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Lancelot-Théodore Turpin de Crissé
DAPHNIS ET CHLOÉ DEMANDANT À UN VIEUX CHEVRIER CE QUE C’EST QUE L’AMOUR
LANCELOT-THÉODORE TURPIN DE CRISSÉ ; DAPHNIS AND CHLOE ASKING AN OLD GOATHERD WHAT  LOVE IS ; SIGNED AND DATED LOWER CENTER TURPIN DE CRISSE/1809 ; OIL ON CANVAS
Estimate
50,00080,000
LOT SOLD. 111,000 EUR
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Lancelot-Théodore Turpin de Crissé
DAPHNIS ET CHLOÉ DEMANDANT À UN VIEUX CHEVRIER CE QUE C’EST QUE L’AMOUR
LANCELOT-THÉODORE TURPIN DE CRISSÉ ; DAPHNIS AND CHLOE ASKING AN OLD GOATHERD WHAT  LOVE IS ; SIGNED AND DATED LOWER CENTER TURPIN DE CRISSE/1809 ; OIL ON CANVAS
Estimate
50,00080,000
LOT SOLD. 111,000 EUR
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Details & Cataloguing

Robert de Balkany, Rue de Varenne, Paris – Evening sale

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Paris

Lancelot-Théodore Turpin de Crissé
PARIS 1782 - 1859 PARIS
DAPHNIS ET CHLOÉ DEMANDANT À UN VIEUX CHEVRIER CE QUE C’EST QUE L’AMOUR
LANCELOT-THÉODORE TURPIN DE CRISSÉ ; DAPHNIS AND CHLOE ASKING AN OLD GOATHERD WHAT  LOVE IS ; SIGNED AND DATED LOWER CENTER TURPIN DE CRISSE/1809 ; OIL ON CANVAS
Signé et daté en bas au centre TURPIN DE CRISSE / 1809
Huile sur sa toile d'origine
106 x 136,5 cm ; 41 3/4 by 53 3/4 in
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Exhibited

Paris, Salon de 1810, n° 787

Literature

C-G Marcus, Les paysagistes français du néo-classicisme au pré-romantisme, Art et Curiosités, 1967, reproduit fig XXXV
Lancelot-Théodore Turpin de Crissé peintre et collectionneur, catalogue d'exposition, musée des Beaux-Arts d'Angers, 2006, cité p. 38

Catalogue Note

Daté de 1809, année du retour de l’artiste à Paris après son séjour italien, notre tableau fut exposé au Salon de 1810.

Le sujet est tiré du roman grec Les Pastorales ou Daphnis et Chloé écrit par Longus vers le IIème siècle. Ce récit idyllique, situé dans l’île de Lesbos, relate la naissance du sentiment amoureux entre deux orphelins Daphnis et Chloé, recueillis par des bergers.

La scène de notre tableau tirée du livre II du roman, représente Philéas un vieil homme, expliquant aux deux jeunes gens innocents le remède aux tourments de l’amour. Le choix de représenter cet instant précis de l’histoire en exprime la problématique : l’amour peut-il s’épanouir uniquement grâce à la nature ou a-t-il besoin d’enseignement spécifique pour apparaître ? On voit qu'il s’agit de l’œuvre d’un artiste nourri de culture classique  et de littérature grecque.

Le sujet est aussi prétexte à l’évocation d’un paysage enchanteur où la végétation luxuriante qui occupe la quasi-totalité du tableau, sert d’écrin aux personnages qui baignent dans la lumière. L’effet de contrejour et de transparence des feuillages traités avec minutie, accentue l’évocation d’une nature intemporelle qui préfigure le courant romantique.

Issu d’une ancienne famille aristocratique angevine, qui lui transmit le goût de l’art, Lancelot Théodore Turpin de Crissé ne suivit pas de formation académique.
Dès sa première exposition au Salon de 1806, il obtint une médaille d’or comme peintre de paysage avec Les adieux de René à sa sœur dont le sujet est tiré de Chateaubriant. Il s’y présente comme l’élève de son père, officier des armées de Louis XVI et peintre amateur. Mais c’est aussi à sa mère, la marquise de Turpin de Crissé, peintre miniaturiste, que le jeune homme doit sa formation artistique. Fervent royaliste, son père émigra en Amérique en 1794 en pleine terreur où il mourut peu de temps après, dans le dénuement. Sa famille, ayant trouvé refuge en Anjou chez des cousins, subsista de la vente des œuvres de la marquise et du jeune Turpin.

Le retour d’exil du comte de Choiseul-Gouffier en 1802 marqua un tournant dans la vie du jeune artiste revenu à Paris sous le Directoire. En 1782, à la suite d’un voyage en Grèce, le comte avait publié un premier ouvrage Voyage pittoresque de la Grèce, illustré de relevés d’architecture et de vues de sites. Il prit le jeune Turpin en amitié, et souhaitant poursuivre la publication de l’œuvre, lui demanda des dessins pour illustrer le second volume, qui parut en 1809.
C’est grâce à son soutien que Turpin put parfaire son métier, en parcourant la Suisse en 1803 puis l’Italie de 1807 à 1808, visitant Rome, Florence et Naples et se liant d’amitié avec d’autres peintres comme Granet et Le Nepveu.

De ce séjour, datent de nombreux dessins et études peintes sur le motif qu’il utilisa pour ses tableaux tout au long de sa vie. De retour en France, il entra dans le cercle de la reine Hortense et après le divorce du couple impérial en 1809, il fut nommé chambellan de l’Impératrice Joséphine de 1810 jusqu’à la mort de celle-ci en 1814.

Avec le retour des Bourbons, Turpin reprit son titre de comte en 1816.
Son mariage en 1813 et l’héritage de son cousin le marquis de Lusignan lui assurant une aisance financière, il continua à peindre et reprit la route de l’Italie en 1818, 1824 et 1829 à la recherche de beaux sites. Il exposa au Salon jusqu’en 1835.

En 1824, il est membre du Conseil des Musées royaux puis en 1825, proche de Charles X, il est nommé inspecteur général du département des Beaux-Arts comprenant les musées, les grands théâtres, le conservatoire de musique, les manufactures royales. Il reçoit la croix de la Légion d’honneur la même année.

Nous remercions Madame Caroline Chaine qui a confirmé l'authenticité de cette oeuvre. 

Robert de Balkany, Rue de Varenne, Paris – Evening sale

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