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Figure de reliquaire, Kota Ndasa, Congo ou Gabon
RELIQUARY FIGURE, KOTA NDASA, REPUBLIC OF THE CONGO OR GABON
Estimate
150,000200,000
LOT SOLD. 163,500 EUR
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Figure de reliquaire, Kota Ndasa, Congo ou Gabon
RELIQUARY FIGURE, KOTA NDASA, REPUBLIC OF THE CONGO OR GABON
Estimate
150,000200,000
LOT SOLD. 163,500 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Figure de reliquaire, Kota Ndasa, Congo ou Gabon
RELIQUARY FIGURE, KOTA NDASA, REPUBLIC OF THE CONGO OR GABON

Provenance

Collecté par le Gouverneur François-Joseph Reste (1879-1976), en 1918
Transmis par descendance
Collection des descendants du Gouverneur Reste

Literature

Cloth, "Du Nord au Sud: deux pièces maîtresses "Kota" de la collection Hotz" in Christie's, 14 juin 2011, dos de couverture et p. 24-25

Catalogue Note

Le Kota Ndasa du Gouverneur Reste

Par Louis Perrois

Après s’être illustré à Madagascar, notamment en obtenant de la Russie en 1905 la levée de sa flotte des eaux territoriales de Nossi-Bé, François-Joseph Reste est, à sa demande, affecté en 1912 en Afrique Équatoriale Française. Il y commande, au Congo, l’immense région de la Likouala aux Herbes qu’il parcourt passionnément, en pirogue et à pied – « cinquante kilomètres ou plus chaque jour ». En 1918, année où il est nommé Directeur des Affaires Economiques au Gouvernement Général à Brazzaville, il acquiert son important ensemble de figures de reliquaire Kota. 

C’est précisément au Congo Français, dans les années 1930, que des missionnaires suédois collectèrent dans la région de Zanaga et de Sibiti, les premiers témoins référencés d’un rare corpus de figures de reliquaires Kota, dont le style différait de celles connues jusqu’alors par les trouvailles de la Mission de l’Ouest Africain de Savorgnan de Brazza, en 1885. Notamment conservées dans les musées de Stockholm et Göteborg (Andersson, "Contribution à l'ethnographie des Kuta", 1974, t. II, p. 149, fig. 30, 47.5 cm ; et 157, fig. 35/36, ancienne collection E. Karlman, Séminaire de Kingoyi), ces dernières sont une variante, spécifique au sud-est du Gabon et au Congo limitrophe, du style dit « Kota Ndasa ». L’effigie d’ancêtre s’y caractérise par l’absence de cimier sommital et par un visage de forme ovoïde dont l’arrondi des arcades sourcilières détermine une face en forme de cœur.   

Au sein de cet étroit corpus, le Kota Ndasa du Gouverneur Reste se distingue par la remarquable expressivité de la figure. L’absence caractéristique de cimier sommital et les chignons en aplat s’étirant depuis le sommet du front mettent en valeur le visage oblong au très beau relief, dont le dessin resserré accentue l’importance du volume convexe-concave. La prégnance du visage s'affirme dans le front en surplomb au relief caréné, l’épais bourrelet axial appuyé sur des orbites creuses aux sourcils gravés au repoussé, les larges yeux en cabochon et la puissante nervure frontale s'appuyant sur un nez très court. Le décor est entièrement plaqué de cuivre et de laiton de différentes teintes. La partie inférieure du piétement largement ouvert en losange présente une différence de couleur et de brillance rappellant qu'elle émergeait autrefois d'un panier-reliquaire. Cette effigie mbulu ngulu offre à cet égard une remarquable patine d’usage sur les parties découvertes de l’âme de bois (dont au revers, le dos parcouru par un motif axial à relief cranté), signe d’une belle ancienneté, remontant au courant du XIXe siècle. 

