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François Boucher
PASTORALE AVEC DES LAVANDIÈRES ET UN COUPLE AU BORD DE L’EAU
FRANÇOIS BOUCHER ; PASTORAL LANDSCAPE WITH WASHERWOMEN AND A COUPLE ON A RIVER BANK ; OIL ON CANVAS
Estimate
120,000180,000
LOT SOLD. 267,000 EUR
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François Boucher
PASTORALE AVEC DES LAVANDIÈRES ET UN COUPLE AU BORD DE L’EAU
FRANÇOIS BOUCHER ; PASTORAL LANDSCAPE WITH WASHERWOMEN AND A COUPLE ON A RIVER BANK ; OIL ON CANVAS
Estimate
120,000180,000
LOT SOLD. 267,000 EUR
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Details & Cataloguing

Collection Louis Grandchamp des Raux : Le choix de l’élégance En association avec Artcurial

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Paris

François Boucher
PARIS 1703 - 1770
PASTORALE AVEC DES LAVANDIÈRES ET UN COUPLE AU BORD DE L’EAU
FRANÇOIS BOUCHER ; PASTORAL LANDSCAPE WITH WASHERWOMEN AND A COUPLE ON A RIVER BANK ; OIL ON CANVAS

Provenance

Collection M. L. Lévy ;
Sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, 18-19 juin 1917, n°10 (20 000 francs) ;
Collection Maurice Fenaille puis Madame Fenaille, Paris ;
Par descendance collection du comte et de la comtesse de Panafieu ;
Leur vente, 9 février 1959, reportée au 23 juin 1959,lot n°12, repr. pl. VII ;
Vente anonyme, Paris, Tajan 14 décembre 2006, lot n°34 ;
Acquis à cette vente

Exhibited

François Boucher, Paris, Fondation Foch en l'Hôtel Particulier de M. Jean Charpentier, 9 juin - 10 juillet 1932, n°88 ;
L’art français au XVIIIe siècle, Copenhague, Palais de Charlottenborg, 1935, n°21 ;
Paysage de 1400 à 1900, Paris, Galerie Seligmann, 1938, n°36 ;
De Watteau à Prud’hon, Paris, Galerie des Beaux-Arts, 11 – 31 mai 1956, n°10

Literature

M. Fenaille, François Boucher, Paris, 1925, p. 59 ;
J. Mathey, « Fantasy in Boucher’s landscapes and Fragonard’s figures », in The Connoisseur, mai 1961, p. 303, fig. I ;
A. Ananoff et D. Wildenstein, François Boucher, Lausanne-Paris, 1976, vol. II, p. 251, n° 608, fig. 1624 ;
A. Ananoff et D. Wildenstein, L’Opera completa di Boucher, Milan, 1980, p. 137, n° 643 ;

Catalogue Note

François Boucher élève le genre de la scène pastorale au rang des sujets les plus nobles au XVIIIe siècle. Longtemps peu considéré ou presque ignoré par l’Académie royale, le paysage champêtre ou le paysage classique n’avait avant l’artiste que très peu d’écho. Seul Antoine Watteau avec l’invention de la scène galante, paysage où l’on évoque les activités frivoles d’une société en quête d’amusement, avait réussi à créer un sujet propre à l’esprit du XVIIIe siècle naissant. François Boucher invente véritablement la scène pastorale (animée de paysans ou de lavandières). Par la touche tout d’abord, fine et délicate, subtile et parfois aussi, ronde, grasse et généreuse. Par la couleur ensuite, également bleutée, verdoyante, rosée bien souvent, généralement gaie et féminine. Il associe avec succès la couleur et la forme à la rondeur et la grâce d’un XVIIIe siècle rayonnant et rococo.

