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Statue, Dondo-Kamba, République du Congo
 DONDO-KAMBA FIGURE, REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
150,000200,000
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Statue, Dondo-Kamba, République du Congo
 DONDO-KAMBA FIGURE, REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
150,000200,000
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Statue, Dondo-Kamba, République du Congo
 DONDO-KAMBA FIGURE, REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Acquis in situ par l'explorateur Charles Perdrizet (1869-1952), vers 1890
Collection Raoul Lehuard, Arnouville
Philippe Ratton - Daniel Hourdé, Paris
Alain Lecomte, Paris
Collection Daniel et Carmen Klein

Exhibited

Paris, Galerie Ratton-Hourdé, Bembé. Fétiches médecine de la Vallée du Niari. Collection de Robert et Raoul Lehuard, décembre 1998

Literature

Lehuard, Art Bakongo. Les centres de style, vol. I, 1989, p. 169, n° A 5-2
Lehuard, Art Bakongo. Les centres de style, vol. II, 1989, p. 627
Felix, Art & Kongos. Les peuples kongophones et leur sculpture. Biteki bia Bakongo, Volume 1 : Les Kongos du Nord, 1995, p. 188-189, n° 6
Lehuard, Bembé. Fétiches médecine de la Vallée du Niari. Collection de Robert et Raoul Lehuard, 1998, p. 26-27
Lehuard et Lecomte, Statuaire Babembé, 2010, p. 184-185, n° 106 a-b

Catalogue Note

C’est Raoul Lehuard qui, dans son magistral ouvrage Art Bakongo. Les centres de style (1989, p. 157-169), identifia pour la première fois le « style Dondo-Kamba » de la vallée du Niari (Nord-Est du pays Kongo), à partir de deux œuvres documentées du Götesborg Etnografiska Museet, collectées dans la région en 1909 et 1910. Le style qu’il esquissa (« l’un des plus réalistes du Bas-Zaïre », caractérisé par un corps longiforme, l’expression concentrée du visage, une coiffure en calotte et le front orné d’un tatouage en losange) fut précisé par Marc Felix dans Art & Kongos (1995), notamment en distinguant, à partir d’un même substrat Sundi, l’histoire et les traditions spécifiques des groupes voisins Dondo et Kamba.  

Collectée par l’explorateur Charles Perdrizet vers 1890, cette statue constitue, avec celle du musée d’ethnographie de Genève (inv. n° 21318, cf. Lehuard, idem, p. 165), les deux grands nkonde illustrant, selon Marc Felix, le style Kamba. « Parmi les objets métalliques plantés dans le corps de ces statues, les lames de couteau sont nombreuses et, fait singulier (sur la statue Perdrizet), certaines lames ont conservé leur manche. Ces statues sont mieux proportionnées, plus naturalistes et moins longiformes que chez les voisins du sud, les Sundi, les Manyanga et les Dondo » (Felix, idem, p. 188). 

Tandis que s’imposent, dans la patine et les inclusions de fers-monnaies et de fers-outils (et non de clous européens), les signes visibles de sa très grande ancienneté au moment reculé de sa collecte, se révèle également, dans la prégnance du visage et dans le détail des scarifications et de la coiffe, l’expression la plus aboutie du style. De la grande tradition Kongo dont les Kamba se réclament, cette statue constitue, à travers la thématique des « fétiches à clous » nkonde et le geste de la langue tirée (signe de conjuration), l’une des démonstrations les plus éloquentes.  

Elle rappelle enfin le pouvoir prépondérant des femmes dans la société Kamba, autrefois matriarcale (cf. Felix, idem, p. 186-187). La sculpture leur réserve l’exclusivité de son répertoire iconographique, les représentant non pas dans le rôle de mère mais dans celui de dignitaire et, comme ici, de puissant intercesseur.



It was Raoul Lehuard who, in his seminal book,
Art Bakongo, les centres de style (1989, p. 157-169), was the first to identify the "Dondo-Kamba style" in the Niari valley (in North-Eastern Kongo country) through two documented pieces of the Götesborg Etnografiska Museum, collected in 1909 and 1910. The style he outlined ("One of the most realistic in Lower Zaire"), characterized by an elongated body, the concentrated expression of the face, a shell like coiffure and a diamond-shaped tattoo adorning the forehead, was defined more precisely by Marc Felix in Art & Kongos (1995), who made the distinction between the history and specific traditions of neighbouring Dondo and Kamba groups, from a single Sundi substrate. 

Collected by explorer Charles Perdrizet around 1890, this statue represents, along with that of the Ethnography Museum of Geneva (inv. No. 21318, cf. Lehuard, ibid, p. 165), the two great Nkonde, which – according to Marc Felix – illustrate the Kamba style. "Amongst the metal objects planted in the body of these statues, knife blades are numerous and, singularly (on the Perdrizet statue), some have retained their handles. These statues are more proportionate, more naturalistic and less elongated than those of their southern neighbours – the Sundi, the Manyanga and the Dondo" (Felix, ibid, p. 188).

Whilst the patina and inclusion of iron coins and tools (rather than European nails) are visible signs of its great antiquity at the remote time of its collection, the ultimate expression of the style is also revealed in the forceful presence of the slightly raised face, and in the detail of the scarification and coiffure. Through its Nkonde - "nail fetish" - theme and stuck-out tongue (a sign of conjuration) this statue represents one of the most eloquent demonstrations of the great Kongo tradition as claimed by the Kamba. 

Finally it recalls the paramount power of women in the formerly matriarchal Kamba society (cf. Felix, ibid, p. 186-187). Sculpture grants them exclusivity over its iconographic repertoire, depicting them not as mothers, but as dignitaries and – as is the case here – as powerful intercessors. 

Arts d'Afrique et d'Océanie

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