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Baudelaire, Charles
LES DEUX CRÉPUSCULES. / LE SOIR. // LE MATIN. [FIN 1853-DÉBUT 1854]. LETTRE AUTOGRAPHE À FERNAND DESNOYERS, SIGNÉE DES INITIALES ET SUIVIE DU MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ DES 2 POÈMES, MONTÉS SUR ONGLET SUR FF. GLISSÉS SOUS CÉLOPHANE DANS UNE TRIPLE CHEMISE SUR ONGLET DE MAROQUIN, CARTONNÉE AVEC PASSE-PARTOUT DE SOIE VERTE GAINÉE DE MAROQUIN, DANS PORTFOLIO DEMI-MAROQUIN À CADRE VERT SAPIN, PLATS DE SOIE VERTE, DOS À NERFS TITRÉ, ÉTUI BORDÉ. ([ROGER] DEVAUCHELLE).
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Baudelaire, Charles
LES DEUX CRÉPUSCULES. / LE SOIR. // LE MATIN. [FIN 1853-DÉBUT 1854]. LETTRE AUTOGRAPHE À FERNAND DESNOYERS, SIGNÉE DES INITIALES ET SUIVIE DU MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ DES 2 POÈMES, MONTÉS SUR ONGLET SUR FF. GLISSÉS SOUS CÉLOPHANE DANS UNE TRIPLE CHEMISE SUR ONGLET DE MAROQUIN, CARTONNÉE AVEC PASSE-PARTOUT DE SOIE VERTE GAINÉE DE MAROQUIN, DANS PORTFOLIO DEMI-MAROQUIN À CADRE VERT SAPIN, PLATS DE SOIE VERTE, DOS À NERFS TITRÉ, ÉTUI BORDÉ. ([ROGER] DEVAUCHELLE).
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Details & Cataloguing

Bibliothèque littéraire Raoul Simonson - Albert et Monique Kies - Première partie

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París

Baudelaire, Charles
LES DEUX CRÉPUSCULES. / LE SOIR. // LE MATIN. [FIN 1853-DÉBUT 1854]. LETTRE AUTOGRAPHE À FERNAND DESNOYERS, SIGNÉE DES INITIALES ET SUIVIE DU MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ DES 2 POÈMES, MONTÉS SUR ONGLET SUR FF. GLISSÉS SOUS CÉLOPHANE DANS UNE TRIPLE CHEMISE SUR ONGLET DE MAROQUIN, CARTONNÉE AVEC PASSE-PARTOUT DE SOIE VERTE GAINÉE DE MAROQUIN, DANS PORTFOLIO DEMI-MAROQUIN À CADRE VERT SAPIN, PLATS DE SOIE VERTE, DOS À NERFS TITRÉ, ÉTUI BORDÉ. ([ROGER] DEVAUCHELLE).
3 ff. in-folio à la plume et encre bleu foncé, paginés à l’encre (301/302 x 191/192 mm), papier registre vélin quadrillé de rectangles (plis d’envoi et petites déchirures marginales au 3ef., sans aucun manque).

Copie autographe et réécriture. Un premier manuscrit contenant “Les deux crépuscules de la grande ville”, avec Le Matin qui précède alors Le Soir, fut envoyé  fin 1851 à Théophile Gautier pour la Revue de Paris (avec 10 autres poèmes, i.e. le fameux manuscrit des Douze poèmes). Mais les Crépuscules ne parurent que dans la Semaine théâtrale du 1/2/1852. Cette préoriginale (et non le 1er manuscrit) a, selon nous (ponctuation disséquée), servi directement de base à l’établissement de la copie pour Desnoyers.