Notre tableau est un exemple de la générosité technique de l’artiste. La vigueur de sa facture, empreinte de touches épaisses servant la poésie de sa composition. Les gestes des lavandières venues travailler au bord du ruisseau participent à l’élégance du paysage, l’une et l’autre en pleine osmose. Cette belle scène pastorale reflète ici tout le charme du travail de Francois Boucher. Elle dévoile avec justesse un subtil mélange entre l’observation de la réalité et l’idéalisation. L’horizon est défini par de grandes frondaisons qui ne ménagent au regard que d’étroites échappées. Les taches de couleurs des drapés forment des accents clairs et brillants sur un fond végétal. L’artiste insiste sur le teint rosé des modèles, la texture des étoffes et des rubans. Il met en scène les personnages dans un jeu de lumière subtil. Les tableaux de François Boucher font dès lors le lien entre le paysage idéal ou héroïque du XVIIe siècle et la peinture de paysage romantique qui apparaît à la fin du XVIIIe siècle.

Fils d’un marchand d’estampes français, François Boucher fut formé dans l’atelier de François Lemoyne. En 1720, il remporte le prestigieux Grand Prix de Rome et séjourne de 1727 à 1731 en Italie. Boucher fut reçu à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture en 1734. Il voit alors se multiplier les commandes royales et son art suscite l’intérêt d’amateurs avisés tels que la marquise de Pompadour ou le comte de Tessin, ambassadeur de Suède à Paris. En 1765, il fut nommé Premier peintre du Roi au service de Louis XV, ainsi que Directeur de l’Académie.

Pour Alastair Laing, ce tableau doit être rapproché du Château et moulin à eau dans un paysage (voir Ananoff & Wildenstein, cat n° 609) qu'il a identifié comme étant l'esquisse pour le décor de la représentation de 1765 de l'intermède Le devin du village de Jean-Jacques Rousseau. Notre tableau peut donc être daté vers 1765.

Nous remercions Alastair Laing qui nous a permis de dater le tableau et nous a aidé dans la rédaction de cette notice.


François Boucher elevated the pastoral scene genre in the hierarchy to the noblest themes during the 18th century. For a long time, the countryside or classical landscape subject was rarely regarded or almost ignored by the Royal Academy hence receiving little praise, until Boucher. Only Antoine Watteau, with the creation of the gallant scene with landscapes evoking a bourgeoisie’s frivolous activities for seeking entertainment, had succeeded in formulating a subject relating to the emerging spirit of the 18th century. François Boucher truly reinvented the pastoral scene often animated with peasants or washerwomen. At first, he used a fine and delicate stroke that transpired into a subtle and sometimes round, thick and generous manner. Then colors, whether bluish, greenish and often pinkish, were usually cheerful and feminine. He successfully combined the color and the curving shapes with grace stemming from the radiant and Rococo 18th century.

Our painting is a true example of the artist’s generous skill. The strength of his stroke and thick touches enhance the poetry of this composition. The activity of the washerwomen working along the stream plays a role in the landscape’s elegance, both in complete osmosis. This beautiful pastoral scene reflects all the charm of François Boucher’s work. It reveals aptly the gentle blending between observation of reality and idealization. The horizon is defined by large foliage with few narrow escapes for viewing. The dabs of color on the drapery form bright and gleaming embellishments against the vegetation background. The artist insists on pink fleshy tones for the models, fabric and ribbon textures. He stages the figures in a play of subtle light. Therefore François Boucher's works link the ideal or heroic landscape from the 17th century and the romantic panoramas that appeared at the end of the 18th century.

François Boucher was the son of a French prints dealer and trained in François Lemoyne’s studio. In 1720, he won the prestigious Grand Prix de Rome and stayed in Italy from 1727 to 1731. Boucher was accepted into France’s Royal Academy of Painting and Sculpture in 1734. Consequently, his royal commissions multiplied and his art interested erudite admirers like Marquise de Pompadour and the Count of Tessin, the Swedish ambassador in Paris. In 1765, he was appointed First Painter to King Louis XV as well as Director of the Academy.

According to Alastair Laing this painting is comparable with Chateau and Watermill in Landscape (consult Ananoff & Wildenstein cat n°609) which he has identified as a sketch for the set of the 1765 performance of the one-act opera, The Village Soothsayer by Jean-Jacques Rousseau. Our painting could be dated circa 1765.

We are grateful to Alastair Laing for dating the work and his assistance in preparing the cataloguing.

 

Collection Louis Grandchamp des Raux : Le choix de l’élégance En association avec Artcurial

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Paris