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PROVENANT DE L'ANCIENNE COLLECTION GÜNTER UECKER, DÜSSELDORF

Yves Klein
ANTHROPOMÉTRIE, SANS TITRE (ANT 135)
SIGNED WITH THE MONOGRAM, INSCRIBED AND DATED 1961; DRY PIGMENT AND SYNTHETIC RESIN ON PAPER LAID DOWN ON CANVAS. EXECUTED IN 1961.
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PROVENANT DE L'ANCIENNE COLLECTION GÜNTER UECKER, DÜSSELDORF

Yves Klein
ANTHROPOMÉTRIE, SANS TITRE (ANT 135)
SIGNED WITH THE MONOGRAM, INSCRIBED AND DATED 1961; DRY PIGMENT AND SYNTHETIC RESIN ON PAPER LAID DOWN ON CANVAS. EXECUTED IN 1961.
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Details & Cataloguing

Art Contemporain

|
Paris

Yves Klein
1928 - 1962
ANTHROPOMÉTRIE, SANS TITRE (ANT 135)
SIGNED WITH THE MONOGRAM, INSCRIBED AND DATED 1961; DRY PIGMENT AND SYNTHETIC RESIN ON PAPER LAID DOWN ON CANVAS. EXECUTED IN 1961.
signé du monogramme, inscrit et daté 1961
pigment pur et résine synthétique sur papier marouflé sur toile 
64,8 x 115 cm; 25 1/2 x 45 1/4 in.
Exécuté en 1961.
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Provenance

Günther Uecker, Dusseldorf
Galerie Gmurzynska, Zug
Collection particulière, Allemagne
Vente: Sotheby's, Londres, Contemporary Art, 26 juin 2012, lot 54
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Exhibited

New York, Hirschl & Adler Modern, Yves Klein, Brice Marden, Sigmar Polke, avril - mai 1989; catalogue, n.p., no. 3, illustré en couleurs

Literature

Paul Wember, Yves Klein, Cologne, 1969, p. 113, illustré

Catalogue Note

Yves Klein, Gunther Uecker, deux artistes majeurs de la deuxième partie du XXe siècle animés par des passions analogues, mus par des idéaux communs. « Je veux montrer l’homme dans la nature par les traces et les marques qu’il y laisse malgré lui et qui sont toujours d’une grandeur merveilleuse, artificielle, éphémère et pourtant indestructible à jamais » disait Yves Klein. Comme son beau-frère -rappelons que Rotraut Uecker fut la femme d’Yves Klein- Gunther Uecker aspirait à la réconciliation de l'homme avec la nature. Proche du groupe ZERO fondé par Heinz Mack et Otto Piene en 1958, rejoints par Gunther Uecker en 1961, Yves Klein fut l’un des premiers artistes de sa génération à se démarquer des tendances expressionnistes et abstraites de l’époque pour se lancer dans une entreprise ambitieuse : donner une forme à l’universalité. Dès le mois de mai 1957, Klein expose à la galerie qui allait devenir le principal lieu de l’orchestration de ZERO, celle d’Alfred Schmela, à Düsseldorf. Un acte fort dans une Europe où les échanges entre France et Allemagne sont excessivement rares. Mais aussi un acte fondateur marquant le début d’une collaboration internationale autour du projet commun de ZERO, réunissant temporairement plusieurs « familles d’artistes » (Nouveaux réalistes, Gutaï, Gruppo nucleare…) qui changeront la face du monde de l’art en quelques années.

L’œuvre d’Yves Klein repose sur un éternel paradoxe, un équilibre délicat entre des forces contraires : figuration et abstraction, visible et invisible, spontané et intentionnel. Posant de manière exemplaire les questions de la mesure du vivant, de la matérialité et de la représentation, Anthropométrie, Sans Titre (ANT 135) illustre parfaitement la dualité de son travail. Terme dérivant du grec anthropos (homme) et métrie (mesure), les Anthropométries sont le résultat de performances réalisées en public pendant lesquelles Yves Klein dirige ses modèles dont les corps couverts d'une peinture bleu outremer brevetée sous le nom d’IKB (International Klein Blue) viennent s’appliquer sur des toiles tendues à cet effet.

« Je me suis servi de pinceaux vivants pour peindre, en d’autres termes du corps nu de modèles vivants enduits de peinture, ces pinceaux vivants étant constamment placés sous mes ordres » explique Yves Klein dans Le manifeste de l’hôtel Chelsea qu’il rédige en 1961.

Dans le cas d’Anthropométrie, Sans Titre (ANT 135), les différentes parties du corps des modèles que sont les  ventres, les fesses, les seins sont à peine identifiables. Et pourtant, nous sommes bien en présence de véritables corps et non pas simplement de l’illusion de corps que l’on trouve dans la plupart des œuvres figuratives. Klein opère ainsi un retour à la figure dans un espace pictural où l’illusion de la troisième dimension disparaît au profit d’une peinture qu’il appelle « première », où se confondent sujet, objet et médium, et qui porte la trace littérale de la présence du modèle sur le tableau. Par cette présence, Anthropométrie, Sans Titre (ANT 135) révèle le beau à partir d’une captation du monde qui permet de mieux comprendre la conception qu'Yves Klein se faisait de l’art : faire advenir dans le moment vécu, par la surprise et la provocation, une sensibilité nouvelle.

Yves Klein, Gunther Uecker, two major artists from the second half of the 20th century, animated by a similar passion, moved by the same ideal. ““I want to show man in nature through the traces and marks that he leaves there despite himself and which are always of a marvelous, artificial, ephemeral grandeur and yet eternally indestructible” declared Yves Klein. Like his brother in law – Rotraut Uecker was Yves Klein’s wife – Gunther Uecker aspired to the reconciliation of man with nature. Close to the group ZERO founded by Heinz Mack and Otto Piene in 1958, joined by Gunther Uecker in 1961, Yves Klein was one of the first artists of his generation to stand out from the expressionist and abstract art movements of the time to throw himself into an ambitious endeavor: to give a form to universality. In May 1957, Klein exhibited at the gallery which was to become the main site for the group ZERO, the Alfred Schmela Gallery in Dusseldorf. A strong act in Europe where exchanges between France and Germany were extremely rare. But also a founding act marking the beginning of an international collaboration around ZERO’s shared project, temporarily bringing together several “families of artists” (the Nouveaux réalistes, Gutaï, Gruppo nucleare…) which would change the face of the art world in a few years.

Yves Klein’s work is based upon an eternal paradox, a delicate balance between contradictory forces: figuration and abstraction, visible and invisible, the spontaneous and the intentional. Questioning, in an exemplary manner, the measure of life, of materiality and of representation, Anthropométrie, Sans Titre (ANT 135) perfectly illustrates the duality of his work.  A term deriving from the Greek Anthropos (man) and métrie (measure), the Anthropométries are the result of performances made in public during which Yves Klein directed his models whose bodies are coated with a specific, recognizable deep blue paint that the artist patented under the name of IKB (International Klein Blue), to print themselves against canvases stretched for this purpose.

“I used living paintbrushes for painting, in other words the naked bodies of models coated with paint, these living paintbrushes were constantly placed under my orders” explained Yves Klein in Le manifeste de l’hôtel Chelsea that he wrote in 1961.

In the case of Anthropométrie, Sans Titre (ANT 135) the different parts of the models’ bodies, their stomachs, thighs and breasts are hardly identifiable and yet we are in the presence of real bodies and not simply the illusion of bodies that can be found in figurative works. Klein thus brings about a return to the figure within a pictorial space where the illusion of a third dimension disappears in favour of what he termed a “primary” painting, where subject, object and medium combine and which bears the literal trace of the model’s presence. In Anthropométrie, Sans Titre (ANT 135) this presence reveals a beauty captured from the world which allows for a better understanding of Klein’s conception of art: to bring about, through surprise and provocation, a new sensibility in an experienced moment.

 

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