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Verlaine, Paul
POÈME SATURNIEN. POÈME AUTOGRAPHE SIGNÉ P. V., DATÉ A[TTIGN]Y, 31 MAI-1ER JUIN [18]85.
Estimate
12,00015,000
LOT SOLD. 55,000 EUR
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Verlaine, Paul
POÈME SATURNIEN. POÈME AUTOGRAPHE SIGNÉ P. V., DATÉ A[TTIGN]Y, 31 MAI-1ER JUIN [18]85.
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris

Verlaine, Paul
POÈME SATURNIEN. POÈME AUTOGRAPHE SIGNÉ P. V., DATÉ A[TTIGN]Y, 31 MAI-1ER JUIN [18]85.
2 pages sur un feuillet in-8 (211 x 135 mm), écrit recto-verso, à l’encre brune, illustré de deux dessins originaux de la même encre, sous chemise demi-maroquin noir moderne.

Manuscrit autographe d’un des poèmes de Parallèlement, illustré de deux grands dessins à la plume, complètement inédits.

Sur l’un d’eux Verlaine s’est représenté avec Rimbaud.

Dans ce poème, Verlaine fait allusion à un incident survenu à la sortie d’une auberge à Coulommes vers la fin de mai 1885. Ivre, il s’était bagarré avec trois « galopins aux yeux de tribades » qui l’avaient suivi. Cette rixe, dont Verlaine sort blessé à l’œil, donne lieu à une condamnation pour ivresse sur la voie publique. A cette époque, peu après la mort de Lucien Létinois, le poète boit et mène une vie dissolue.

Le premier dessin, qui surplombe le poème, illustre les deux premières strophes et représente une chanteuse beuglant face à un public assis. Verlaine se représente à gauche, assis, avec son chapeau et sa pipe, tandis qu’au fond à gauche on reconnaît aisément Rimbaud, en chapeau, avec son plastron et sa cigarette.

Ce fut bizarre et Satan dut rire.
Le jour d’été m’avait tout soûlé.
Quelle chanteuse impossible à dire
Et tout ce qu’elle a débagoulé !

Le second dessin à la suite du poème met en scène, près d’une gare, la rixe en question, avec en légende autographe qui surmonte le dessin : Cette nuit-là !! Verlaine, à droite, menace trois jeunes gens avec son parapluie.

Dans des troquets comme en ces bourgades
J’avais rôdé suçant un peu de glace.
Trois galopins aux yeux de tribades
Dévisageaient sans fin ma grimace.
Je fus hué manifestement
Par ces voyous non loin de la gare
Et les engueulai si goulûment
Que j’en faillis gober mon cigare.

Le poète porte sur ses récentes mésaventures un regard désinvolte, légèrement amusé, mais la présence incongrue de Rimbaud dans le dessin éclaire le sens du poème, en réalité profondément nostalgique.

Quelques variantes de texte. Le sous-titre n’est pas repris dans l’imprimé : Sur un rhythme [sic] décadent, suivi de cette note autographe en marge : Car pourquoi s’obstine-t-on maintenant à écrire rythme ?

Un des deux manuscrits connus, celui-ci est illustré. Il s’agit du manuscrit autographe « Richer » signalé par Olivier Bivort.

Œuvres poétiques complètes, Pléiade, p. 508-509 : Amour suivi de Parallèlement, éd. O. Bivort, Le Livre de Poche, 2018, p. 384-387 et 569.

Petite déchirure rognant le premier dessin. Légères décharges d’encre au verso.


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Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris