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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Masque, Attié, Côte d'Ivoire
ATTIE MASK, CÔTE D'IVOIRE

Provenance

Roger Bédiat, ca. 1930
Collection Charles Ratton, Paris, acquis de ce dernier en 1931
Collection Hubert Goldet, Paris
Riqlès (de), Paris, Collection Hubert Goldet, 30 juin 2001, n° 209
Collecté par Bill et Ann Ziff
Collection privée

Exhibited

Washington, African National Gallery of Art, African Sculpture, 29 janvier - 1er mars 1970 ; Kansas city, William Rockhill Nelson Gallery of Art, 21 mars - 26 avril 1970 ; Brooklyn, The Brooklyn Museum, 26 mai - 21 juin 1970
Paris, Galeries Nationales du Grand-Palais, Corps Sculptés, Corps Parés, Corps Masqués. Chefs-d'œuvre de Côte d'Ivoire, 18 octobre - 15 décembre 1989

Literature

Fagg, Sculptures africaines, 1965, n.p., n° 17
Duerden, African Art, 1968, n.p., pl. 10
Fagg, African Sculpture, 1970, p. 111, n° 127
Schädler, Afrikanische Kunst, 1975, p. 103, n°136
Augé, Féau et al., Corps Sculptés, Corps Parés, Corps Masqués, Chefs-d'œuvre de Côte d'Ivoire, 1989, p. 149, n° 105
Schaedler, Encyclopedia of African Art and Culture, 2009, p. 49

Catalogue Note

« Un homme s'approcha de moi [...]. Il avait le visage couvert d'un masque assez bien fait [...]. Je voulus acheter le masque, mais on feignit de ne pas me comprendre : il en fut d'ailleurs ainsi de toutes les curiosités dont je voulus faire l'acquisition : mauvais pays pour les collectionneurs. » (Dreyfus, A la Côte d'Ivoire, six mois dans l'Attié (un Transvaal français), 1898, p. 135, in Goy, Côte d'Ivoire. Premiers regards sur la sculpture. 1850-1935, p. 93). 

Ce joyau de l'ancienne collection Hubert Goldet éclaire l'un des corpus les plus rares de l'univers des arts d'Afrique. Publié en 1898, le témoignage de Camille Dreyfus constitue l'unique récit attestant l'usage du masque en pays Attié (ou Akyé). Lorsque William Fagg publie pour la première fois, en 1965, le masque Ratton, sa notice précise : « le masque rare que nous reproduisons ne saurait être confondu avec une œuvre Baule. En fait, s'il n'avait pas été authentifié (ainsi que d'autres pièces qui lui sont associées), il serait probablement attribué au groupe Dan qui se trouve à plus de 300 km à l'ouest » (Fagg, Sculptures africaines, 1965, n° 17). Par la suite, seuls trois masques furent attribués aux Attié, dont celui de l'ancienne collection Paul Tishman, aujourd'hui conservé au National Museum of African Art, Smithsonian Institution. Si William Fagg n'indique pas la source ayant permis l'authentification du masque Ratton, une ligne précieuse inscrite par le célèbre marchand parisien dans l'un de ses carnets d'achat, la révèle : « 1931, 2 juin, Bédiat, Masque Attié, décor rouge et blanc ». 

Marchand de bois installé en pays Attié dès la fin des années 1920, Roger Bédiat rencontre Charles Ratton à Paris en 1931, lors de l'exposition coloniale. Ce masque Attié constitue la première des transactions majeures qui lieront les deux hommes jusqu'à la mort de Bédiat, en 1958. Devenu collectionneur et marchand d'art, il découvrit certains des plus grands chefs-d'œuvre de la Côte d'Ivoire. 

C'est dans la région d'Ano, au nord du pays Attié, que le chercheur d'or Camille Dreyfus observa la danse du masque, dont il précise que les « yeux étaient dessinés » (1898, idem), comme ici. Aujourd'hui, « les Attié ne se souviennent pas avoir jamais utilisé aucun masque » (Féau in Corps Sculptés, Corps Parés, Corps Masqués, Chefs-d'œuvre de Côte d'Ivoire, 1989, p. 149).

Chef-d'œuvre d'une tradition oubliée, le masque Ratton s'impose, par son prodigieux archaïsme et la saisissante modernité de son langage formel et de son décor pictural, comme une œuvre clé dans l'appréhension des arts d'Afrique. 

Attie mask, Côte d'Ivoire 

"A man came up to me [...]. His face was hidden by a quite well-made mask [...]. I expressed a wish to buy the mask, but they pretended not to understand me: and this was, in fact, the case for any curios that I tried to acquire: bad country for collectors." (Dreyfus, A la Côte d'Ivoire, six mois dans l'Attié (un Transvaal français), 1898, p. 135, in Goy, Côte d'Ivoire. Premiers regards sur la sculpture. 1850-1935, p. 93). 

This gem from the former Hubert Goldet collection brings to light one of the rarest corpus in the world of the Arts of Africa. Published in 1898, the testimony of Camille Dreyfus is the only account depicting the mask in use in Attie (or Akye) country. When William Fagg published the Ratton mask for the first time in 1965, the notice stated: "the rare mask we reproduce here should not be confused with a Baule work. In fact, had it not been authenticated (as well as other items associated with it), it would probably have been attributed to the Dan group, which is located more than 300 km to the West " (Fagg, Sculptures africaines, 1965, No. 17). Thereafter, only three masks were attributed to the Attie, including the one in the former Paul Tishman collection, now kept at the National Museum of African Art, Smithsonian Institution. Although William Fagg does not indicate the source that enabled the authentication of the Ratton mask, a precious line inscribed by the famous Parisian dealer in one of his procurement books, reveals it: "1931. June 2 Bédiat. Attie mask with red and white decor." 

A timber merchant established in Attie country in the late 1920s, Roger Bédiat met Charles Ratton in Paris in 1931, during the Colonial Exhibition. This Attie mask represents the first major transaction that would bind the two men until the Bédiat’s death in 1958. Having become a collector and art dealer, he discovered some of the greatest masterpieces of Côte d'Ivoire. 

It was in the Ano region, north of Attie country, that gold prospector Camille Dreyfus observed the dancing mask, whose eyes he specified were "drawn on" (1898, ibid.) as is the case here. Today, the "Attie do not remember ever having used any such mask" (Féau in Corps Sculptés, Corps Parés, Corps Masqués, Chefs-d'œuvre de Côte d'Ivoire, 1989, p. 149). A masterpiece from a forgotten tradition, the Ratton mask stands out as a key piece in the apprehension of African arts for its prodigious archaism and for the striking modernity of its formal language and pictorial decoration. 

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