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Masque, Mbole, République Démocratique du Congo
MBOLE MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
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Masque, Mbole, République Démocratique du Congo
MBOLE MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
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Details & Cataloguing

MALCOLM Volume Two: Paris

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Paris

Masque, Mbole, République Démocratique du Congo
MBOLE MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Collecté in situ par Pierre Dartevelle avec l’assistance de Riziki, ca. 1970
Philippe Guimiot, Bruxelles
Collection Daniel et Marian Malcolm, Tenafly, New Jersey, acquis en décembre 1984

Literature

Neyt, Fleuve Congo. Arts d’Afrique Centrale, 2010, p. 81, n° 38
Schweizer, Visions of Grace: 100 Masterpieces  from the Collection of Daniel and Marian Malcolm, 2014, p. 245, cat n° 98

Catalogue Note

Les rites et pratiques des Mbole, peuple du centre-est de la forêt équatoriale, demeurent aussi mystérieux que les œuvres qui s’y rapportent sont rares dans les collections. Dans cette société patriarcale très hiérarchisée, l’organisation socio-culturelle du lilwa est primordiale, au même titre que le bwami des Lega voisins. C’est elle qui régit les relations et organise les initiations, mais aussi qui punit les transgressions aux règles de la société ; le crime le plus condamnable étant la divulgation des secrets (Kalala Nkudi, Le Lilwakoy des Mbole du Lomami : essai d'analyse de son symbolisme, Bruxelles, 1979).

Parmi les quelques œuvres parvenues en Europe à l’orée du XXe siècle se distinguent d’une part les statues masculines, dont l’attitude évoque les pratiques funéraires réservées aux initiés de haut rang (Biebuyck, Arts of Zaïre, 1986, p. 242), et d’autre part les masques. Avec seulement une douzaine d’œuvres répertoriées, ces derniers composent l’un des corpus les plus restreints de l'art africain. Chef-d’œuvre d’inventivité dans la représentation du visage résumé à deux dimensions, et de raffinement dans l’ordonnance de la sculpture, le masque de la collection Malcolm en constitue à l’évidence l’un des plus beaux témoins. Hautement stylisé, le visage joue sur les oppositions formelles de textures, d’aplats polychromes et de plans, conférant à l’œuvre une modernité saisissante.

Plusieurs hypothèses ont été émises quant à l’utilisation de ces masques. L’absence d’ajours qui permettraient la vision laisse à penser que ces masques n’étaient pas portés. Bernadette Van Haute-de-Kimpe, se référant à des témoignages recueillis sur le terrain par Pierre Dartevelle dans les années 1970, suggère que ces masques se substituaient à des figurines représentant un condamné lorsque ce dernier parvenait à s’échapper, et qu'ils intégraient alors la « maison du lilwa ». Ce contexte expliquerait non seulement la rareté de telles sculptures, mais aussi l’importance symbolique accordée à ces objets commémoratifs dépourvus de bouche : sans possibilité de parler, l’initié respectera de facto les règles de confidentialité protégeant les secrets de l’organisation lilwa.

Au sein de ce corpus restreint, le masque Mbole de la collection Malcolm se distingue par la beauté minimaliste de ses traits et la finesse de leur exécution, ainsi que par la grande ancienneté dont témoigne sa patine profonde. Il s’apparente en particulier à celui conservé au Musée Royal de l’Afrique centrale (Tervuren, inv. EO.1963.11.3), collecté avant 1920.

Mbole mask, Democratic Republic of the Congo

The rites and practices of the Mbole people, who inhabit the east-central region of the equatorial forest in the Democratic Republic of the Congo, are as mysterious as their objects are rare. In this very hierarchical and patriarchal society the lilwa socio-cultural organization plays an essential role, similar to that of the bwami society amongst the neighbouring Lega people. Lilwa is responsible for governing social relations and organizing initiation rituals. It is also responsible for punishing those who transgress its rules, the most reprehensible crime being the disclosure of the society’s secrets (see Kalala Nkudi, Le Lilwakoy des Mbole du Lomami: essai d'analyse de son symbolisme, Brussels, 1979).

Amongst the few Mbole works to reach Europe at the cusp of the 20th century the most notable are male sculptures which are related to the funerary practices of high ranking initiates (Biebuyck, 1986, p. 242) and masks. With only a dozen recorded examples these masks form one of the smallest corpora in African art. The mask from the Malcolm collection is one of the most beautiful examples of its type, an inventive and refined masterwork which distills the human face in two dimensional form. The stylized face plays with positive and negative space, contrasting textures, and flat areas of polychromy, resulting in a work of striking modernity.

Several hypotheses have been put forth about the use of these masks. The absence of holes that would allow the mask to be looked through suggests that they were not worn. Bernadette Van Haute-de-Kimpe, referring to evidence collected in situ in the 1970s by Pierre Dartevelle, suggests that these masks were substituted for figures of the condemned when the prisoner succeeded in escaping, and that they were placed in the “lilwa house”. This explanation would account for the rarity of these masks and also for the symbolic importance accorded to these mouth-less objects; unable to speak, de facto the initiated must respect the rules which protect the secrets of the lilwa society.

Within its small corpus the Mbole mask from the Malcolm Collection is notable for its minimal linear beauty, the sophistication of its execution, and its age, which is evident in the deep patina. It is closely related to a mask in the Royal Museum for Central Africa, Tervuren (inv. no. EO.1963.11.3), collected before 1920.

MALCOLM Volume Two: Paris

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Paris