11
11
Nicolas-Bernard Lépicié
LOUIS-PHILIPPE, DUC DE VALOIS, AU BERCEAU
NICOLAS-BERNARD LÉPICIÉ ; LOUIS-PHILIPPE, DUKE OF VALOIS, ON THE CRADLE ; SIGNED AND DATED LOWER LEFT LÉPICIÉ 1774 ; OIL ON PANEL ; ON THE REVERSE, THE ROYAL STENCIL MARK L.P.O CROWNED
Estimate
150,000200,000
LOT SOLD. 231,000 EUR
JUMP TO LOT
11
Nicolas-Bernard Lépicié
LOUIS-PHILIPPE, DUC DE VALOIS, AU BERCEAU
NICOLAS-BERNARD LÉPICIÉ ; LOUIS-PHILIPPE, DUKE OF VALOIS, ON THE CRADLE ; SIGNED AND DATED LOWER LEFT LÉPICIÉ 1774 ; OIL ON PANEL ; ON THE REVERSE, THE ROYAL STENCIL MARK L.P.O CROWNED
Estimate
150,000200,000
LOT SOLD. 231,000 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Une Collection pour l’Histoire Importants tableaux, dessins, meubles et souvenirs historiques appartenant à la Famille de France

|
Paris

Nicolas-Bernard Lépicié
PARIS 1735 - 1784
LOUIS-PHILIPPE, DUC DE VALOIS, AU BERCEAU
NICOLAS-BERNARD LÉPICIÉ ; LOUIS-PHILIPPE, DUKE OF VALOIS, ON THE CRADLE ; SIGNED AND DATED LOWER LEFT LÉPICIÉ 1774 ; OIL ON PANEL ; ON THE REVERSE, THE ROYAL STENCIL MARK L.P.O CROWNED
Signé et daté en bas à gauche Lépicié 1774 
Huile sur panneau
Au revers du panneau la marque royale au pochoir L. P. O couronné
54,5 x 41 cm ; 21 1/2 by 16 1/8 in
Read Condition Report Read Condition Report

Provenance

Collection du duc d'Orléans avant 1793 ;
Confisqué au duc d'Orléans le 26 brumaire an II (1793) ;
Collection Dennoor avant 1797 ;
Sa vente, Paris, 14 mars 1797, n°88 ;
Probablement collection duc de Dino, avant 1879 ;
Probablement sa vente, Paris, Me Escribe, 24 février 1879, n°22 (4675 francs à M. Morhaim comme signé et daté 1773 et avec un petit chien (sic));
Collection Mgr le Comte de Paris en 1975.

Exhibited

Salon de 1775, n° 20 ;
Louis-Philippe, l’homme et le roi,
 1773-1850, Paris, Archives Nationales, Hôtel de Rohan, octobre 1974 - février 1975, p. 28 n°19 (repr. en frontispice)

Literature

Anonyme, La lanterne magique aux Champs-Elysées, Paris, 1775, pp. 13-14 ;
Bachaumont, Mémoires secrets, Lettre II, Sur les peintures, Sculptures et gravures de Messieurs de l'Académie Royale, exposées au Salon du Louvre le 25 Aout 1775, Paris, 23 septembre 1775, Paris, 1995 (dernière édition consultée), p. 55 ;
D. Diderot, Salons, Oxford, 1967 (Ed. J. Seznec), p. 244, 280 ;
Registre de réception des objets d'art...trouvés chez les émigrés et condamnés, Archives Nationales, registre F 17-23 A, 26 brumaire an II ;
E. Bellier de la Chavignerie et L. Auvray, Dictionnaire général des artistes des Ecoles Françaises depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours, Paris, 1881, t. I, p. 1013 ;
Ph. Gaston-Dreyfus, Catalogue, oeuvre posthume de l'oeuvre de N. B. Lépicié (1735-1784), nl, nd, n° 64 (comme signé et daté 1773) ;
Ph. Gaston-Dreyfus, « Catalogue de l'oeuvre peint et dessiné de Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784) », Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Paris, 1923, n°80 ;
P. Etienne, Nicolas Bernard Lépicié (1785-1784), état des connaissances et apports nouveaux, Paris, 1997 (mémoire de maîtrise), p. 50, cat. 80, reproduit pl. 36

Catalogue Note

« C’était le peintre de la nature et tout ce qu’il faisait portait le caractère de la vérité »[1] écrivait un critique du Salon de 1785 à propos de l’art de Lépicié.
Ce peintre à la carrière fugitive, comptait comme un des observateurs les plus sensibles de sa période. Il avait toute sa carrière ambitionné d’intégrer l’Académie comme peintre d’Histoire, et y était arrivé, mais au prix de sa véritable inclination. Il se voulait le peintre des mythologies, des sujets jugés préférables, alors qu’il excellait dans les tendres portraits de ses élèves, d’enfants modestement vêtus, de cette vie simple qu’il apercevait depuis le Louvre où il habitait. Profondément parisien, il avait toujours vécu parmi les artistes dans le logement de fonction donné à son père au Louvre. Son père était graveur académicien, et sa mère gravait aussi et avait laissé de belles épreuves de Chardin et Téniers. Ces deux grands artistes gravés par sa mère allaient certainement marquer notre jeune artiste qui « se faisait toujours goûter quand il ne s’élevait pas au genre de l’histoire »[2] comme le disait Bachaumont.

Habitué aux peintures d’enfants de la bourgeoisie, il laissa néanmoins quelques portraits de l’aristocratie. La Famille Leroy (musée Pouchkine) représente bien le conseil d’une riche famille, fédérée pour un instant autour d’un prêtre. Notre peinture montre, quant à elle, la famille princière d’Orléans. Les personnages sont de qualité, mais la douceur qui baigne l’ensemble par ce « ton argentin, cette touche savante » ainsi que le décrivait les critiques de son art[3] est exactement la même que celle qui irradiait déjà le lever banal d’une jeune servante dans Le lever de Fanchon[4].
Un même goût de la simplicité se lit dans l’émotion ordinaire d’un parent – le duc d’Orléans (1747-1793) – soulevant le rideau pour vérifier le sommeil de son jeune bébé. Le nouveau-né n’a que quelques mois, puisque Louis-Philippe, était né en octobre 1773 et notre toile est datée par le peintre de l’année suivante. Certainement effectuée au Palais-Royal, où Louis-Philippe était né, le tableau semble être une rare preuve des premiers mois du futur Roi. Lépicié ne s’éloignait jamais de son quartier, et pourquoi l’aurait-il fait puisque son voisinage lui prêtait l’observation des plus modestes scènes quotidiennes, comme des naissances des nouveaux gouvernants.
La composition du tableau avait dû être un émerveillement pour Lépicié. Ainsi ne se priva-t-il pas de détailler les riches fauteuils aux palmettes de passementerie, le lit doré avec ses frises de postes et ses velours cramoisis, les soies vertes bordant le bébé au teint de porcelaine et enfin les dentelles traitées dans un magnifique jeu de transparence par à-coups minutieux. Le portrait du jeune serviteur noir, surnommé Scipion, semble également avoir séduit le peintre qui attira l’attention sur ce profil exotique, en lui faisant tenir dans les mains un chat hérissé, qu’il détourne pour protéger le nouveau-né.



[1] Philippe Gaston-Dreyfus, Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784), Librairie Armand Colin, Paris, 1923, p. 20.
[2] op. cit., p.19.
[3] L’année littéraire, 1773, cité par Gaston-Dreyfus, p. 21
[4] Le Lever de la jeune fille ou « lever de Fanchon », Musée de l’hôtel Sandelin, Saint-Omer et actuellement visible au musée Marmottan

« He was a painter of nature and everything he did was imbued with the truth » wrote an anonymous critic about the art of Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784), during the Salon of 1785.
Nicolas Bernard Lépicié is often considered as one of the most sensitive observers of his time. Although he had dreamed of becoming a history painter, his contemporaries thought him more talented as a genre painter. His father was an académicien and his mother engraved works by Chardin. Although he usually painted the children of the bourgeoisie, a painting in the Pushkin Museum does represent an aristocratic family gathered around a priest.
Our painting shows the future royals, the Orléans family. Despite the exceptional status of the sitters, Lépicié has not altered his style here. He depicts the family with the same tenderness used, for example, in illustrating the rousing of a servant in his work The Awakening of Fanchon (Musée de l’Hôtel Sandelin, Saint-Omer). In the present work, the duc d’Orléans (1747-1793) lifts up a curtain to watch his young baby, the future King Louis-Philippe, sleeping. As Louis-Philippe was born in October 1773 and our painting is dated 1774, this work would appear to be a unique testimony to future king of the Palais-Royal’s first months. The composition is lavished with a wealth of detail, emphasising the rich velvet of the chairs or the curtains surrounding the baby. Lépicié seems to also have spent time over the portait of the young black servant Scipion, whose exotic profile is painted with care.

Une Collection pour l’Histoire Importants tableaux, dessins, meubles et souvenirs historiques appartenant à la Famille de France

|
Paris