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Gallimard, Gaston -- La Nouvelle revue Française
TRÈS IMPORTANTE CORRESPONDANCE AVEC MARCEL PROUST [AVEC : LETTRES À MARCEL PROUST DE JEAN PAULHAN, GUSTAVE TRONCHE, BERTHE LEMARIÉ, ETC.] 8 NOVEMBRE 1912-7 NOVEMBRE 1922.
Estimate
100,000150,000
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Gallimard, Gaston -- La Nouvelle revue Française
TRÈS IMPORTANTE CORRESPONDANCE AVEC MARCEL PROUST [AVEC : LETTRES À MARCEL PROUST DE JEAN PAULHAN, GUSTAVE TRONCHE, BERTHE LEMARIÉ, ETC.] 8 NOVEMBRE 1912-7 NOVEMBRE 1922.
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Livres et Manuscrits

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Paris

Gallimard, Gaston -- La Nouvelle revue Française
TRÈS IMPORTANTE CORRESPONDANCE AVEC MARCEL PROUST [AVEC : LETTRES À MARCEL PROUST DE JEAN PAULHAN, GUSTAVE TRONCHE, BERTHE LEMARIÉ, ETC.] 8 NOVEMBRE 1912-7 NOVEMBRE 1922.
Ces lettres sont à la fois le portrait d’un éditeur majeur du XXe siècle, et, en contrepoint, celles d’un des plus grands romanciers du siècle.

L’histoire de la publication de la Recherche par les lettres de son éditeur.
En 1989, la publication de ces lettres par Pascal Fouché, croisées avec celles de Proust (conservées dans les Archives Gallimard) fut une étape importante dans l’étude de l’aventure éditoriale de la Recherche du temps perdu ; pour simplifier notre présentation, la numérotation des lettres ci-dessous, entre crochets, renvoie à cette édition.

Très important ensemble de lettres que Proust conserva soigneusement. Les ensembles conservés de correspondances reçues par Proust sont rarissimes.

Gallimard, Gaston. Important ensemble 138 lettres à Marcel Proust8 novembre 1912-7 novembre 1922 (dont 36 autographes signées, 95 dactylographiées signées et 7 dactylographiées avec des ajouts autographes). Une lettre est inédite. 237 pages sur 166 feuillets de formats divers (in-12 à in-4), la plupart à en-tête de la Nouvelle Revue française. Au début, l’éditeur et l’écrivain s’échangent des “Cher Monsieur” très respectueux, qui deviennent ensuite des “Cher ami” ou “Mon cher Marcel”. Gallimard signe "Gaston Gallimard". Une enveloppe conservée.

"j’admire votre œuvre au point que souvent je me suis désintéressé de toutes autres et que je ne m’en occupe plus que professionnellement. J’ai pour elle, comme pour vous, une affection jalouse : exigez donc de moi, brutalement, ce que vous voulez et je m’emploierai de toutes mes forces à ne jamais vous décevoir" [259].

Gaston Gallimard dans l'exercice quotidien de son métier. Très riche, cette correspondance prolifique, dont nous ne pouvons donner ici qu’un aperçu succinct, permet, presque au jour le jour, de comprendre la stratégie éditoriale de Gallimard, la publication non seulement de la Recherche, mais aussi celle de Pastiches et Mélanges, d’extraits dans la N.R.F., ou dans les Œuvres libres. Devant les complications apportées par de longs et confus manuscrits de Proust, les infinies hésitations de l’écrivain, les reproches incessants de l’auteur, Gallimard fait face en organisant mise en page, relecture des épreuves, choix typographiques, mise en vente, envoi des services de presse, souscription aux éditions de luxe, traductions en langue étrangère [183], etc. On sent la passion qui habite Gallimard, la conviction qu'il a du génie de Proust et le désir qui l'anime de le servir au mieux : on est frappé par la grande patience et la disponibilité dont Gallimard ne se départ jamais pour satisfaire un auteur auquel il tient par-dessus tout. L’éditeur, qui reçoit parfois deux lettres de Proust dans la même journée, y répond souvent le jour même ; certaines de ces lettres sont manuscrites, surtout quand le sujet est personnel et ne peut être dicté à une secrétaire.

Les lettres comme chronologie de la publication de la RechercheQuand commence cette correspondance, les éditions Gallimard n’existent pas encore : Gaston Gallimard n’est que le gérant d’un comptoir d’édition créé en 1910, dépendant d’une revue tout récemment créée, la Nouvelle Revue française, et qui a rapidement acquis une réputation de qualité. Mise à part une importante lettre de novembre 1912 à propos de l'édition de son roman [4] et quelques lettres de 1916 [18, 23, 29] ou 1918 [62, 73], l’ensemble est plus dense autour de 1919, quand Proust, qui a définitivement quitté Grasset pour Gallimard, travaille à la publication de la suite de son roman ; la correspondance s’étend jusqu’à la mort de l’écrivain le 18 novembre 1922.

En quittant Grasset. Si le nom de Proust est aujourd’hui indissociable des éditions Gallimard, cela n’a pas toujours été le cas : après le refus des Éditions de la N.R.F. de publier Du côté de Swann à la fin de l’année 1912, Proust s’est tourné vers Bernard Grasset l’année suivante, qui eut la gloire de lancer le roman qui est peut-être le plus important de la littérature du XXe siècle. Gallimard rattrapera l’erreur d’appréciation et, après de nombreuses tractations, devient l’éditeur de Proust en 1916. Une des premières lettres date d’une période où Grasset est encore l’éditeur de Proust. Gallimard manœuvre pour détrôner son concurrent, de connivence avec Proust. En homme d’affaires avisé, Gallimard a étudié la situation juridique : il a établi “que Grasset n’a aucun droit de propriété sur vos œuvres", et s’engage à payer les indemnités à Grasset pour les frais déjà engagés pour le second volume : "ce n’est pas un cadeau qui lui serait fait. Ce serait à mon avis un bien autre cadeau que de lui laisser votre œuvre” [18]. Un peu plus tard, il enjoint Proust de prendre acte que “liberté entière vous est laissée pour toute la suite de votre œuvre, ainsi que pour le premier volume” [23].

Trois publications concomitantes chez Gallimard. En juin 1919, Gallimard organise la sortie simultanée de la réédition de Swann sous l’enseigne de la N.R.F., d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs et de Pastiches et Mélanges ; il envisage déjà l’édition de luxe sur papier bible des Jeunes filles [103]. Peu après, il presse Proust de décider s’il faut lancer l’impression de ces exemplaires de luxe : “Je crois que si vous désirez que cette édition de luxe […] soit faite, il faut que nous nous jetions à l’eau. Si donc vous avez l’impression que ces 50 exemplaires pourront être souscrits, je suis prêt à faire le tirage, et j’attendrais, pour faire tirer à part l’héliogravure de votre portrait, que vous ayez pu me faire remettre le tableau de Blanche” [105]. Après la parution des volumes, commencent des discussions sur leur publicité et la possibilité d’obtenir des articles de presse ; Proust est prêt à acheter des exemplaires de ses propres livres pour en diffuser plus à la presse. En décembre 1919, les ouvrages de Proust sont devenus introuvables dans les librairies, et Gallimard envisage une réimpression quand, soudain, le Prix Goncourt (10 décembre 1919) sonne comme une victoire pour l’auteur mais aussi pour l’éditeur, dont c’est le premier prix Goncourt : le livre est introuvable durant une semaine, et Gallimard réussit le tour de force de recomposer entièrement les Jeunes filles et de tirer le volume en sept jours… tout en devant répondre au mécontentement de Proust qui n’a pas pu trouver un exemplaire en librairie à offrir à un ami. Gallimard intente un procès à Albin Michel, qui, pour promouvoir Les Croix de bois de Dorgelès, candidat malchanceux du Prix Goncourt, a imprimé un bandeau "Prix Goncourt Roland Dorgelès”, avec en tout petit : "4 voix sur 10” [150]. Le succès des Jeunes filles justifie des retirages, en décembre 1919 et en février 1920, et Gallimard doit retarder ses autres parutions du début de l’année.

La composition des "textes surchargés" de corrections par Proust pour le Côté de Guermantes I posant problème aux ouvriers de l’imprimeur, Gallimard veut produire une dactylographie propre du texte [103]. Achevé en août 1920, le roman ne sera mis en vente qu’en octobre : hélas, Proust s’est aperçu de très nombreuses coquilles et Gallimard doit faire imprimer un errata [177] (voir lot 189). La période est chargée : Gallimard félicite Proust pour sa Légion d’honneur [178], et publie sa préface à Tendres Stocks de Morand tout en le pressant de lui envoyer les épreuves de Guermantes corrigées, qui sont plus urgentes que cette préface [181]. Il le relance aussi pour le texte de Sodome et Gomorrhe I. Sans cesse en train de rassurer Proust, Gallimard le tient au courant des moindres étapes de leur travail, comme par exemple de l’arrivée en librairie de Guermantes (“Les envois ont été faits et ce matin, pour nous assurer que les livres avaient été reçus nous avons téléphoné un peu partout et nous avons pu contrôler qu’ils étaient en vente” [187]) ou des critiques qui paraissent [212]. Gallimard suit de près les travaux de composition et promet d’en référer souvent à Proust : “je puis vous assurer que je fais l’impossible pour que vous n’ayez aucune déception […]. J’ai donné ordre pour que tous les matins la première chose qu’on fasse soit de téléphoner à l’imprimeur pour le tenir en haleine. Et pour ma part j’irai régulièrement jusqu’à la fin du mois contrôler sur place la marche des travaux” [216].

Jalousie, querelles et mécontentements. L’éditeur a toujours à cœur de satisfaire Proust et tient plus que tout à sa fidélité : “Votre fidélité, nous y tenons tous infiniment -- jalousement, et je voudrais de tout cœur qu’elle soit une preuve de votre contentement autant que de votre amitié. Mais je ne désespère pas d’arriver à vous satisfaire”, lui écrit-il suite à un bel envoi sur Guermantes [184]. Cela ne l’empêche pas d’être jaloux, quand Proust entend publier des extraits chez Grasset : “Mon premier mouvement, dans ces cas-là, est le mouvement d’un cœur un peu jaloux. Mais là c’est un point de vue sentimental qui ne résiste pas à la réflexion et à vos arguments, qui sont excellents. Et puisque vous me faites l’amitié de me demander mon autorisation, je vous la donne.” [194]. Gallimard doit souvent faire face aux mécontentements de son auteur et à son manque de reconnaissance ; quand celui-ci lui affirme qu’il a été le "cocu de la N.R.F." et que "heureusement ce sont des cornes que l’on ne peut porter", Gallimard réplique : "Pourquoi pensez-vous être le ‘cocu’ de la N.R.F. ? (ai-je bien lu ?) (à la première lecture, j’avais lu le ‘cœur’ de la N.R.F., ce qui serait plus vrai)", et de devoir le rassurer encore sur l’admiration que lui porte toute la N.R.F. : "ne sentez-vous pas l’immense admiration, l’affection, la tendresse même, que nous avons tous ici pour vous -- je devrais dire la dévotion. Chacun de vos reproches me touche profondément, car vraiment je vous assure que je n’ai pas d’autres désirs que de vous satisfaire” [226]. Plus tard, il se défend d’autres “reproches affreux” [259], avant que n'éclate une autre querelle lorsque que Proust veut à nouveau faire paraître un extrait dans les Œuvres libres chez Fayard ; Gallimard est obligé de céder.

La parution de Sodome II (qui sera le dernier volume à paraître du vivant de Proust) est chaotique : Gallimard est obligé de recomposer entièrement le texte, car Proust avait commencé à en relire les épreuves, mais les abandonne pour remanier considérablement une dactylographie antérieure [266]. Vient ensuite la mise en net de Sodome III (devenu plus tard La Prisonnière) et des discussions relatives au prix fixe par exemplaire vendu, proposition de Gallimard que Proust refuse. Gallimard lui rappelle qu’il est de loin l’auteur de la N.R.F "le plus aimé et le plus admiré[294]. Proust insiste pour que Sodome et Gomorrhe fasse l’objet d’un lancement publicitaire important, Gallimard fait donc insérer des échos payants sur la parution et paie des publicités ; les reproches de Proust, qui estime l’effort insuffisant, seront l’un des sujets de la correspondance jusqu’à la fin de l’été 1922.
Avant la mort de Proust, durant les derniers mois de cette correspondance, Gallimard lui annonce la parution en anglais puis en espagnol de Swann.

Malgré la maladie qui accable l’écrivain, l’échange se poursuit jusqu’à quelques jours de sa mort en novembre 1922. Gallimard fait réimprimer Sodome II, dont le tirage n’avait peut-être pas été assez important. Sentant Proust mal en point, Gallimard lui écrit, dans l’une de ses dernières lettres : "Je suis navré de voir que vous n’arrivez pas à sortir de cette crise, qui est longue. […] Je vois bien à votre écriture, que c’est une grande fatigue pour vous” [406]. Le 7 novembre 1922, l’éditeur accuse réception du manuscrit de La Prisonnière, que Proust ne verra jamais publié puisqu’il meurt quelques jours plus tard, le 18 novembre 1922.

Le métier d’éditer : un manuel épistolaire des pratiques éditoriales du début du siècle. Gallimard doit souvent expliquer les arcanes de son métier à un auteur qui le comprend mal : “Voilà comment les choses se passent : une fois le manuscrit composé, les épreuves corrigées et, prêtes à être tirées, je fais parvenir à l’imprimeur un nombre de rames de papier, très exactement calculé…” [124]. Il décrit ensuite le système des éditions en cours à l’époque, toutes tirées en même temps que l’édition originale : "Dès l’apparition d’un livre, plusieurs éditions sont envoyées à la fois en dépôt d’office chez les libraires. La vente chez certains d’entre eux est plus rapide que chez d’autres, ce qui amène le renouvellement des dépôts et la sortie d’éditions ultérieures avant souvent la vente des premières…” [124].
Passionnants mais techniques, les échanges concernant le découpage de la Recherche en volumes ou en plusieurs tomes occupent différentes lettres : entrent en considération des données techniques d’épaisseur de volume (et donc également le choix du corps des caractères) ou de délais d’impression, mais aussi le désir de l’auteur de faire paraître des volumes homogènes, la volonté de Gallimard de faire coïncider la sortie des volumes avec la rentrée littéraire ou d’autres publications [199, 205, 210...]. Fin stratège, l’éditeur incite Proust à changer le titre de certaines parties de la Recherche : un titre différent à chaque volume serait plus vendeur. Ainsi, en juin 1922, Gallimard pousse Proust à abandonner les titres Sodome IIISodome IV et Sodome V, pour donner à chaque volume un titre différent, plus commercial ; ce sont les titres que l’on connaît aujourd’hui.
Il est souvent aussi question d’argent, de droits d’auteur à payer, des dactylographes à rémunérer, etc. : cela fait également partie du métier d’éditeur, même si Gallimard répète ne pas être un homme d’argent. Devenu ami et confident, il sait aussi se montrer ferme et doit souvent se repositionner comme éditeur : "bien que j’aie horreur de tout ce qui peut être 'contrat' entre nous, laissez-moi pourtant préciser l’article VI dont […] vous faites une interprétation qui n’est pas conforme à son sens…" [263]. Quand Proust décide unilatéralement de publier des extraits du roman dans les Œuvres libres, Gallimard réagit vivement et démontre que les droits d’auteur que percevra Proust sont dérisoires par rapport au tirage important de ces éditions : "je regrette que vous ayez accepté une telle proposition. […] Grâce à la vulgarité de ce recueil de kiosque et de gare […], Fayard peut faire un tirage de 40 000 exemplaires. […] Je vous l’écris avec émotion, affection, et je ne crois pas que ce soit un sentiment personnel qui m’anime. Mais il me semble que de grands écrivains comme vous n’ont pas intérêt à donner leur appui à des entreprises aussi commerciales ni à ce que des maisons désintéressées comme la N.R.F. changent leur programme et se commercialisent" [253].

Les lettres de Gallimard selon Proust. Fines, professionnelles, amicales et non dépourvues d’humour, les lettres de Gallimard avaient beaucoup d’importance pour Proust, qui les a d'ailleurs conservées précieusement. Le romancier les commentera ainsi, en mai 1916, en insistant sur leur variété de ton : "C’est curieux combien vos lettres […] sont d’un ‘débit’ inégal. Quand vous n’avez rien qui touche à dire, vous ne dites à peu près rien. J’ai reçu de vous des mots écrits sans doute par politesse, et qui n’étaient que de maigres filets, on voyait la sécheresse. Cela devient un torrent quand vous roulez d’impérieux sentiments qui vous viennent des régions les plus hautes de vous-même. On ne se reconnaît plus, on se sent entraîné là où peu de temps auparavant on avait presque pu croire (si on ne vous avait pas connu) à un lit de cailloux à sec." [15, non reprise dans ce lot].

Tronche, Gustave. 25 lettres signées5 juin 1919-7 octobre 1922. Dont 15 lettres autographes signées (l’une incomplète), 9 lettres dactylographiées signées et une dactylographiée et partiellement autographe45 p. sur 27 f. de formats divers (in-12 à in-4)
Importante correspondance de l’administrateur de la N.R.F. Tronche s’occupe de payer Proust pour ses contributions à la N.R.F. [101], l’envoi de services de presse [106, 182] ou des exemplaires de luxe d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs [121], les publicités dans la N.R.F. et le paiement des droits d’auteur [107, 119], un gant oublié [166] ou des commandes de livres de la part de Proust [188, 249]. Technique, une longue lettre du 4 juillet 1919 concerne le calcul des droits d’auteur [108].
Très importante, une autre, elle aussi très longue, remercie Proust de ses dédicaces, avant de lui faire part de la peine que sa lettre lui fait éprouver : "Elle me peine infiniment, parce qu’il ressort de tout cela que vous semblez nous manifester un manque de confiance absolu et nous considérer comme des marchands marchandeurs et marchandant que, seule, une espèce de vénalité guiderait. ‘Les affaires sont les affaires’… je sais bien. Mais je vous prie de croire que si notre idéal -- à tous autant que nous sommes ici -- était les ‘affaires’ la réussite en affaires et l’argent, ce n’est point l’édition que nous aurions choisie pour champ de notre activité et pour nourriture de notre esprit.” Sous le "coup de ces blessures que [sa] méfiance [leur] a infligées", Tronche dément toute spéculation sur les premières éditions [111](Voir aussi lot 194 pour une lettre de G. Tronche à Proust.)

Gide, André. Lettre autographe signée. Sans date. Une p. in-12, en-tête de la N.R.F. Signée "André Gide".
Lettre inédite. "J’ai le plus vif désir de vous revoir. Déjà, si la discrétion ne m’arrêtait, je serais venu maintes fois. Mais, si de votre côté, vous me souhaitez, tout va bien. Nous finirons pas nous rejoindre", écrit celui qui, après avoir refusé de publier Swann (la plus grande erreur de sa vie, dira-t-il), n’aura de cesse de vouloir Proust chez Gallimard. Dans ces tractations, il sera l’intermédiaire privilégié entre Proust et Gallimard.

Allard, Roger. 2 lettres autographes signées à Marcel Proust8 mai 1922 et 10 mai 1922 [334 et 370]. 5 p. sur 3 f. in-8. Allard avait été chargé par Rivière de publier un compte rendu de Sodome dans la N.R.F., et remercie Proust des éloges qu’il lui envoie, mais s’excuse de n’avoir pas pu dire davantage dans son article. "Votre aimable lettre a porté à son comble cette confusion dont je vous prie de trouver ici l’aveu…”. Il s’excuse ensuite de ne pas avoir cité un ami de Proust pour une idée qui lui a été suggérée dans sa critique.

Lemarié, Berthe. 2 lettres autographes signées à Marcel Proust4 août [1918]. 4 p. sur 2 f. in-8. La collaboratrice de Gaston Gallimard va vérifier auprès de l’imprimeur s’il est encore temps d’apporter des corrections, mais elle craint que l’impression du volume n’ait commencé [73]10 décembre 1919. Elle félicite Proust du prix Goncourt et se souvient de leur travail commun : “J’ai bien pensé à vous depuis un an. […] Je voudrais bien vous voir… vous dire de vive voix toute la joie de voir votre belle œuvre justement reconnue et admirée.” [125].

Gallimard, Raymond. 11 lettres dactylographiées à Marcel Proust. 26 décembre 1921-25 octobre 1922. 11 p. sur 11 f. in-8. Accompagnant l’envoi de chèques, ces lettres du frère de Gaston Gallimard sont souvent signées de la main d’un collaborateur.

Monod, Bernard. 2 lettres dactylographiées signées à Marcel Proust25 novembre 1921 et 26 avril 1922 [274, 326]. 2 p. sur 2 f. in-8. Une enveloppe conservée. Il lui envoie ses chèques mensuels.

Vaulchier, Simon de. Lettre dactylographiée signée à Marcel Proust3 mai 1922 [330]. Une p. in-8. Il lui envoie les différentes pièces promotionnelles pour le lancement de Sodome et Gomorrhe (signet, bandeau, prière d’insérer, affiche).

Gabory, Georges. Lettre autographe signée à Marcel Proust. 2 p. in-8, en-tête de la N.R.F.
Lettre inédite. Il est inquiet de sa candidature pour le prix Blumenthal : la mauvaise santé de Proust risque de l’empêcher d’être présent lors des votes. L’obtention de ce prix lui “permettrait de vivre sans trop d’inquiétude matérielle pendant un certain temps”.

Paulhan, Jean. 6 lettres autographes signées à Marcel Proust, qu’il appelle “Cher Maître”. 23 juillet [1920] au [24 septembre 1921]. 8 p. sur 6 f. in-12 à in-8.
Alors secrétaire de Jacques Rivière à la N.R.F., Jean Paulhan écrit à propos de la parution d’extraits de la Recherche dans la revue.

[On joint :]
Composition du jury du prix Balzac. Une page dactylographiée in-8, en-tête de la N.R.F. Adresse de M. Blumenfeld ajoutée de la main de Paulhan.

Extraits de la Recherche. Une page in-4. Extraits dactylographiés de Sodome et Gomorrhe, au moment de la recomposition du texte de Sodome II.

Pound, Ezra. Copie dactylographiée d’une lettre à Gaston Gallimard. 2 p. in-8 (jointe à la lettre [192] de Gallimard).

Références : Marcel Proust - Gaston Gallimard : Correspondance. Gallimard, éd. Pascal Fouché, 1989. -- R. Grenier, "Gaston Gallimard", in Proust et ses amis, sous la dir. de J.-Y. Tadié, Gallimard, Les Cahiers de la N.R.F., 2010, p. 267-284.

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Détail des lettres par correspondant (les numéros renvoient à ceux des lettres dans l’édition de Pascal Fouché) :

Allard, Roger : 334, 370.

Gabory, Émile : Lettre inédite.

Gallimard, Gaston : 4, 18, 23, 29, 62, 100, 101, 103, 105, 112, 115, 120, 122, 129, 130, 136, 141, 142, 144, 145, 148, 149, 150, 152, 154, 164, 165, 168, 170, 174, 175, 177, 178, 181, 183, 184, 191, 192, 194, 195, 196, 199, 201, 203, 205, 206, 210, 212, 216, 218, 219, 221, 223, 226, 228, 230, 232, 235, 237, 239, 242, 243, 245, 250, 253, 259, 263, 265, 266, 270, 272, 273, 276, 280, 282, 285, 288, 292, 294, 295, 296, 297, 300, 302, 303, 304, 305, 306, 307, 308, 309, 311, 313, 314, 317, 318, 323, 324, 325, 328, 331, 333, 336, 338, 340, 342, 343, 344, 345, 347, 348, 350, 351, 353, 355, 357, 359, 361, 367, 369, 373, 377, 379, 380, 381, 386, 388, 389, 392, 393, 395, 400, 401, 403, 404, 406, 407.
Avec une lettre inédite.

Gallimard, Raymond : 286, 289, 299, 310, 316, 341, 354, 366, 374, 382, 402.

Gide, André : Lettre inédite.

Lemarié, Berthe : 73, 125.

Monod, Bernard : 274, 326.

Paulhan, Jean : 160, 172, 252, 255, 257, 258.

Tronche, Gustave : 104, 106, 107, 108, 109, 110, 111, 119, 121, 146, 166, 167, 179, 182, 188, 189, 197, 209, 214, 233, 238, 244, 248, 249, 372, 398.

Vaulchier, Simone de : 330.


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