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Figure de reliquaire, Sangu, Gabon
Estimate
130,000160,000
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Figure de reliquaire, Sangu, Gabon
Estimate
130,000160,000
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Figure de reliquaire, Sangu, Gabon

Provenance

Ancienne collection française
Collection privée

Catalogue Note

Cette figure de reliquaire mbumba-bwete, exceptionnellement conservée avec son enveloppe à talismans, constitue l'une des expressions les plus rares du style dit "Kota", dont on doit le premier témoignage photographique, en 1907-1908, au R.P. Georges Patron (cf. Falgayrettes-Leveau, Gabon, présence des esprits, 2006, p. 85). Sur ce cliché, mettant en scène un nganga (devin) et trois figures de reliquaire Sangu, apparaît l’œuvre - très proche de celle présentée ici - la plus anciennement répertoriée de cet ensemble restreint, collectée avant 1914 et entrée dans les collections de Félix Fénéon puis de Charles Ratton (Musée Dapper, inv. n° 0628 ; cf.  idem, p. 86). Cet étroit corpus stylistique constitue, selon Perrois, "une variante remarquable des figures ancestrales de la région de la boucle de l’Ogooué […]  occupée par des peuples ‘Kota’" (Perrois, Kota, 2012, p. 70-72).

L’effigie protectrice liée au culte des ancêtres est évoquée par une sculpture anthropomorphe confinant à l’abstraction : le corps résumé à de larges épaules losangiques, un long cou sur lequel est juchée une tête miniature à la face plane et aux traits aigus, éclairée par de larges rondelles de nacre figurant les yeux, et encadrée de petites oreilles circulaires. La présence vigilante de l'ancêtre est accrue par le placage de fines lamelles de métal (cuivre et laiton) disposées à l’horizontale, conférant à l’œuvre sa polychromie patinée par l’usage et le temps.

En 1887, dans la revue Le Tour du monde, relatant l'épopée de sa mission de l'Ouest africain, Pierre Savorgnan de Brazza publiait la célèbre gravure où figurent trois effigies très comparables - dont vraisemblablement celle offerte en 1897 par Charles Roche au musée d’ethnographie du Trocadéro (musée du quai Branly, inv. n° 71.1897.39.1 ; cf. LaGamma, Eternal Ancestors, The Art of the Central African Reliquary, 2007, p. 248-249). Sa légende, « invocation aux esprits », suggère leur utilisation, confirmée par les recherches de Perrois, non seulement dans le culte des ancêtres mais également dans le cadre de « pratiques magiques, notamment de divination et de thérapie, voire parfois, et plus discrètement, de sorcellerie. » (Perrois, idem, p. 152).

Reliquary Figure, Sangu, Gabon

This beautifully preserved
mbumba-bwete reliquary figure, which retains its parcel of talismans, is one of the rarest forms of the "Kota" style. This style was first recorded on camera in 1907-1908, by Rev. Georges Patron (cf. Falgayrettes-Leveau, Gabon, présence des esprits, 2006, p. 85). The photograph shows a nganga (oracle) and three Sangu reliquary figures, including the oldest piece within the corpus. This object, which shares many similarities with the offered figure, was collected in 1914 and then successively in the Félix Fénéon collection and the Charles Ratton collection (Musée Dapper, inv. No. 0628; cf.  ibid., p. 86). According to Louis Perrois this restricted stylistic corpus displays a "remarkable variation on the ancestral figures from the bend of the Ogowe river […] inhabited by the Kota people” (Perrois, Kota, 2012, p. 70-72).

The protective effigy, associated with ancestor worship, is suggested in the almost abstract anthropomorphic carving: the body pared down to large diamond shaped shoulders, a long neck topped by a miniature head with a flat face and sharp features which are illuminated by two mother of pearl discs for the eyes, and framed by two small circular ears. The watchful presence of the ancestor is accentuated by thin strips of brass and copper placed horizontally, thus giving the piece its polychromatic aspect, well-patinated by use and time.

In 1887, in Le Tour du monde, Pierre Savorgnan de Brazza recounted the saga of his West African mission and published the famous engraving which shows three comparable figures. One of these is probably the figure offered in 1897 by Charles Roche to the Ethnographic Museum of the Trocadéro (Musée du quai Branly, inv. No. 71.1897.39.1; cf. LaGamma, 
Eternal Ancestors, The Art of the Central African Reliquary, 2007, p. 248-249). Its caption "Invocation aux esprits" (invoking the spirits), suggests that the figure was used (as confirmed by Louis Perrois’ research) not only as part of the ancestral cult, but also in association with "magical practices, such as divination and therapy, or even, more secretly, with witchcraft". (Perrois, ibid., p. 152). 

Arts d'Afrique et d'Océanie

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