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Porteuse de coupe, "Ateliers de Mwanza", Luba, République Démocratique du Congo
CUP-BEARER, 'MWANZA WORKSHOP', LUBA, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
50,00070,000
JUMP TO LOT
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Porteuse de coupe, "Ateliers de Mwanza", Luba, République Démocratique du Congo
CUP-BEARER, 'MWANZA WORKSHOP', LUBA, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
50,00070,000
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Porteuse de coupe, "Ateliers de Mwanza", Luba, République Démocratique du Congo
CUP-BEARER, 'MWANZA WORKSHOP', LUBA, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Collection privée, Belgique
Jacques Van Overstraeten, Bruxelles
Collection privée, Paris

Exhibited

Paris, Musée du Quai Branly, Fleuve Congo, 22 juin - 3 octobre 2010

Literature

Overstraeten, Regards Noirs et Blancs, 1998
Neyt, Fleuve Congo, 2010, p. 364, n° 243

Catalogue Note

Œuvres parmi les plus célèbres des sculpteurs Luba, les "porteuses de coupe" sont à la charnière de deux institutions : la divination et le prophétisme. Leur corpus révèle plusieurs ateliers qui se sont épanouis au gré de l'expansion du royaume. L'atelier de Mwanza (à proximité du lac Kabemba) s'impose comme l'un des plus spécifiques ; cette statue en constitue un remarquable témoignage. 

" Chez les Luba, les groupes de prophètes exercent leur don de voyance en veillant sur l'intégrité physique du royaume, la culture, la pêche, les ressources économiques et la santé des habitants " (Neyt, Luba, Aux sources du Zaïre, 1993, p. 17). La coupe portée par le personnage féminin fait allusion au mboko – calebasse contenant les petits objets servant à la divination – un des biens les plus précieux des devins bilumbu. Selon Nooter Roberts et Roberts (Luba Art and the Making of History, 2007, p. 48-50), la statue porteuse de coupe était placée à côté du devin lors de la transe et représentait l'épouse de l'esprit qui le possède. Comme pour la statue décrite ici, l'intérieur de la coupe conserve souvent des traces d'argile blanche (mpemba), sacrée, utilisée pour " attirer l'attention des esprits, attester de l'innocence et valider les verdicts d'acquittement dans les cas de divination suscités pour litige " (idem).

Le corpus des porteuses de coupe attribuées à l'atelier de Mwanza se résume à seulement " quelque vingt-cinq [œuvres] répertoriées" (idem, p. 29), toutes caractérisées par un " visage ovoïde souvent sans scarification [...], une coiffure formée par cinq chignons latéraux en éventail [...] le plan des épaules ample et épannelé et couvert de scarifications ainsi que le tronc [...] couvert de losanges en saillie. Émerge généralement de ces coupes un couvercle céphalomorphe [ne s'ajustant pas exactement à la lèvre du réceptacle], tête de l'enfant-génie jaillissant du réceptacle divinatoire " (idem). 

Au sein de ce corpus restreint, notre œuvre se distingue par la très belle sensibilité du visage féminin et du – rare – lien l'unissant à l'enfant-génie, exprimé par la légère inclinaison de la tête, le mouvement enveloppant des bras et le détail des mains tenant, non pas la coupe, mais les jambes de l'enfant. Selon François Neyt (idem, p. 235), " les plus anciennes [collectées entre 1910 et 1930] sont plus ramassées, variant entre 38 et 56 cm ", comme ici, où s'ajoute enfin la profonde patine d'usage. Le Fowler Museum at UCLA (Los Angeles, inv. n° X2010.46A) et le Minneapolis Institute of Arts (inv. 2001.198.37a,b) possèdent chacun une porteuse de coupe très comparable, la première collectée par Maurice Matton avant 1930. Voir aussi Cunard (Negro. Anthology made by Nanvy Cunard 1931-1933, 1934, p. 721) pour celle à l'époque conservée dans la collection Han Coray. 

Cup-bearer, 'Mwanza Workshop', Luba, Democratic Republic of the Congo

As some of the most famous works by Luba sculptors, "cup bearers" are at the junction of two institutions: divination and prophecy. Their corpus is spread throughout several workshops that flourished during the expansion of the kingdom. The Mwanza workshop (near Lake Kabemba) stands out as one of the most specific among them and this statue is a remarkable testament to its specificity. 

"Among the Luba, groups of prophets use their gift of clairvoyance to ensure the physical integrity of the kingdom, culture, fishing, economic resources and the people's health" (Neyt, Luba, Aux sources du zaïre, 1993: 17). The cup carried by the female figure refers to the Mboko - a calabash containing small objects used for divination - one of the most valuable goods owned by Bilumbu oracles. According to Nooter Roberts and Roberts (Luba Art and the Making of History, 2007: 48-50), the cup bearer figure was placed by the oracle's side during the trance, and represented the wife of the spirit which possessed him. As to the figure presented here, the inside of the cup often retains traces of sacred white clay (mpemba) used to "attract the attention of spirits, attest to innocence and validate acquittals in cases of divinations used for litigation " (ibid).

The corpus of cup bearers attributed to the Mwanza workshop amounts to just "twenty-five identified [pieces]" (ibid, p. 29), which are all defined by an "oval face, often without scarification, [...] a coiffure formed by five lateral fanned out chignons [...] a wide and whittled shoulder plane covered with scarification, as well as a bust [...] covered in raised diamond motifs. A head-shaped lid [which does not adjust exactly onto the lip of the container] usually emerges from the cup, a head of a child-genie springing from the divination vessel" (ibid). 

Within this restricted corpus, our piece stands out for the beautiful sensitivity of the female face and of the - rare - ties that bind her to the child-genie, expressed in the light inclination of the head, the encircling movement of the arms, and the detail of the hands holding the child's legs rather than the cup. According to François Neyt (ibid, p. 235), "the oldest ones [collected between 1910 and 1930] are compact, varying between 38 and 56 cm", as in this case, where there is, lastly, a deep patina of use. The Fowler Museum at UCLA (Los Angeles, inv. No. X2010.46A) and the Minneapolis Institute of Arts (inv. 2001.198.37a,b) each possess a very similar cup bearer, the first of which was collected by Maurice Matton before 1930; Minneapolis Institute of Arts, Minneapolis (inv. 2001.198.37a,b). See also Cunard (Negro. Anthology made by Nancy Cunard 1931-1933, 1934, p. 721) for the one then within the Han Coray collection.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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