Ce mbulu nugulu s'inscrit dans le rare et célèbre corpus des effigies Kota photographiées et publiées en 1958 par Eliot Elisofon dans The Sculpture of Africa (cf. Chaffin, 1979, L’Art Kota, n° 56 et 57, p. 144 et 145, groupe 8), notamment celle des anciennes collections Charles Ratton, Hubert Goldet puis Dennis Hotz (Christie’s, Paris, 14 juin 2011, n° 191), qualifiée par Chaffin de « très belle, presque parfaite » (idem). On y retrouve un même souci de perfection dans l’équilibre des volumes, avec un visage en ovale à front proéminent, un visage en « cœur » très épuré et une ample coiffe à deux coques latérales, se terminant en deux élégantes volutes. La figure Kota Ndasa du Gouverneur Reste, d’une facture très épurée mais tout aussi expressive, participe de ce groupe d’effigies ancestrales, façonnées dans un même contexte culturel et à la même époque, par des forgerons-sculpteurs très vraisemblablement en relation les uns avec les autres.

Reliquary figure, Kota Ndasa, Republic of the Congo or Gabon

 

The Kota Ndasa of Governor Reste

By Louis Perrois

Having made a name for himself in Madagascar, especially in 1905, when he got Russia to withdraw its fleet from the territorial waters of Nossi-Be, François-Joseph Reste was posted, at his request, to French Equatorial Africa in 1912. In the Congo, he was in charge of the vast Likouala aux Herbes region, which he traveled intensively, by canoe or on foot, covering 'fifty kilometres or more each day.' In 1918, the year in which he was named Director of Economic Affairs for the General Government in Brazzaville, François-Joseph Reste acquired his important group of Kota reliquary figures.

It was in the French Congo, in 1930, in the region of Zanaga and Sibiti, that Swedish missionaries collected the first recorded specimens of a rare corpus of Kota reliquary figures, the style of which differed from those revealed by the West African Mission of Savorgnan de Brazza in 1885. Notably preserved in the museums of Stockholm and Gothenburg (Andersson, "Contribution à l'ethnographie des Kuta", 1974, t. II, p.149, fig. 30, 47.5 cm; and p. 157, fig. 35/36, formerly collection of E. Karlman, Kingoyi seminary), these reliquary figures are of the style called 'Kota Ndasa', a variant specific to southeastern Gabon and to the Congo border. In this style the ancestor effigy is marked by the absence of a topmost crest, and by an ovoid visage, the rounded brow of which delinates a heart-shaped face.

Within this narrow corpus, Governor Reste's Kota Ndasa stands out for the remarkable expressiveness of its face. The characteristic lack of a topmost crest and the flattened chignons, which stretch from the top of the forehead, emphasize the oblong face with its beautiful relief, the condensed design of which highlights the importance of the convex-concave volume. The force of the face takes shape in the overhanging forehead with its streamlined relief, in the thick axial flange resting on hollow eye sockets with repoussé eyebrows, in the wide cabochon eyes, and in the powerful frontal ridge which issues from a very short nose. The decor is entirely plated with copper and brass strips of various hues. The lower part of the base, with its wide diamond-shaped opening, shows a difference in color and brightness, which reminds us that the figure once emerged from a reliquary-basket. In this respect this mbulu ngulu effigy displays a remarkable patina on the exposed parts of its wooden core (most notably on the back, which is traversed by an axial pattern with a scalloped relief), a surface which attests to the antiquity of the figure, which must date back to the mid-19th century. 

This mbulu nugulu belongs tthe same small but famous corpus as the Kota effigies which were photographed and published in 1958 by Eliot Elisofon in The Sculpture of Africa (cf. Chaffin, 1979, L’Art Kota, Nos. 56 and 57, pp. 144-145, group 8), especially the effigy formerly in the collections of Charles Ratton, Hubert Goldet, and then Dennis Hotz (Christie's, Paris, 14 June 2011, lot 191), described by Chaffin as 'very beautiful, almost perfect' (ibid.). The offered figure shows the same search for perfection in the balance of its volumes, with an oval head, a prominent forehead, a very pared down 'heart shaped' face and an ample double-lobed coiffure tapering down into two elegant braids. Governor Reste's Kota Ndasa figure, with its pure yet highly expressive form, is part of this group of ancient effigies, shaped within the same cultural context and at the same time, by blacksmith-sculptors who were most likely in contact with each other.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris