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Tapisserie mille-fleurs, Pays-Bas méridionnaux, vers 1500-1530
AN ALLEGORICAL PASTORAL ‘MILLEFLEURS’ TAPESTRY, SOUTHERN NETHERLANDS, CIRCA 1500-1530
Estimate
30,00050,000
LOT SOLD. 247,500 EUR
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Tapisserie mille-fleurs, Pays-Bas méridionnaux, vers 1500-1530
AN ALLEGORICAL PASTORAL ‘MILLEFLEURS’ TAPESTRY, SOUTHERN NETHERLANDS, CIRCA 1500-1530
Estimate
30,00050,000
LOT SOLD. 247,500 EUR
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Details & Cataloguing

Bacri frères Antiquaires, Paris – Collection Jacques Bacri

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Paris

Tapisserie mille-fleurs, Pays-Bas méridionnaux, vers 1500-1530
AN ALLEGORICAL PASTORAL ‘MILLEFLEURS’ TAPESTRY, SOUTHERN NETHERLANDS, CIRCA 1500-1530
en laine et soie, figurant trois personnages personnifiant des allégories ; (quelques retissages)
approx. 142 x 248 cm; 4 2/3 x 8 1/4 ft
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Provenance

Probablement ancienne collection Jean Dollfus (1823-1911), puis ancienne collection Gogué-Robin

Catalogue Note

La plus célèbre série des tapisseries allégoriques mille-fleurs, « La Dame à la Licorne » (Musée Cluny, Paris), dont chaque panneau figure une licorne, des oiseaux et des animaux, est interprétée comme une allégorie des cinq sens, et se détache de manière caractéristique sur un fond garance. Il existe plusieurs exemples de ces petits groupes de personnages placés sur un fond mille-fleurs et indigo, qui représentent non seulement des scènes allégoriques, mais aussi des figures bibliques et les vertus qui y sont associées. La licorne est un symbole de la chasteté féminine, avec des aspects profanes et religieux. Au début de notre ère, elle était associée au culte de la Vierge Marie et au mystère de l'Incarnation du Christ ; cette dimension spirituelle, ainsi que le pouvoir de purification que l'on prêtait à la licorne, demeurèrent mêlés. En tant qu'allégories profanes de la chasteté, la jeune fille vierge et la licorne sont des motifs convoqués lors de fiançailles. Aux XVe et XVIe siècles, le thème de l’hortus conclusus (jardin clos) illustré par les tapisseries, figurait une vierge ayant capturé une licorne, et ce sujet se retrouve sur des tapisseries réalisées aussi bien dans la vallée du Rhin et en Suisse, qu’en France et dans les Flandres.

Ce panneau représente trois personnages et des animaux, notamment une jeune femme assise sur laquelle se repose une licorne. Les autres personnages tenant respectivement un oiseau et une belette sont placés sur un fond de fleurs identifiables et associées à une symbolique médiévale. On a suggéré autrefois que les initiales AE, présentes sur la besace en cuir du personnage masculin, pourraient être associées à Anne de Bretagne. Cette hypothèse a depuis été réfutée. En effet, on retrouve aussi les initiales A et E sur une série de sept tapisseries représentant « La Chasse à la licorne » (Cloisters, Metropolitan Museum, New York) qui semblent avoir été tissées vers 1495-1505, pour François, fils de Jean II de La Rochefoucauld et de Marguerite de Barbezieux : cette tenture appartint à la famille de La Rochefoucauld pendant plusieurs siècles et il est probable que ces lettres apparaissent car ce sont les premières et dernières lettres de sa première épouse Antoinette d’Amboise et de son fils Antoine.

Pour une analyse complète et des exemples comparables de tapisserie avec des personnages et des animaux sur fond mille-fleurs et indigo, voir ceux répertoriés au Musée de Cluny à Paris et au Metropolitan Museum de New York (Adolph Cavallo, Medieval Tapestries in the Metropolitan Museum of Art, 1993, cat. n°34-38, pp. 479-501, et F. Joubert, Musée national du Moyen Age, Thermes de Cluny, La tapisserie médiévale, Paris, 2002, VIII, La Tenture de la Vie Seigneuriale,  cat. n°92-97, pp. 104-121).

The most unique allegorical mille-fleurs tapestry series is ‘The Lady with the Unicorn’ (Musée Cluny, Paris), with each panel including  a unicorn, birds and animals, and interpreted as an allegory of the five senses, and very distinctly set against a madder ground. There are examples of the distinct style of small groups of figures against a mille-fleurs and indigo ground, which not only represent allegorical scenes, but also biblical figures and the virtues attributed to them. The unicorn is an ambiguous symbol of female chastity, with profane and religious aspects. In antiquity it was associated with the worship of the virgin mother goddess and related to the incarnation of Christ, and this spirituality and the power the unicorn had to purify, were attributes that stayed with it. As a profane allegory of chastity the female figure and virgin were used on the occasion of betrothals. In the 15th and 16th century, the subject of the hortus conclusus, depicted in tapestries, showed the young female (virgin) having captured the unicorn, and the subject is found on tapestries produced in the Rhine and Switzerland,  as well as in France and Flanders.

The present panel shows three figures, with animals, including the seated female figure with the unicorn resting next to her. The other figures hold a bird and weasel respectively, and are against a ground of recognisable flowers that in turn have symbolism in the medieval world.  The initials AE, which are marked on the leather bag of the male figure, proposed to be associated with Anne of Brittany. Interestingly this association related to other tapestries has been refuted. The initials A and E are found on the series of seven tapestries depicting the ‘Hunts of the Unicorn’ (Cloisters, Metropolitan Museum, New York), considered to have been woven circa 1495-1505, for François, son of Jean II de La Rochefoucauld and Marguerite de Barbezieux. The series was owned by the La Rochefoucauld family of France for several centuries, and is proposed to stand for the first and last initials of his first wife Antoinette of Amboise, and his son Antoine.

For comprehensive discussion and examples of comparable tapestries, of figures and animals against indigo mille-fleurs grounds, see those recorded in the Cluny Museum, Paris, and the Metropolitan Museum, New York.

Adolph Cavallo, Medieval Tapestries in the Metropolitan Museum of Art, 1993, cat. no. 34-38, pp.479-501.
F. Joubert, Musée national du Moyen Age, Thermes de Cluny, La tapisserie médiévale, Paris, 2002, VIII, La Tenture de la Vie Seigneuriale,  Cat. no. 92-97, pp.104-121.

Bacri frères Antiquaires, Paris – Collection Jacques Bacri

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Paris