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Louise Moillon
NATURE MORTE AUX PÊCHES DANS UNE COUPE DE PORCELAINE BLEU BLANC MING SUR UN ENTABLEMENT
LOUISE MOILLON ; STILL LIFE WITH PEACHES IN A CHINESE MING PORCELAIN ON AN ENTABLATURE ; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT ; OIL ON PANEL 
Estimate
250,000350,000
LOT SOLD. 1,033,500 EUR
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Louise Moillon
NATURE MORTE AUX PÊCHES DANS UNE COUPE DE PORCELAINE BLEU BLANC MING SUR UN ENTABLEMENT
LOUISE MOILLON ; STILL LIFE WITH PEACHES IN A CHINESE MING PORCELAIN ON AN ENTABLATURE ; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT ; OIL ON PANEL 
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250,000350,000
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Details & Cataloguing

Tableaux et Dessins Anciens et du XIXe siècle

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Paris

Louise Moillon
PARIS 1610 - 1696
NATURE MORTE AUX PÊCHES DANS UNE COUPE DE PORCELAINE BLEU BLANC MING SUR UN ENTABLEMENT
LOUISE MOILLON ; STILL LIFE WITH PEACHES IN A CHINESE MING PORCELAIN ON AN ENTABLATURE ; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT ; OIL ON PANEL 
Signé et daté en bas à droite Louyse Moillon 1629
Huile sur panneau
51 x 71 cm ; 20 by 28 in
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Provenance

Antérieurement dans le commerce, Mme Heim;
Galerie J. O. Leegenhœk, Paris, 1943;
Collection Salavin, Paris en 1944;
Par descendance jusqu'aux actuels propriétaires

Exhibited

Natures mortes du XVIIe siècle des écoles espagnole, française, flamande hollandaise, Paris, Galerie de l’Elysée, novembre - décembre 1950;
Le pain et le vin du XVIe siècle à nos jours, Paris, Galerie Charpentier, 1954;
Vier Eeuwen Stilleven in Frankrijtk, Rotterdam, Musée Boymans, 10 juillet - 20 septembre 1954;
La nature morte et son inspiration, Paris, A. Weil, 19 avril - 15 mai 1960.

Literature

A. Sutherland Harris et L. Nochlin, catalogue d’exposition Women Artists: 1550- 1950, Los Angeles, 1976-1977,  p.141-143;
Bulletin du Musée Carnavalet, Collections historiques de la ville de Paris publ. sous le patronage des "Amis de Carnavalet", Tome III, 1950, repr. fig. 6;
J. Wilhem, « Louise Moillon » in L’Œil, septembre 1956, n°21, repr. p. 7;
M. Faré, La nature morte en France son histoire et son évolution du XVIIe siècle au XXe siècle, Genève, 1962, tome II, repr. planche 37;
M. Faré, Le grand siècle de la nature morte en France, le XVIIe siècle, Fribourg, Paris, 1974, repr. p. 52;
M et F. Faré, « Louise Moillon, Les Girardot, marchands de bois parisiens, et une œuvre inédite de Louise Moillon » in la Gazette des Beaux-Arts, 1986, septembre, p. 49-65, p. 58;
H. Chastain Sowa, Louise Moillon, seventeenth century still life artist, Chicago, 1998, mentionné p.11;
D. Alsina, Louyse Moillon, La nature morte au Grand Siècle, catalogue raisonné, Dijon, 2009, repr. p. 110, fig. I.

Catalogue Note

Datée 1629, l'oeuvre présentée est la première oeuvre signée et datée connue de l'artiste Louyse Moillon. Peintre de nature morte, elle est, avec Jacques Linard ou encore François Garnier, l'une des première peintre française de nature morte.
En effet, ce sujet considéré comme mineur par les français, ne sera apprécié du grand public qu'à partir de Louis XIII. Les premières oeuvres françaises connues de ce type sont datées des années 1620 et étaient appréciées des érudits qui les considéraient comme des objets de curiosité méritant de figurer dans les cabinets de curiosité ou dans leurs intérieurs rafinés. Avec la date 1629 notre tableau est l'une des toutes premières natures mortes françaises connues.
L'oeuvre que l'artiste a voulu d'envergure de par sa taille (les natures mortes étaient alors bien plus petites) et sa qualité picturale a été signée par la jeune femme dans une caligraphie magnifique pour laquelle on imagine qu'elle s'est entrainée avant d'apposer de manière si parfaite son nom sur le panneau dont elle devait être très fière.
Au vu de la qualité de l'oeuvre, on imagine que Louyse, formée par son beau-père François Garnier, n'en était pas à son premier tableau. Elle n'a cependant que dix-neuf ans lorsqu'elle s'attaque à cette oeuvre d'une sensibilité et d'une intériorité époustouflante. Le tableau par son dénuement et sa force nous invite à la réflexion.
Cette sentation brutale face à une oeuvre si puissante devait être le but recherché par l'artiste. En effet, les premières natures mortes françaises ont été peintes par des artistes protestants dans la tradition des tableaux hollandais. La nature doit être représentée comme on la perçoit sans être embellie ou modifiée, elle doit nous inviter à une réflexion sur le temps qui passe.
Chez les artistes français, les oeuvres sont généralement très dépouillées et laissent aux fruits ou aux fleurs la place principale. Les pêches sont reproduites avec un réalisme saisissant. En effet il semble qu'elles viennent d'être cueillies et ont encore de la poussière sur leur duvet. Ces fruits sont posés dans une coupe de porcelaine bleu-blanc chinoise. Depuis le début du XVIIe siècle, la compagnie des Indes orientales, basée en Hollande, commercialise des porcelaines importées de Chine. Les européens étaient friands de cette vaisselle chinoise. Il s'agissait d'un objet de curiosité très précieux et rare uniquement à portée des gens aisés. Le père de Louyse, Nicolas Moillon était considéré comme un bourgeois. On peut donc imaginer que Louyse a connu la porcelaine chinoise chez ses parents. Ce plat posé sur un entablement dont il occupe quasiment tout l'espace est entouré d'une grappe de raisin à gauche et d'une feuille de vigne à droite. Cette composition très simple et parfaitement équilibrée se dégage sur un fond sombre dont volontairement elle ne nous dit rien. L'entablement, qui fait partie de la composition, est décrit avec le même réalisme que les fruits. On remarque cette lumière qui arrive du coté gauche sur les pêches et dessine l'ombre de la coupe sur l'entablement. Cela positionne la composition dans l'espace et ajoute au réalisme de la scène.

Louyse Moillon est l'une des premières femmes peintres dont le nom est parvenu jusqu'à nous. En effet, avec Artemisia Gentileschi et quelques autres artistes italiennes, elle fait partie de ces femmes, qui malgré la difficulté à s'imposer dans le milieu artistique de leur époque, ont réussi à laisser une trace dans l'histoire de l'art. L'une comme l'autre a bénéficié de l'aide d'un père peintre, les ateliers de formation ne leur étant pas ouverts, il s'agissait de l'un des seul moyen pour une femme d'apprendre la peinture. Aussi notre tableau, le premier peint par Louyse est l'une des première nature mortes française mais aussi l'une des première oeuvres peinte par une femme reconnue et considérée comme une artiste de son vivant.

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