Lot 28
  • 28

Statue, Luluwa, République Démocratique du Congo

Estimate
180,000 - 250,000 EUR
Sold
361,500 EUR
bidding is closed

Description

  • Luluwa
  • Statue
  • wood and natural fiber

Provenance

Collecté par l'administrateur territorial Casimir Fontaine entre 1928 et 1945
Philippe Guimiot, Bruxelles
Collection Nathalie Chaboche et Guy Porré

Exhibited

Saragosse, Centro de Exposiciones y Congresos, Objetos-signos de Africa, 11 avril - 24 juin 2000
Paris, musée du quai Branly, Fleuve Congo, 22 juin - 3 octobre 2010

Literature

Arts d'Afrique noire, 1997, n° 103 et 4e de couverture
Dulon et Deledicq, Objetos-signos de Africa, 2000, p. 98, n° 62
Neyt, Fleuve Congo, 2010, p. 342, n° 228

Catalogue Note

Collectée entre 1928 et 1945, cette statue est l’une des plus admirables de l'art Luluwa. À l'instar de l'exceptionnel ensemble acquis à la même époque par le Dr Fourche (cf. Trésors d’AfriqueMusée de Tervuren, 1995, p. 334-335, n° 110 à 116), elle se distingue par la noblesse de la pose, le grand raffinement des modelés et la parure superbement élaborée, mettant en valeur les codes culturels de la beauté, exprimés notamment par les scarifications. Son iconographie la rattache à l’un des plus rares corpus de la statuaire Luluwa, dont les œuvres célèbres, répertoriées dès les années 1890, ont connu diverses interprétations.

Objet de pouvoir bwanga, cette statue est remarquable par sa combinaison de motifs apparemment antithétiques. La main gauche se fond dans la courbe d’une petite coupe, apanage des statuettes du culte bwanga bwa bwimpe destiné, par la traduction de la beauté (bwimpe), à protéger les nouveau-nés et leur mère. Cet attribut, associé à l'une des expressions les plus répandues de la statuaire Luluwa, a longtemps conduit à interpréter ces effigies comme féminines. Pourtant, selon Constantin Petridis (communication personnelle, avril 2014), "il existe des exceptions notables de statuettes masculines porteuses de coupes, dont l’œuvre présentée ici" ou encore celle collectée par Hans Himmellheber en 1939 (Petridis, Art et pouvoir dans la savane d’Afrique centrale, 2008, p. 130, n° 96). 

L’interprétation de ces rares statuettes masculines porteuses de coupe est complexe et se trouve vraisemblablement liée à l’attribut tenu dans la main droite. Parmi les plus célèbres figurent celles collectées en 1905-1906 par Leo Frobenius, dont l'unique de grande dimension (51 cm) de l'ancienne collection Helena Rubinstein, aujourd'hui au Detroit Institute of Arts (Petridis, idem, p. 132) et la statuette brandissant un couteau dans la main droite, provenant du Museum für Völkerkunde de Hambourg, puis de la Tara Collection (Fagg, African Sculpture from the Tara Collection, 1971, p. 17, n° 11-3 et Sotheby’s, New York, 4 mai 1995, n° 109 et couverture). Voir aussi Leiris et Delange (Afrique Noire, La création plastique, 1967, p. 121, n° 120) pour celle du Musée de Tervuren, offrant la même iconographie. La plus anciennement répertoriée, très comparable à la nôtre et tenant un emblème similaire, est reproduite par Hermann von Wissmann en 1891 (Im Innern Afrikas : Die Erforschung des Kassai während der Jahre 1883, 1884 und 1885, p. 264, n° 5-6). L’explorateur et futur gouverneur de l’Afrique orientale allemande (1895-1896) la décrit comme "portant dans sa main droite une racine de manioc". Selon le Dr. Fourche (in Dossier ethnographique n° 929, ms, MRAC Tervuren, 1947), la forme de cet attribut évoquerait plutôt la corne magique désignant son porteur comme membre de l’association des "jeteurs de foudre" qui assiste les chefs dans la protection de la communauté, en rendant inoffensifs les fauteurs de troubles.

