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Apollinaire, Guillaume
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À LOU. 7 JUIN 1915.
Estimate
8,00012,000
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Apollinaire, Guillaume
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À LOU. 7 JUIN 1915.
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8,00012,000
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Details & Cataloguing

Livres et Manuscrits

|
Paris

Apollinaire, Guillaume
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À LOU. 7 JUIN 1915.
4 p. in-4 (200 x 160 mm) sur un bifeuillet, plié en deux. Encre brune. Lettre adressée à "Ma petite fille chérie", signée "Ton Gui".
Légères traces de pliures verticales.

L'essoufflement d'un amour.

Lettre du front, où Apollinaire parle de la guerre et de la politique, et où il adresse quelques reproches à Lou, se défendant d'être jaloux.

Je ne sais pas quoi t’écrire aujourd’hui, mon amour”. Au moment de la naissance de son amour pour Madeleine Pagès, Apollinaire commence cette lettre un peu décousue à Lou en décrivant des rumeurs politiques qui ont cours au front, sur la chute du ministère Viviani : “Joffre deviendrait ministre de la Guerre, Galliéni généralissime, et Caillaux président du Conseil” et en profite pour commenter les stratégies de ces hommes politiques.
Le poète évoque ensuite crûment son désir physique, né avant tout de la continence à laquelle il est astreint : “J’ai envie de baiser toi ou une autre fût-elle Boche, mais pas de femme du front, nom de d’là, à cause de la vérole […] Mais naturellement je préfère moi seul et puis je n’ai pas le droit de parler de ça.” Il se défend finalement d’être jaloux, et, se résignant un peu à accepter la fin de cet amour, se justifie d’écourter sa lettre : “Voilà, mon ptit Lou, un peu affolé et qui va partir – Je ne t’écris pas long, parce que tu ne m’écris pas long non plus et que cela me dégoûte un peu d’écrire à quelqu’un qui jamais ne m’écrit de longues lettres”. Avant d’être définitif, l’essoufflement de cet amour n’empêchera toutefois pas le désir du poète pour la jeune femme de rester vivace dans de futures lettres comme dans celle-ci, qu’il conclut en écrivant : “je t’adore et je t’embrasse très très cochonnement”.

Apollinaire avait joint à sa lettre le dessin d’un “cimetière près d’ici”, qui n’est pas resté attaché à cette lettre.

Il continuera de lui écrire, mais les lettres s’espaceront et se raccourciront jusqu’au 16 janvier 1916, date de sa dernière lettre. Ils se rencontreront encore une fois, fortuitement, place de l’Opéra à Paris. Apollinaire meurt de la grippe espagnole le 9 novembre 1918 à l’âge de trente-huit ans.

RéféréncesCorrespondance générale, Édition de V. Martin-Schmets, Champion, II, n° 971, p. 489-490. -- L. Campa, Guillaume Apollinaire, Gallimard, p. 543-572.


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