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Masque en ivoire, Lega, République Démocratique du Congo
LEGA IVORY MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
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Masque en ivoire, Lega, République Démocratique du Congo
LEGA IVORY MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Masque en ivoire, Lega, République Démocratique du Congo
LEGA IVORY MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Très vraisemblablement : Hôtel Drouot, Paris, "Sculptures anciennes en ivoire des Warega" in Tableaux modernes et sculptures nègres, 24 janvier 1947, n° 109, acquis lors de cette vente par Charles Ratton pour le compte d’Édouard Saint-Paul  

Collection Catherine White (Mrs B. Reswick), Cleveland, ca. 1966
Sotheby's, Parke-Benet, New York, 20 mars 1968, n° 169
Collection Hy Klebanow, New York
Collection privée
Sotheby’s, Paris, 5 décembre 2006, n° 216
Collection Liliane et Michel Durand-Dessert, Paris

Exhibited

Paris, La Monnaie de Paris, Fragments du Vivant. Sculptures Africaines dans la collection Durand-Dessert, 10 - 24 septembre 2008

Literature

Paudrat J.L. et Durand-Dessert L. et M., Fragments du Vivant. Sculptures Africaines dans la collection Durand-Dessert, 2008, n.p., n° 147

Catalogue Note

« Grand masque en ivoire de couleur orange. Tatouages en zigzag sur le front et sur les tempes. Les yeux bombés, percés d'une fente. Le nez petit. Les dents sont indiquées ». (Tableaux modernes et sculptures nègres, 24 janvier 1947, n° 109).  

Le 24 janvier 1947, la vente Tableaux modernes et sculptures nègres (Hôtel Drouot, Paris) s'illustre par la dispersion d'un remarquable ensemble d'une vingtaine de  « Sculptures anciennes en ivoire des Warega ». Expert de la vente, Charles Ratton présente cette collection comme « la plus importante, à l'heure actuelle, tant par la qualité des pièces qui la composent, que par leur nombre » (« Objets en ivoire Warega », p. 14 du catalogue de vente). Le chef-d'œuvre de cet ensemble est sans conteste le « grand masque en ivoire », lot n° 109, adjugé pour le prix record de 120 000 francs. Il est acquis lors de la vente par Charles Ratton pour le compte du collectionneur et sculpteur Édouard Saint-Paul (Jean-Louis Paudrat, communication personnelle, 8 avril 2015). Le 20 mars 1968, à New York, Parke-Bernet mettait aux enchères, sous le numéro 169, le seul masque en ivoire dont la description correspond en tous points à celle du chef-d'œuvre de la vente de 1947. La célèbre collectionneuse Catherine White (Mrs James B. Reswick) l'aurait probablement acquis auprès de Charles Ratton vers 1966, au même moment que le trône commémoratif de la reine mère Nindum, aujourd'hui conservé au Seattle Art Museum (inv. n° 81.17.718). 

Les grands masques en ivoire Lega composent un corpus aussi restreint qu'emblématique, célébré par la présence, lors de l'exposition African Negro Art (MoMA, New York, 1935) de ses trois chefs-d'œuvre connus à l'époque, appartenant respectivement aux collections Stoclet, Louis Carré et Bela Hein. La dizaine de témoins aujourd'hui répertoriés se distinguent par leur saisissante individualité artistique, variant de la douceur des formes à la force de l'expression - style dont le masque Durand-Dessert constitue l'apogée. S'y ajoute la veinure tourmentée de l'ivoire presque fossilisé, révélant sa très grande ancienneté. 

En pays Lega, les grands masques (idumu) en ivoire revêtent une importance majeure dans le cadre de l’institution du Bwami dont ils illustrent magistralement les concepts conjugués d'éthique et de beauté. « Placé sous la responsabilité du plus ancien initié vivant du lutumbo lwa kindi (grade suprême du Bwami) de la communauté [...] ce masque est assimilé au grand patriarche notoire d'un groupe d'initiés liés entre eux » (Biebuyck in Trésors d'Afrique, Musée de Tervuren, 1995, p. 378). Il apparaît, suspendu à une claie et entouré de masquettes en ivoire et en os, constituant, au même titre que le masque muminia (cf. Sotheby's, Paris, 10 décembre 2014, n° 7, Collection Alexis Bonew d'arts du Congo), « le symbole suprême d'unité et de cohésion de plusieurs communautés rituelles ralliées autour de lui et est la preuve que l'origine et la structure des rites [...] participent d'une tradition historique commune » (Biebuyck, idem). 

Lega ivory mask, Democratic Republic of the Congo

"Large orange ivory mask. Zig-zag tattoos on the forehead and temples. Rounded eyes, pierced with a slit. Small nose. Teeth are etched." (Tableaux modernes et sculptures nègres, January 24, 1947, No. 109).  

On January 24, 1947, the auction Tableaux modernes et sculptures nègres (Hôtel Drouot, Paris) stood out for dispersing a remarkable set of twenty "Ancient Warega Ivory sculptures." As the expert for the sale, Charles Ratton presented this collection as "the most important, at this time, both in the quality of the pieces that make it up, and in their number" ("Objets en ivoire Warega", p. 14 of the auction catalogue.) The masterpiece of this set was undoubtedly the "large ivory mask", lot No 109, sold for a record price of 120,000 francs. It was acquired at the auction by Charles Ratton, on behalf of collector and sculptor Édouard Saint-Paul (Jean-Louis Paudrat, personal communication, April 8, 2015). On March 20, 1968 in New York, Parke-Benet put up for auction - lot number 169 - the only ivory mask whose description corresponds exactly to that of the masterpiece from the 1947 sale. Renowned collector Catherine White (Mrs. James B. Reswick) probably acquired it from Charles Ratton around 1966, concurrently with the memorial throne of Queen Mother Nindum, now held at the Seattle Art Museum (inv. No. 81.17.718). 

Large ivory Lega masks form a corpus which is as restricted as it is emblematic. This corpus was celebrated in African Negro Art (MoMA, New York, 1935) by the three masterpieces known at the time, masks which belonged respectively to the Stoclet, Louis Carré and Bela Hein collections. The dozen specimens on record today stand out for their striking artistic individuality, ranging from the softness of the forms to the forcefulness of the expression - with the Durand-Dessert mask as the culmination of this style. It is compounded by the tormented veining of the almost-fossilized ivory, revealing its great antiquity. 

In Lega country, large (Idumu) ivory masks are of great significance as part of the institution of the Bwami, the combined concepts of ethics and beauty they perfectly symbolise. "Under the responsibility of the oldest living lutumbo lwa kindi initiate (the highest rank of the Bwami) within the community [...] this mask is likened to the great patriarch of a group of interconnected initiates." (Biebuyck in Trésors d'Afrique, Tervuren Museum, 1995, p. 378). It appears, hanging on a rack surrounded by ivory and bone maskettes, constituting, along with the Mumunia mask, (cf. Sotheby's, Paris, December 10, 2014, No. 7, Alexis Bonew's Collection of Congolese Art), "the supreme symbol of unity and cohesion for several ritual communities rallying around it, and is proof that the origin and structure of the rites [...] are part of a common historical tradition" (Biebuyck, ibid). 

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