Superbement exaltée ici, la notion de beauté – dont le terme bwimpe "désigne la perfection physique comprise comme un signe d'intégrité morale" (Petridis, idem, p. 127) – ainsi que la coupe destinée à contenir une nourriture rituelle et les onctions dont elle a gardé les traces, confèrent son pouvoir à cette œuvre remarquable, destinée à intercéder entre le monde des vivants et celui des esprits. 

Figure, Luluwa, Democratic Republic of the Congo

Collected between 1928 and 1945, the offered figure is amongst the finest Luluwa sculptures. Much like the unique group acquired in the same period by Dr. Fourche (cf.Trésors d’Afrique.  Tervuren Museum, 1995, p. 334-335, No. 110 to 116), the offered figure is remarkable for the nobility of its posture, the refinement of its carving and its beautifully crafted adornments. These attributes highlight the Luluwa’s concepts of beauty, highlighted in particular by the scarification marks. The figure’s iconography allows us to attribute it to one of the most restricted corpuses of Luluwa art, a celebrated group of objects collected in the 1890s, which have been subject to differing interpretations over time.

As a 
Bwanga power object, this figure is remarkable in its combination of seemingly antithetical iconographic motifs. The left hand curves into the base of a small cup, a classic preserve of statuettes of the bwanga bwa bwimpe cult, which aimed to protect new-borns and their mothers through the expression of beauty (bwimpe). This attribute is so associated with one of the most common expressions of Luluwa art that it has long led to the systematic interpretation of cup-bearers as female effigies. However, according to Constantin Petridis (personal communication, April 2014),"there are notable exceptions of male cup-bearer figures, as is the case with the piece at hand" or the figure collected by Hans Himmellheber in 1939 (Petridis, Art and Power in the Central African Savannah, 2008, p. 130, No. 96). 

Interpreting these rare male cup-bearer figures is a complex task, and the most likely indication is the attribute they hold in their right hand. Amongst the most famous are the figures collected in 1905-1906 by Leo Frobenius, including the only large scale one (51 cm), the figure formerly in the Helena Rubinstein Collection, now in the Detroit Institute of Art (Petridis, 
ibid., p. 132) and the figure which brandishes a knife in its right hand, formerly in the Museum für Völkerkunde, Hamburg, then in the Tara collection (Fagg, African Sculpture from the Tara Collection, 1971, p. 17, No. 11-3 and Sotheby’s, New York, 4 May 1995, lot 109, illustrated on the cover). See also Leiris and Delange (Afrique Noire, La création plastique, 1967, p. 121, no. 120). for the figure in the Tervuren Museum, which has a similar iconography to the offered figure. The earliest collected figure, which is very closely related to offered lot, and holds a similar emblem in its hand, was reproduced by Hermann von Wissmann in 1891 (Im Innern Afrikas : Die Erforschung des Kassai während der Jahre 1883, 1884 und 1885, p. 264, nos. 5-6). Wissmann, the explorer and future Governor of German East Africa (1895-1896), described the figure as "carrying a cassava root in its right hand." However, according to Dr. Fourche (in Dossier ethnographique No. 929, ms, MRAC Tervuren, 1947), the shape of this attribute is more likely an evocation of a magic horn, which singled the bearer out as a member of the "lightning casters" association, whose task it was to support the chiefs in their mission to protect the community and neutralise troublemakers and render them harmless. 

The notion of beauty, bwimpe, a term which "refers to physical perfection understood as a sign of moral integrity" (Petridis, ibid, p. 127) is beautifully exalted in the offered figure. Together with the cup designed to contain ritualistic food, and the traces of anointments the figure bears, these attributes imbue this remarkable figure with its full power, as an intercessor between the world of the living and that of the spirits.

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