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Baudelaire, Charles
BULOZ À LA RECHERCHE DE BARBEY D’AUREVILLY. CARICATURE DE BULOZ ET BARBEY D’AUREVILLY. [1865]. DESSIN ORIGINAL.
Estimate
20,00030,000
LOT SOLD. 52,500 EUR
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Baudelaire, Charles
BULOZ À LA RECHERCHE DE BARBEY D’AUREVILLY. CARICATURE DE BULOZ ET BARBEY D’AUREVILLY. [1865]. DESSIN ORIGINAL.
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris

Baudelaire, Charles
BULOZ À LA RECHERCHE DE BARBEY D’AUREVILLY. CARICATURE DE BULOZ ET BARBEY D’AUREVILLY. [1865]. DESSIN ORIGINAL.
Dessin original (208 x 130 mm) à l’encre, sur papier bleu, bel encadrement de bois noirci et doré.

Baudelaire caricaturiste : Buloz contre Barbey d’Aurevilly.

Célèbre dessin, souvent reproduit.

Barbey d’Aurevilly est représenté avec un chapeau haut de forme tenant de la main droite une pancarte avec l’inscription : Le prêtre marié, Faure éditeur et de la gauche une canne ; derrière lui, se trouve Buloz, borgne, tenant un trident dans la main. Au-dessous, la légende : Buloz à la recherche de d’Aurevilly. Un prêtre marié de Barbey d’Aurevilly, sortira en mars 1865 chez l’éditeur Achille Faure, après publication en feuilleton de juillet à octobre 1864 dans Le Pays, journal dans lequel il tenait une chronique depuis 1852.

L’Affaire Buloz. François Buloz (1803-1877), ayant refusé de faire paraître Du dandysme dans sa Revue des Deux Mondes, Barbey d’Aurevilly, rancunier, avait vigoureusement attaqué les « abonnés fossiles » de cette revue, dans un article du Figaro le 30 avril 1863. Barbey y évoquait les « procédés hérissons », les « grognements ursins », l’humeur de « chien Brusque avec les premiers symptômes de la rage » de l’homme de presse. La violence de ses articles lui valut un procès, à la suite duquel Le Pays dut se séparer de cet encombrant collaborateur (Barbey polémiste, sous la dir. de P. Glaudes et M.-C. Huet-Brichard, Presses universitaires du Mirail, 2008, p. 89, note 1). « C’est cette fureur de Buloz contre Barbey que Baudelaire imagine ici, mais avec recul puisque c’est seulement en 1865 qu’Achille Faure publia Un prêtre marié dont le titre figure sur la pancarte que Barbey tient à la main. […] Le petit Buloz est représenté borgne, ainsi que Vuillot l’a chanté : "Buloz qui d’un œil peut éclairer deux mondes" » (J.-P. Avice et Cl. Pichois, Les Dessins de Baudelaire, p. 97).

Baudelaire caricaturiste. Même s’il critiquait les « mauvais barbouillages que les hommes de lettres s’amusent à griffonner », Baudelaire pratiqua le dessin avec une maestria indéniable, essentiellement le portrait, à propos duquel il déclarait : « Le portrait, ce genre en apparence si modeste nécessite une immense intelligence. Il faut sans doute que l’obéissance de l’artiste y soit grande, mais sa divination doit être égale. [...]. Un bon portrait m’apparaît toujours comme une biographie dramatisée, ou plutôt comme le drame naturel inhérent à tout homme. » (Salon de 1859). Auguste Poulet-Malassis, éditeur de Baudelaire et l’un des premiers collectionneurs de ses dessins, déclara : « L’aptitude de Charles Baudelaire à l’art du dessin était d’autant plus frappante que, lorsqu’il prenait le crayon ou la plume, c’était à l’improviste, comme pour soulager sa mémoire d’une physionomie définitivement accentuée et résumée dans son cerveau et la fixer en quelques traits décisifs. Il était caricaturiste dans le sens précis du mot, avec les deux facultés maîtresses de la pénétration et de l’imagination, et un don d’expression vivante et sommaire. » (Sept dessins de gens de lettres).

Barbey d’Aurevilly avait soutenu Baudelaire en 1857 lors du procès des Fleurs du Mal, en voulant faire paraître un article dans Le Pays, refusé mais que Baudelaire publiera lui même dans une plaquette, Articles justificatifs pour Charles Baudelaire, auteur des Fleurs du Mal avec, outre celle de Barbey, les contributions d’édouard Thierry, de Frédéric Dulamon et de Charles Asselineau. Les deux hommes avaient l’un pour l’autre une admiration qui se transforma rapidement en réelle amitié.

De la collection Victor Deseglise (1839-1916), avec son timbre humide (Lugt n° 356e).

Iconographie de Baudelaire, Genève, Caillier, 1960, n° 193 ; J.-P. Avice et Cl. Pichois, Les Dessins de Baudelaire, Paris, Textuel, 2003, n° 29 (qui indique ne pas connaître l’original) ; M. Leroy-Terquem, Barbey d’Aurevilly contre son temps. Un écrivain dans la tourmente du XIXe siècle, Saint-Lô, Archives départementales de la Manche, 2008, repr. p. 147 ; J.-P. Avice et Cl. Pichois, Dictionnaire Baudelaire, Tusson, Du Lérot, 2002, repr. p. 51 ; Album Baudelaire, éd. Cl. Pichois, Pléiade, 1974, p. 210.


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Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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