES.
signé; titré et daté au dos
huile sur toile
100 x 73 cm; 39 3/8 x 28 3/4 in.
Exécuté en 1954 à Ménerbes.
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Provenance

Collection particulière, Paris
Jacques Dubourg, Paris
Acquis auprès de ce dernier en 1967 et transmis par descendance au propriétaire actuel

Exposition

Paris, Galerie Jacques Dubourg, Nicolas de Staël, 1954
Bern, Kunsthalle, Nicolas de Staël, 13 septembre - 20 octobre 1957; catalogue, no.66
Hannovre, Kestner-Gesellschaft, De Staël, 18 décembre 1959 - 24 janvier 1960; catalogue, no.58
Rio de Janeiro, Museu de Arte Moderna; Buenos Aires, Museu National de Bellas Artes; Montevideo, Museu National de Bellas Artes; Pintura Francesa Contemporanea, 1965, no.107 et 108
Lima, Museo de Arte, Pintura Francesa Contemporanea, 1965-1966, no.134
Luxembourg, Musée d’Histoire et d’Art; Copenhague, Kunstforeningen, 24 Peintres français, 1946-66, 1966-1967, no.75
Genève, Galerie Motte, Nicolas de Staël (1914-1955) Peintures et dessins, 1967; catalogue no.31, illustré en couleurs
New York, Mitchell-Innes & Nash Gallery, Nicolas de Staël, Paintings 1950-1955, 4 novembre-13 décembre 1997; catalogue, no.28, illustré en couleurs

Bibliographie

Réalités, Paris, octobre 1965
Jacques Dubourg, Françoise de Staël, Nicolas de Staël, Catalogue raisonné des peintures, Paris, 1968, p.325, no.784, illustré en couleurs
Isabelle Monod-Fontaine, Nicolas de Staël, Rétrospective, Paris, 1981, p.13, illustré
Jean-Pierre Jouffroy, La mesure de Nicolas de Staël, Suisse, 1981, p.219, illustré
Pierre Gaudibert, Nicolas de Staël : peintures et dessins, Grenoble, 1984, p.1, illustré
Catalogue d'exposition : Jean-Louis Prat, Nicolas de Staël : rétrospective de l'oeuvre peint, Saint Paul, Fondation Maeght, 1991, p.14, illustré
Lorenza Trocchi, "Voilà de ¨Staël", Il Giornale, 1991, illustré
François Julien, "Nicolas de Staël, le géant blessé", VSD, 1991, illustré
Le Rouzic, "Mort furieux contre lui-même...", La Marseillaise, 1991, illustré
Noël Bourcier, Denise Colomb, Besançon, 1992, couverture, illustré, pp.194-195, illustré
Jean-Louis Prat, Niolas de Staël, Suisse, 1995, p.58
Françoise de Staël, Nicolas de Staël, Catalogue raisonné de l’oeuvre peint, Neuchâtel, 1997, p.513, no.786, illustré
Laurent Greilsamer, Le prince foudroyé : la vie de Nicolas de Staël, 1998; couverture du livre, illustré
Nicolas de Staël, Russie, 2003, p.12, illustré
Catalogue d'exposition : Paris, Centre National d'Art et de Culture Georges Pompidou, Nicolas de Staël, éditions du Centre Pompidou, Paris, 2003, p.167, illustré
Marie du Bouchet, Nicolas de Staël, une illumination sans précédent, collection "Découverte Gallimard", Gallimard, 2003, p.64, illustré
Laurent Greilsamer, Le prince foudroyé : la vie de Nicolas de Staël, 2009, 2011, "Livre de Poche", couverture et dos de couverture du livre, illustré

Description

Arrivant en Tunisie en avril 1914 et découvrant la lumière de la Méditerranée, Paul Klee notait dans son Journal : « La couleur me possède. Point n’est besoin de chercher à la saisir. Elle me possède, je le sais. Voilà le sens du moment heureux : la couleur et moi sommes un. Je suis peintre. » Comme pour tous les peintres du Nord, la lumière du Sud fut une révélation pour Nicolas de Staël. Chaque séjour, chaque voyage, déclenche chez le peintre une émotion nouvelle que traduit une gamme colorée différente.

En 1952, l’été passé au Lavandou confirme, après les tons sourds et les camaïeux  de la période abstraite, la montée en puissance de la couleur apparue avec la série des Footballeurs et la portant à une intensité nouvelle. Si l’arbitraire de la gamme colorée – le gazon rouge carmin ou bleu cobalt du Parc des Princes, le jaune citrin d’un ciel – reste constant, c’est désormais les tons chauds qui l’emportent : orangés et rouges violacés des Figures au bord de la mer, tons rutilants du Ciel rouge… Chaque voyage vers le Sud verra ainsi s’intensifier le registre coloré jusqu’aux stridences des toiles d’Agrigente où à l’incandescence des œuvres peintes à Marseille ou aux Martigues après l’installation à Ménerbes dans le Lubéron et à leur « implacable dépouillement » comme le nomme Germain Viatte.

Dans ces toiles où l’épaisseur de la matière a laissé la place à la vibration de la couleur désormais étalée en couches minces se fait jour l’apport des collages récemment réalisés par le peintre et, à travers eux, la réflexion sur les gouaches découpées de Matisse qui auront pour nombre d’artistes d’après-guerre valeur de révélation. La simplification des formes, réduisant à une barre horizontale le dessin d’une barque ou le môle d’un port et à quatre taches colorées la bâtisse au fond du bassin, relève en effet de cette uniformité et de cette absence de détails qu’impose le papier de couleur déchiré ou découpé.

Paradoxalement, cette simplicité génère de plus subtils problèmes. Comment, par exemple, donner sur une surface si évidemment plane le sentiment de profondeur qu’exige la peinture d’un paysage ? Staël résout avec maestria ce problème apparemment insoluble en modifiant légèrement la densité coloré d’une des deux taches orange figurant le bâtiment et provoquant ainsi sans aucune perspective une ouverture spatiale. De même, deux touches d’un bleu légèrement plus clair et plus modulé que le fond du tableau suffisent à marquer, par l’oblique de la première touche, la profondeur du bassin et à échelonner dans l’espace ce qui n’aurait été qu’empilement de barques, quand la seconde, jouxtant la bâtisse, crée comme une poche d’air entourant le bâtiment.

L’extrême simplicité des moyens mis en œuvre donne à ce tableau, comme c’était le cas des paysages d’Agrigente ou des peintures de La Route d’Uzès, un caractère de tour de force d’autant plus étonnant que tout y semble nécessaire et que rien n’y est superflu. Peut-être est-ce ainsi qu’il fallait entendre Nicolas de Staël lorsqu’il déclarait : « Lorsque je vois, je vois comme personne d’autre. »

(texte inédit, Daniel Abadie, 2013)

Nicolas de Staël dans son atelier et le tableau Marseille à ses côtés, 1954 © Denise Colomb

Nicolas de Staël au bord de la mer, 1954 © D.R.

Mark Rothko, No.3 (Untitled), 1950-1951, huile sur toile, 239 x 144,8 cm; Collection particulière © D.R.

Mark Rothko, Untitled (blue, green and brown), huile sur toile, 1952, 261,5 x 211,5 cm; Collection particulière © D.R.

André Derain, L’étang de Londres, huile sur toile, 66,5 x 99 cm, 1906-1907 ; Tate Gallery, Londres © D.R. 

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