Réécriture : Baudelaire s’y livre en même temps, commençant par intervertir les 2 poèmes, Le Soir puis Le Matin (séparés seulement en 1861). Il modifie ainsi, dès l’entrée, le début du 1er vers ;  ajoute méticuleusement  nombreuses virgules, un point-virgule, plus de 10 majuscules dûment soulignées  dans le 1er poème et plusieurs longs tirets qu’il affectionne, toujours précédés de la ponctuation au XIXe (et non suivis, aberration des temps modernes) ; remplace bouillonnement par bourdonnement (qui deviendra rugissement en ‘57) et froid par faim (après nouvelle relecture) pour éviter ici la répétition ; isole majestueusement un vers du Matin :  “Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux” et de même, après avoir entamé le 3e vers de ce poème comme dans la Semaine, il se ravise et biffe puis, en décalant, crée l’interligne blanc qui perdurera partout : “C’était l’heure (...)”.
Pichois-Dupont invoquent superficiellement la rapidité de la copie du fait que Baudelaire sauterait 2 vers repris en bas de page dans le 3e f. du Matin (L’Atelier, infra  p. 538). C’est mal interpréter un bourdon de copiste que Baudelaire commet à la lecture des deux superposés en début de vers, - en sautant au 2e, inadvertance bien connue des copistes médiévaux !

Graphie majestueuse qui se déploie en triptyque, ponctuée par la signature qui s’étale, verticale, dans le seul espace disponible.
C’est avec jubilation (d’où la merveilleuse Diane avec la grande majuscule incomprise) qu’il copie les Crépuscules à la suite de sa lettre, car sa collaboration est cette fois bien sollicitée, contrairement au 1er manuscrit pour Gautier (“J’espère que tu trouveras de quoi choisir (...) Protège-moi ferme”). Il sait qu’ils seront publiés par Desnoyers dans son Hommage à Denecourt (voir infra), chantre de la forêt de Fontainebleau, où seront recueillies de nombreuses contributions d’auteurs connus. Peu importe si ses poèmes “spécialement parisiens” (dit-il à sa mère) soient aux antipodes  (cultivant le paradoxe)  : “Je ne croirai jamais, écrit-il à Desnoyers dans sa lettre fort raturée, que l’âme des Dieux habite dans les plantes, et quand même elle y habiterait, je m’en soucierais médiocrement, et considérerais la mienne comme d’un bien plus haut prix que celle des légumes sanctifiés. J’ai même toujours pensé qu’il y avait dans la Nature, florissante et rajeunie, quelque chose d’impudent et d’affligeant ["quelque chose d’affligeant, de dur, de cruel,- un je ne sais quoi qui frise l’impudence", texte de Fontainebleau, 1855]”. Tout en sachant qu’il ne peut le satisfaire, il lui “(...) envoie deux morceaux poétiques qui représentent à peu près la somme des rêveries dont je suis assailli aux heures crépusculaires. Dans le fond des bois, enfermé sous ces voûtes semblables à celles des sacristies et des cathédrales, je pense à nos étonnantes villes, et la prodigieuse musique qui roule sur les sommets me semble la traduction des lamentations humaines”.


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Procedencia

et références : Première mention allusive par J. Crépet en 1931 : “Une copie autographe de ces pièces, qui appartient à la collection de M. Barthou, ne présente pas de variante”. Il ne l’a point vue, car il ne sait pas encore que la lettre à Desnoyers qu’il publie sur la même page,  d’après l’édition Fontainebleau de 1855, fait partie du manuscrit (Les Fleurs du mal. P., Conard, 1931 p. 457).
Idem en 1942, Crépet-Blin citent encore l’ancienne coll. Louis Barthou (n’a pas figuré dans sa vente), mais l’information est semble-t-il relayée car ils écrivent que le manuscrit “conforme à la version de 1855 à quelques virgules près, est vraisemblablement (sic) le texte envoyé à Fernand Desnoyers (...)”, or la lettre d’envoi est en tête ! Ils mentionnent toutefois la graphie Diane qui ne laisse aucun doute sur l’identification du manuscrit Barthou avec le nôtre (Les Fleurs du mal. P., Corti, 1942 p. 463 et 482).
Après 1942, le nom de Barthou disparaît. J. Warmoes en 1967 y voit  un autre manuscrit que celui qu’il expose  (voir expos supra), mais Simonson décédé n’a pu l’informer !
En 1947, sans mention de collection d’après le principe éditorial, J. Crépet édite pour la première fois la lettre d’après l’autographe  (il donne la variante d’affligeant..., cf. supra), et précise : “Ajoutons aujourd’hui [nous soulignons] que le texte du Crépuscule du Soir conserve la trace de deux hésitations orthographiques : v. 16, à propos du mot fourmilière, « Ou fourmillière ? » lit-on en marge [en fait “ou fourmillère ?” encerclé, sans i, cf.  même erreur dans L’Atelier I, 501], et v. 17, où fraie a été substitué à fraye” (Correspondance  générale. P., Conard-Lambert, 1947, t.I n° 202 p. 323 notes).

