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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Masque d'épaule, Baga, Guinée
BAGA SHOULDER MASK, GUINEA

Provenance

Collection Pierre Vérité, Paris
Transmis par descendance
Alain de Monbrison, Paris
Collection Frum, acquis en 2005

Literature

Frum, Collecting: A work in progress, 2013, p. 72, n° 32

Catalogue Note

"La vente Vérité fut autant une vente aux enchères qu'un congrès. Les collectionneurs et les marchands se donnaient rendez-vous dans des cafés et des restaurants pour discuter des œuvres et spéculer sur leurs possibles enchérisseurs et résultats. [...] Très peu savaient que j'étais parvenu à m'immiscer dans l'intrigue précédant la vente. [...] Avant la vente, mon bon ami Alain de Monbrison avait convaincu Vérité de lui permette de vendre en privé quelques pièces de la collection. C'est ainsi que je suis parvenu à acquérir la célèbre Baga Vérité, probablement la plus remarquable figure Baga au monde. Il s'agit d'une tête monumentale qui était dansée lors de cérémonies religieuses. Il n'existe que six ou sept de ces œuvres considérées comme authentiques et, en dehors de celle de Vérité, toutes sont conservées dans des musées.
Nancy et moi étions à Paris lorsque Alain apporta la Baga dans sa galerie, avec l'intention de la garder dans une réserve, hors de vue, jusqu'à ce qu'il put décider de son prix et de la personne à qui il la proposerait. Sa théorie était qu'aucun collectionneur sérieux ne déclinerait l'offre de cette pièce emblématique. Lorsqu'il me la montra, je ne ménageai pas mes efforts pour l'acquérir et emportai sa décision de me la vendre" (Murray Frum, Collecting. A work in Progress, p. 91). 

Les masques d'épaule nimba (ou dimba) étaient dansés, selon les sous-groupes Baga, à l'occasion des festivités liées au cycle de la céréale, lors des rites de passage ou encore des rituels funéraires. Leur usage fut interdit par le gouvernement de Sekou Touré à partir de 1958 et le corpus des Nimba collectées avant cette date se résume à une quinzaine d'œuvres. Selon Frederic Lamp (Art of the Baga, 1996, p. 155-179), leur révolutionnaire langage sculptural, qui inspira nombre d'artistes modernes, dont en particulier Picasso, puise dans l'histoire même du peuple Baga, contraint à l'exil par les peuples Peuls, avant le XVe siècle. "L'établissement d'une nouvelle société, régie par de nouvelles conditions politiques et sociales", se traduisit dans cette image idéalisée de la femme symbolisant, en même temps que la rigueur et la dignité, les valeurs de la fécondité, de la fertilité de la terre et de l'abondance des récoltes (idem). 

Au sein de cet étroit corpus constituant l'une des expression les plus emblématiques de l'art africain, cette Nimba s'impose par le prodigieux élan du visage projeté vers l'avant, et par sa très grande ancienneté. Sa morphologie l'apparente étroitement à la première Nimba référencée en Europe et aujourd'hui conservée au musée du quai Branly (inv. n° 71.1902.38.1), qui fut collectée par le Lieutenant Brocard vers 1886, dans le village de Tshalbonto - enclave Baga Sitemu située sur l'autre rive du Rio Nunez (Clouzot et Level, L'Art Nègre et l'Art Océanien, 1919, pl. XXXIX). 

"The Vérité sale was as much a convention as it was an auction. Collectors and dealers met in cafes and restaurants to discuss the objects and to speculate about who would bid how much. [...] Very few were aware I had managed to indulge in part of the pre-auction intrigue. [...] Before the sale, Monbrison had convinced Vérité to allow him to sell a few pieces privately, which is how I managed to acquire the famous Vérité Baga, probably the finest Baga figure in the world. It is a massive head that would have been danced during a religious ceremony, held aloft by four men. Worldwide, there are only six or seven considered authentic and, apart from the Vérité Baga, they all reside in museums.

Nancy and I happened to be in Paris on the day Alain brought the Baga to his gallery, intending to keep it in the basement, out of sight, until he could decide how much to ask for it and to whom he would offer it. His theory was that no serious collector offered this iconic African piece would be able to turn it down. And once he showed it to me, I was relentless and prevailed upon him to let me buy it." (Murray Frum, Collecting. A work in progress, p.71)

Nimba (or Dimba) shoulder masks were danced, depending on the Baga sub-groups, during celebrations related to the cereal cycle, rites of passage or funeral rituals. Their use was banned by Sekou Toure's government in 1958 and the Nimba corpus collected before this date comprises fifteen pieces. According to Frederick Lamp (Art of the Baga, 1996, p. 155-179), their revolutionary sculptural language, which inspired many modern artists including Picasso, taps into the very history of the Baga people, forced into exile by the Fulani people before the fifteenth century. "The establishment of a new society, subject to new political and social conditions", was reflected in this idealized image of women symbolizing with rigour and dignity the values of fecundity, fertility of the soil and great crop harvests (ibid).

Within this narrow corpus, which is one of the most emblematic expressions of African art, this Nimba stands out for the tremendous momentum of its forward projecting face and its great antiquity. Its morphology closely resembles that of the first Nimba recorded in Europe, now in the Quai Branly museum (inv No. 71.1902.38.1.), which was collected by Lieutenant Brocard circa 1886, in the village of Tshalbonto - a Baga Sitemu enclave on the other bank of the Rio Nunez (See Clouzot and Level, L'Art Nègre et l'Art Océanien, 1919, pl. XXXIX). 

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