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Masque, Punu, Gabon
Estimate
100,000150,000
LOT SOLD. 217,500 EUR
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Masque, Punu, Gabon
Estimate
100,000150,000
LOT SOLD. 217,500 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Masque, Punu, Gabon

Provenance

Collecté in situ par l'administrateur colonial Octave M. (1885-1976), entre 1913 et 1934
Transmis par descendance
Collection privée

Catalogue Note

Ce masque okuyi, d'un superbe classicisme, constitue le cœur d'une collection réunie entre 1913 et 1934 par l'administrateur colonial Octave M., dans la région du Haut Ogooué (actuels territoires du Gabon et du Congo). Commandant de Cercle puis chef de la subdivision de Mbigou, il parcoura pendant vingt ans les différents villages Punu, se liant avec les chefs auprès desquels il acquit, notamment, ce masque. 

Selon la tradition des masques Punu du Sud Gabon au visage blanchi au kaolin (pembé), l'entité représentée célèbre, à travers une image idéalisée, la beauté des femmes et leur importance dans l'organisation sociale et le monde des esprits (Louis Perrois à propos du masque de la collection du colonel Collignon, Sotheby's, Paris, décembre 2009, n° 88). Cette beauté est ici remarquablement traduite par la sensibilité de l'expression et des modelés. À la finesse des traits – lèvres délicatement ourlées imprimant un discret mouvement, arc tendu des sourcils ombrés, creux subtil des orbites déterminant les pommettes marquées – répond l'étroite fente palpébrale des yeux en "grains de café" quasiment clos, suggérant une "vision intérieure, un lien symbolique entre les vivants et les morts" (ibid). S'ajoutent les signes d’élégance, dont en particulier la majestueuse coiffe de fines tresses agencées en deux coques sommitales chacune prolongée par une natte latérale, le – rare – bandeau à pointe médiane soulignant la courbe frontale, et les motifs à larges écailles, rappels des récits mythiques des neuf clans primordiaux Punu. Voir Perrois et Grand-Dufay (Punu, 2008, pl. 16) pour un masque très comparable, collecté vers 1930 dans la région de Mouila, "où œuvraient beaucoup de très bons sculpteurs Punu". 

Intervenant dans les rites communautaires de l'okuyi  portés au cours de danses acrobatiques par des hommes perchés sur des échasses – ces masques exaltant la beauté et l'importance des femmes Punu, comptent parmi les premières œuvres célébrées par les artistes modernes. Voir Rubin ("Primitivism" in 20th Century Art, 1984, p. 300) pour une photographie prise en 1910 dans l'atelier de Picasso, montrant un masque blanc de l'okuyi accroché au mur.

Mask, Punu, Gabon

This superb and classical okuyi mask marks the pinnacle of the collection formed between 1913 and 1933 in the Upper Ogowe (territory now divided between Gabon and the Congo) by the colonial agent Mr. Mayeur.

In the tradition of Punu masks from South Gabon, with their kaolin whitened faces (pembe), the entity depicted in this mask is an idealized image which celebrates both the beauty of women and their importance in the social organization and in the spirit world (Louis Perrois, discussing the mask from the collection of Colonel Collignon, Sotheby's, Paris, December 2009, lot 88). This idealized beauty is reflected wonderfully here in the sensitivity of the expression and in the outline of the face. Particularly notable are the finely drawn lips, with a suggestion of movement, the tense arches of the shaded eyebrows, and the subtly carved eye-sockets, which delineate the high cheekbones. These features strike a balance with the narrow slitted lids of the 'coffee bean' shaped eyes, which suggest an 'inner vision, a symbolic link between the living and the dead' (ibid.). Other notable signs of beauty are the majestic coiffure, which is composed of thin braids arranged in two shell-like forms, each of which tapers down into a side braid; the rare headband, with its central point emphasizing the frontal curve of the head; and the large pattern on the forehead, a reminder of the nine primordial clans of Punu mythology. See Perrois and Grand-Dufay (Punu, 2008, pl. 16) for a very similar mask collected in 1930 in the region of Mouila, 'where many great Punu sculptors worked.' 

As part of the community okuyi rituals these masks were worn during acrobatic dances by men on stilts. Objects which exalted the beauty and importance of women for the Punu, these masks were also amongst the first African objects to receive recognition from modern artists. See Rubin ("Primitivism" in 20th Century Art, 1984, p. 300) for a photograph taken in 1910 in Picasso's studio, showing a white okuyi mask on the wall.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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