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Grand fauteuil à dossier plat en bois sculpté, peint et doré d'époque Louis XV, vers 1760, attribué à Mathieu de Bauve
A LARGE CARVED GILT AND PAINTED ARMCHAIR, LOUIS XV, CIRCA 1760, ATTRIBUTED TO MATHIEU DE BAUVE
Estimate
60,000100,000
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Grand fauteuil à dossier plat en bois sculpté, peint et doré d'époque Louis XV, vers 1760, attribué à Mathieu de Bauve
A LARGE CARVED GILT AND PAINTED ARMCHAIR, LOUIS XV, CIRCA 1760, ATTRIBUTED TO MATHIEU DE BAUVE
Estimate
60,000100,000
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Details & Cataloguing

Important Mobilier, Sculptures, Objets d'Art et Tableaux

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Paris

Grand fauteuil à dossier plat en bois sculpté, peint et doré d'époque Louis XV, vers 1760, attribué à Mathieu de Bauve
A LARGE CARVED GILT AND PAINTED ARMCHAIR, LOUIS XV, CIRCA 1760, ATTRIBUTED TO MATHIEU DE BAUVE
le dossier à épaulements soulignés de volutes feuillagées, sommé d'une cassolette et guirlandes de lauriers, les supports d'accotoir terminés par des bases à pastilles, la ceinture en fer à cheval centrée de rameaux de laurier rubannés et ornée de rosaces feuillagées à l'aplomb des pieds fuselés à cannelures rudentées ; garni à châssis et recouvert de damas de soie bleu ; numéroté IIII dans la feuillure du dossier ; (entièrement doré à l'origine)
Haut. 109 cm, larg. 80 cm
Height 43 in; width 31 1/2 in
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Catalogue Note

Une seule autre paire de fauteuils identiques à ce siège est connue : vendus à Londres chez Sotheby's le 28 mai 1993, lot 244, ces fauteuils furent présentés comme italiens, sans doute en raison de leurs proportions et du blanc de Meudon apparaissant alors comme un relaquage.
Pourtant, ces trois sièges - appartenant peut-être à la même série, le nôtre étant numéroté IIII - constituent indubitablement un travail parisien, compte tenu de l'essence employée (du hêtre) et des assemblages à tenons et mortaises chevillés.

D’autres caractéristiques en font un modèle exceptionnel. Sa taille d’abord, dépassant le mètre de hauteur, en fait un fauteuil d’apparat, et indique très probablement qu’il fit partie d’un ensemble de sièges important et l’objet d’une commande spécifique.
En outre, son dessin extrêmement novateur est empreint du néoclassicisme des années 1760 et témoigne des recherches esthétiques qui aboutiront au nouveau goût « à la Grecque », nourri par les projets des architectes et ornemanistes, Jean-François Neufforge, Jean-Charles Delafosse ou Jean-Louis Prieur.

En menuiserie, le goût « grec » donna naissance à des formes amples, très architecturées, soulignées de motifs sculptés inédits. Parmi les menuisiers parisiens qui se montrèrent pionniers dans ce domaine figuraient Louis Delanois, Nicolas Heurtaut ou encore Jean-Jacques Pothier.
A la même époque, la production de Mathieu De Bauve se distingua également par des modèles d’une radicale nouveauté. Après son apprentissage chez Nicolas-Quinibert Foliot et son accession à la maîtrise en 1754, il installa son atelier à l’enseigne du « Saint-Esprit » rue de Cléry. Le château de Versailles conserve de lui une paire de bergères, remarquables par leur dessin audacieux et la nouveauté de leur décor sculpté (ill. in P. Arizzoli-Clémentel, Le Mobilier de Versailles, Dijon, 2002, t. II, pp. 230-231).
Des sièges qu’il estampilla, retenons également le fauteuil à dossier plat de l’ancienne collection Aubert, puis Hubert de Givenchy, comportant la même découpe que celui que nous présentons, mais aussi celui de de l’ancienne collection Maurice Segoura, comprenant de solides pieds fuselés à cannelures rudentées terminés en boule que l’on ne rencontre sur aucun autre modèle à l’exception de notre fauteuil.

Signalons encore que Mathieu De Bauve est l’auteur de la singulière paire de bergères provenant de la Chancellerie d’Orléans et acquises en 2011 par la Banque de France - pour être à terme installées dans les anciens décors de la Chancellerie qui seront remontés dans l’hôtel de Rohan. Exécutées vers 1766-1768, elles prenaient place dans le Grand Salon du rez-de-chaussée donnant sur les jardins du Palais-Royal et faisaient partie intégrante de cette œuvre d’art totale à la pointe de la mode, mise en œuvre par l’architecte Charles de Wailly à la demande du chancelier  Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson, marquis de Voyer.
C’est donc très certainement à De Bauve, dont l’œuvre très originale fut le fruit d’influences multiples, qu’il faut rendre la paternité de ce fauteuil.

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