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Mallarmé, Stéphane
LE PITRE CHÂTIÉ. SOUPIR. LE CHÂTEAU DE L’ESPÉRANCE. LES FLEURS. L’AZUR. LE SONNEUR. ENSEMBLE DE 6 POÈMES AUTOGRAPHES
Estimate
80,000120,000
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Mallarmé, Stéphane
LE PITRE CHÂTIÉ. SOUPIR. LE CHÂTEAU DE L’ESPÉRANCE. LES FLEURS. L’AZUR. LE SONNEUR. ENSEMBLE DE 6 POÈMES AUTOGRAPHES
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80,000120,000
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris

Mallarmé, Stéphane
LE PITRE CHÂTIÉ. SOUPIR. LE CHÂTEAU DE L’ESPÉRANCE. LES FLEURS. L’AZUR. LE SONNEUR. ENSEMBLE DE 6 POÈMES AUTOGRAPHES
chacun comportant le titre autographe sur un feuillet à part, en tout 21 pages in-4 (234 x 180 mm). [1864-1866]. Reliés en un volume maroquin fauve, janséniste, bordure intérieure ornée de filets dorés (René Aussourd).

Exceptionnelle réunion de six poèmes de jeunesse destinés au Parnasse contemporain.

Cet ensemble est particulièrement précieux : il s’agit de six des treize poèmes envoyés en février 1866 à Catulle Mendès, pour être admis dans Le Parnasse contemporain. Le 1er novembre 1865, Catulle Mendès avait exhorté Mallarmé à lui envoyer des vers : « Vite, envoyez-moi vos vers. Tâchez de dépasser quatre cent vers. […] [Il s’agit] du Parnasse contemporain où je suis maître, magnifique impression. Tous les bons poètes contemporains et nouveaux. J’attends vos vers et l’imprimeur aussi. » Mendès se montrera lassé des corrections sans fin du poète, qui, selon l’éditeur, ne faisaient qu’obscurcir des textes déjà très énigmatiques. Sur les six poèmes, seuls quatre seront finalement publiés dans la onzième livraison du Parnasse contemporain (12 mai 1866), que Mallarmé partage avec Cazalis : Le Château de l’Espérance et Le Pitre châtié ont été écartés — le premier ne sera publié qu’en 1919. Diverses indications typographiques d’une autre main semblent confirmer, comme l’ont pensé certains critiques, que ce ne fut pas le poète qui décida de retirer sur épreuves les deux poèmes en question, ou tout au moins Le Pitre châtié (selon J.-L. Steinmetz, ils ont été écartés « pour des raisons qui tiennent à leur caractère incompréhensible », in Stéphane Mallarmé, l’absolu au jour le jour, Fayard, 1998, p. 107). Mallarmé fut très mécontent de la publication : ses corrections n’avaient pas toutes été reprises et plusieurs poèmes étaient défigurés par des fautes d’impression.

I. Le Pitre châtié. écarté du Parnasse contemporain, ce poème connut une première édition dans les Poésies photolithographiées de 1887. Nous avons ici un tout premier état du texte, antérieur à celui publié en 1887.

II. Soupir. Publié d’abord dans la livraison du 12 mai 1886 du Parnasse Contemporain; cette version est conforme à l’imprimé. Nous citerons le début de ce célèbre poème, d’un accent à la fois verlainien et préraphaélite :

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur,
Un automne jonché de taches de rousseur,
Et vers le ciel errant de ton œil angélique,
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur !
— Vers l’Azur attendri d’octobre pâle et pur...

III. Le Château de l’espérance. Poème publié pour la première fois par le beau-fils de Mallarmé dans la revue Littérature, avec deux variantes mineures : et remplaçant ou ; ce au lieu de un.

IV. Les Fleurs. Publié dans le Parnasse contemporain du 12 mai 1866, puis dans les Poésies photolithographiées de 1887, par rapport auxquelles cinq variantes sont à relever. Le feuillet portant les pages 1, 2 de cette pièce a été relié en sens inverse (2, 1).

V. L’Azur. Publié pour la première fois dans le Parnasse contemporain du 12 mai 1866, puis repris dans les Poésies photolithographiées de 1887, avec cinq variantes de mots. Citons une strophe de ce célèbre Azur :

En vain ! L’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus !

VI. Le Sonneur. Sonnet publié d’abord dans L’Artiste le 15 mars 1862 (reproduit dans la même revue le 15 avril 1863), puis joint aux poèmes inédits dans le Parnasse contemporain du 12 mai 1866, avant d’être inclus dans les Poésies de 1887. Le manuscrit diffère à l’imprimé, sauf au quatrième vers : Un Angélus par brins de lavande et de thym, qui devient dans l’imprimé : Un Angélus qui sent la lavande et le thym.

La localisation de cet ensemble était inconnue depuis des années ; les spécialistes en connaissaient l’existence par le catalogue du docteur Lucien-Graux, mais n’avaient pas pu en relever précisément les variantes. Les corrections autographes du poète témoignent de son désir de perfection.

Des treize poèmes manuscrits envoyés en 1866 à Mendès pour Le Parnasse contemporain, trois sont actuellement conservés à la Bibliothèque Doucet, trois autres n’ont pas été retrouvés, et un septième se trouve dans une collection particulière. Les six autres réunis ici forment donc le plus important ensemble connu de ce qui devait être pour Mallarmé une publication capitale.

Anciennes collections docteur Lucien-Graux (ex-libris ; Drouot, IV, 4 juin 1957, n° 68), Alexandrine de Rothschild (mai 1968, n° 77) et Edmée Maus (ex-libris).


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Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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