25
25
Kazuo Shiraga
UCHOTEN (ECSTASY)
SIGNED IN JAPANESE; SIGNED, TITLED, DATED 1994 AND SIGNED, TITLED, DATED IN JAPANESE ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1994.
Estimate
1,500,0002,500,000
LOT SOLD. 2,103,000 EUR
JUMP TO LOT
25
Kazuo Shiraga
UCHOTEN (ECSTASY)
SIGNED IN JAPANESE; SIGNED, TITLED, DATED 1994 AND SIGNED, TITLED, DATED IN JAPANESE ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1994.
Estimate
1,500,0002,500,000
LOT SOLD. 2,103,000 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Art Contemporain

|
Paris

Kazuo Shiraga
1924 - 2008
UCHOTEN (ECSTASY)
SIGNED IN JAPANESE; SIGNED, TITLED, DATED 1994 AND SIGNED, TITLED, DATED IN JAPANESE ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS. EXECUTED IN 1994.
signé en japonais; signé, titré, daté 1994 et signé, titré, daté en japonais au dos
huile sur toile
182 x 259 cm; 74 3/8 x 102 in.
Exécuté en 1994.
Read Condition Report Read Condition Report

Provenance

Annely Juda Fine Art, Londres
Galerie Georg Nothelfer, Berlin
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel

Exhibited

Kobe, Hyogo Prefectural Museum of Modern Art, Artists from the Hyogo prefecture, 13 janvier - 18 février 1996

Literature

Kazuo Shiraga, catalogue d'exposition du 2 juin au 22 juillet 2001 au Hyogo Prefectural Museum of Modern Art, Kobe, 2001, no. 311, p. 133 et p. 176, illustré
Kazuo Shiraga: Painting born out of fighting, Toyoshina, Azumino Municipal Museum of Art, Amagazaki Cultural Center, Yokosuka Museum of Art, Japon, 2009; catalogue, no. 360, n.p., illustré en couleurs

Catalogue Note

L'oeuvre de Shiraga porte la marque de deux univers, deux esthétiques excessivement différentes que presque lui seul a su marier : l'expressionnisme occidental et le lyrisme oriental. 

Antonio Saura, Shiraga ne peint pas avec les pieds, catalogue de l'exposition Kazuo Shiraga, Toulouse, 1993

 

Il ne faut pas croire en une vision ethnocentriste du monde. Penser que l'action menée aux Etats-Unis par les pionniers de l'expressionnisme abstrait dans les années 1950 fut à l'epoque la seule pierre apportée à l'édifice de la grande histoire de l'art. Au même moment où Jackson Pollock et Willem de Kooning révolutionnaient à jamais l'approche que l'on avait de la peinture en occident, un groupe d'artistes japonais développaient une démarche tout aussi essentielle de l'autre côté du globe.

 

Membre de l'association artistique la plus avant-gardiste et radicale de l'histoire du Japon, la "Gutai Bijutsu Kyokai", Kazuo Shiraga élabora dans l'immédiat après-guerre une philosophie et une technique qui firent de lui non seulement l'un des plus éminents représentants du groupe mais aussi l'un des artistes asiatiques qui firent école dans le monde entier. Conjonction de Gu (instrument) et Taï (corps) et prônant de ce fait la réconciliation entre le corps et le pinceau, Gutaï procède lui-même de Zerokaï, mouvement fondé quelques années auparavant par Shiraga avec pour ambition de créer un art libre de toute intention et de toute convention. 

 

En disposant la toile par terre, à même le sol, et en utilisant ses pieds pour y déposer d'épaisses couches de peinture dessinants d'impressionnants enchevêtrements d'arcs et de volutes, Shiraga instaure un nouveau rapport à l'oeuvre. "Je voulais peindre comme si j'allais au combat. Peindre jusqu'à épuisement, jusqu'à ce que je m'effondre" (Kazuo Shiraga in: catalogue d’exposition, New York, McCaffrey Fine Art, Kazuo Shiraga, 2009, p. 59). 

 

Il émane d'Uchoten une indéniable force vive qui en fait l'un des plus remarquables tableaux de Kazuo Shiraga. C'est cet engagement total du corps et de l'esprit qui lui permis de donner naissance à cette oeuvre aussi explosive que viscérale. Mais Uchoten n'est pas que violence, elle est aussi symbiose, mettant les techniques les plus contemporaines du happening et de la performance au service de la tradition ancestrale de la calligraphie.

 

Comme Yves Klein, qui utilisait à la fin des années 1950 et au début des années 1960 des pinceaux humains pour réaliser ses Anthropométries, et Jackson Pollock, qui suivait de près les apports des artistes de l'avant-garde japonaise à la même époque, Shiraga fait ici la démonstration d'un époustouflant génie créatif qui lui permet de livrer une oeuvre aussi monumentale que triomphante.

 

 

 

 

 

Shiraga is simultaneously involved in two very different aesthetic universes: the existential expressiveness of Western art and the pantheist transcendence of Oriental art.

Antonio Saura, Shiraga ne peint pas avec les pieds, exh. cat. Kazuo Shiraga, Toulouse, 1993

 

In the wake of the Second World War, the revolution in painting – propelled by a move towards Abstract Expressionism by pioneers such as Jackson Pollock and Willem de Kooning in the West – saw a similar development on the other side of the world. 

 

Exhibiting an intense dynamism, Uchoten is a stunning example of Kazuo Shiraga's radical ‘performance paintings’. A pivotal member of Japan’s most remarkable avant-garde art collective – The Gutai Bijutsu Kyokai (Gutai Art Association) – Shiraga’s technique epitomises the group quest for a radical new artistic expression. Gutaï itself arose from another movement called Zerokaï and founded by Shiraga in 1952 with the aim of creating an art free of all intentions and conventions. The conjunction of gu (instrument) and taï (body), Gutaï praised the reconciliation between the body and matter, between the energy spent by the artist’s action and the medium of its expression. 

 

By placing his works flat on the floor and using his feet to spread thick layers of paint across the surface of the canvas in energetic gestural moves, Shiraga wanted to “paint as though rushing around on a battlefield, exerting" himself "to collapse from exhaustion" (Kazuo Shiraga quoted in: Exh. Cat., New York, McCaffrey Fine Art, Kazuo Shiraga, 2009, p. 59). The uninhibited action allowed the artist to fully immerse himself in the work, merging body with matter in a fluid, explosive, visceral synthesis. 

 

The compositional complexity of Uchoten continually fluctuates between rhythmic calligraphic sways and the disorganised chaos of unrestrained action painting. Colliding with the colossal swipes of luscious black are electric yet elegant lashes of deep coulours, whose charged hues and virtuosity calligraphic touch infuse the work with the poetic marriage of innovation and tradition. Uchoten radiates with chromatic potency as sumptuous strokes intersect in a mesmerising dance. With its frenzied poetic chaos and vibrancy, the painting is an arresting vestige of the innovation that most defines Shiraga's unique visual language and artistic philosophy. 

 

Like Yves Klein, who utilised naked women as ‘human paintbrushes’ in his Anthropométries of the late 1950s and 1960s, and Jackson Pollock, who showed a distinct interest in the expressive idiom of the radical Japanese artists, Shiraga developped such a visceral gestural language that his radical paintings stand as exceptional milestones in the history of twentieth-century art. 

 

Art Contemporain

|
Paris