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Mallarmé, Stéphane
L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE. ÉGLOGUE. PARIS, ALPHONSE DERENNE, 1876.
Estimate
30,00040,000
LOT SOLD. 50,000 EUR
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Mallarmé, Stéphane
L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE. ÉGLOGUE. PARIS, ALPHONSE DERENNE, 1876.
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris

Mallarmé, Stéphane
L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE. ÉGLOGUE. PARIS, ALPHONSE DERENNE, 1876.
Plaquette in-4, en feuilles, couverture de feutre du Japon, cordons de soie rose et noire attachés à une étiquette de prix, sous chemise demi-maroquin noir avec coins, étui (Huser).

Édition originale.

Un chef-d’œuvre de la période symboliste et l’un des premiers livres de peintre.

Ce poème, composé à partir de 1865, fut refusé au théâtre l’année suivante puis essuya un nouveau revers lorsque Mallarmé sollicita François Coppée pour le publier dans le Parnasse contemporain. Le poète se tourna alors vers l’éditeur Alphonse Derenne et demanda à son ami Édouard Manet de l’illustrer.

L’illustration de Manet, en premier tirage, se résume à 4 jolis dessins gravés sur bois : un ex-libris sur japon représentant un nénuphar imité d’un manga de Hokusai, contrecollé sur la page de garde ; un frontispice esquissant un faune assis sur fond de paysage, tiré en épreuve volante sur japon pelure ; une vignette placée en tête des premiers vers, montrant trois nymphes dénudées parmi les roseaux ; et un cul-de-lampe figurant une grappe de raisin.

L’ex-libris et le frontispice ont légèrement été rehaussés par le peintre d’un délicat lavis rose. Manet, qui s’était plaint des frais de coloriage, jugés épouvantables, avait effectivement décidé de s’en charger lui-même (lettre à Mallarmé, 1875).

Dès l’ex-libris, puis au frontispice et au fleuron, quelques roseaux nerveusement dessinés, ployés en tous sens, suffisent au crayon de Manet pour situer à son tour, et avec le même pouvoir d’abstraction s’exerçant sur un répertoire d’images aquatiques, le lieu dans son idéalité. [...] On ne saurait trop insister sur la collaboration de Manet et de Mallarmé. Dans les temps modernes, elle est la première mise au point de grands illustrés, préjugés surmontés et libertés créatrices accordées. Elle ouvre la voie d’une expression nouvelle (François Chapon, Le Peintre et le livre, pp. 20-24).

Tirage à 195 exemplaires, celui-ci sur hollande (n° 90).

Très précieux exemplaire de Paul Gauguin. Il porte ce magnifique envoi :

Au sauvage et bibliophile
son ami
Stéphane Mallarmé

Dans sa biographie de l’artiste, Charles Morice raconte que Mallarmé et Gauguin s’appréciaient et s’estimaient hautement par leurs œuvres, et qu’entre les deux hommes une intimité spirituelle s’était bien vite établie (cf. Paul Gauguin, 1920, p. 88).

Mallarmé aida Gauguin à réunir l’argent de son voyage pour Tahiti : il sollicita à cette occasion Octave Mirbeau pour écrire une préface au catalogue de la première vente de tableaux de l’artiste, organisée à Drouot le 23 février 1891 ; celle-ci contribua indéniablement au succès de la vacation. Le jour même de la vente, dans les colonnes de L’Écho de Paris, on pouvait d’ailleurs lire les propos du peintre au sujet de son désir de rejoindre les Tropiques : Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l’influence de la civilisation. Je ne veux faire que de l’art simple, très simple ; pour cela, j’ai besoin de me retremper dans la nature vierge, de ne voir que des sauvages, de vivre de leur vie. Ces mots, qui ont certainement marqué Mallarmé, trouvent ici un écho dans l’envoi du poète.

Gauguin quitta la France le 4 avril 1891, quelques jours après avoir salué ses amis lors d’un banquet d’adieu donné par Mallarmé au Café Voltaire.

Le poète revit Gauguin en novembre 1893 lors de l’exposition de ses œuvres chez Durand-Ruel. À l’issue de celle-ci, pour le remercier de son soutien, Gauguin lui offrit une statuette en bois de tamanu réalisée au cours de son premier séjour tahitien et intitulée symboliquement L’Après-midi d’un faune. C’est à cette période que Mallarmé lui dédicaça cet exemplaire, que Gauguin emporta avec lui en 1895 aux îles Marquises et qu’il conserva jusqu’à sa mort le 8 mai 1903.

L’exemplaire a par ailleurs appartenu à Victor Segalen. En septembre 1903 à Papeete, l’auteur des Immémoriaux, alors jeune médecin de la Marine en mission en Polynésie, en fit l’acquisition lors d’une vente des effets personnels de Gauguin (cf. Marie Dollé, Victor Segalen. Le voyageur incertain, 2008, p. 68).

On joint le remarquable portrait de Mallarmé au corbeau gravé par Gauguin, épreuve en bistre sur japon appartenant au tirage posthume réalisé vers 1919, à 79 exemplaires.

Cette belle gravure à l’eau-forte et à la pointe-sèche est la seule gravure sur cuivre exécutée par Gauguin. Le premier tirage, connu à une dizaine d’épreuves seulement, date de 1891.

Couverture défraîchie. Petites galeries de ver

Galeries de ver, traversant tout le volume, sauf la couverture qui provient d’un autre exemplaire.


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Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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