Coll. Raoul Simonson qui le communique à Y.-G. Le Dantec pour le fac-similé de La Revue française, oct.-nov. 1958 p. 40 sv. Le nom de Simonson est encore cité par Pichois dans l’édition Corti des Fleurs en 1968, et dans la Correspondance de la Pléiade, où la lettre est collationnée sur l’original (CPL I, 1973 p. 843). Toute référence à Simonson/Kies disparaît cependant dès 1975 et surtout en 2005 dans L’Atelier de Baudelaire : « Les Fleurs du mal » qui mentionne par ailleurs jusqu’aux prix de vente ! T. I pp. 499-501 avec la formule vague p. 500 : “Cette copie autographe (...) préparée pour l’impression (...)”, et p. 538-39, - et les fac-s. t. III p. 2689-2691 (complet des 3 ff.) et t. IV p. 2775. C’est le fac-similé Le Dantec qui a dû servir, car Pichois n’avait plus accès aux originaux (voir n° suivant).

Nota del catálogo

Fernand Desnoyers (1826-1869), figure de la bohème et chansonnier, fera partie de la maison Malassis qui éditera en 1861 son prologue du  Théâtre de Polichinelle. Il hébergera le célèbre Recueillement de Baudelaire dans son Almanach parisien (pour) 1863 (voir n° 88).

Première publication : Hommage à C.F. Denecourt / Fontainebleau / Paysages-Légendes-Souvenirs-Fantaisies par Charles Asselineau-Philibert Audebrand-Théodore de Banville-Baudelaire (...) Paris, Hachette, 1855. Aux pp. 73-77, l’imprimé suit de près notre manuscrit, quoique encore revu sur épreuves (voir par ex. supra la phrase modifiée de la lettre).

[on joint :]
l’édition citée, petit in-12 (in-12 pour un broché) demi-chagrin aubergine, papier marbré glacé noir et violet, dos à nerfs orné de caissons à petits fers dorés, doublures et gardes de papier peigne, tête marbrée (Petit succr de Simier). Y sont publiés pour la première fois deux de ses poèmes en prose, à la suite de ceux en vers : Le Crépuscule du soir et La Solitude (pp. 78-80).
provenance : J.C. (chiffre frappé or au bas du dos), trace d’étiquette au contreplat supérieur. Petit ex-libris rouge sur fond blanc aux deux croissants. Joli exemplaire.

expositions :
- Le Mouvement symboliste. Brux., Palais des Beaux-Arts, 31/1-3/3/1957 n° 16 (coll. Simonson), cliché du 1er f. pl. XV. (1ère reprod. identifiée).
- Baudelaire, Bibliothèque nationale, 1957, n° 222 (coll. Simonson).
- Baudelaire en Belgique, cat. rédigé par J. Warmoes. Bruxelles, Bibliothèque royale, 1967 n° 1. Coll. particulière [héritiers de Simonson], étui Devauchelle mentionné.
- Baudelaire, Petit Palais, 1968 n° 311 (coll. particulière [id.]).

reproductions :
- Le Dantec in La Revue française, oct.-nov. 1958. Coll. Simonson. Fac-similé qui sera repris dans L’Atelier en 2005 (voir infra).
- Pichois-Ruchon Iconographie de Charles Baudelaire. Genève, Cailler, 1960 n° 199 (a-c). Coll. Simonson.
- Pichois. Album Baudelaire [de la Pléiade]. Paris, Gallimard, 1974 n° 171-72 (2 ff.). Coll. particulière.

Bibliothèque littéraire Raoul Simonson - Albert et Monique Kies - Première partie

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