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Porteuse de coupe, Yoruba, Nigeria
YORUBA KNEELING FEMALE FIGURE WITH BOWL, NIGERIA
Estimate
80,000120,000
JUMP TO LOT
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Porteuse de coupe, Yoruba, Nigeria
YORUBA KNEELING FEMALE FIGURE WITH BOWL, NIGERIA
Estimate
80,000120,000
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Porteuse de coupe, Yoruba, Nigeria
YORUBA KNEELING FEMALE FIGURE WITH BOWL, NIGERIA

Provenance

Collection Georges Stoecklin, Golfe-Juan, ca. 1965
Collection privée, acquis en 1992

Catalogue Note

L'orant présentant une offrande à une divinité (Orisha) du panthéon Yoruba, est un des grands thèmes de l'art Yoruba, en particulier chez les Ekiti orientaux et méridionaux. Cette superbe statue porteuse de coupe est l'œuvre d'un artiste remarquable, dont la vision singulière dévoile le talent avec lequel les artistes Yoruba parvenaient à traiter, avec virtuosité et brio, ce type de formes canoniques relativement classiques. 

La génuflexion de la statue est appelée ikunle, et, chez les Yoruba, elle est « une marque de respect, de courtoisie et de supplication » (Lawal, 2012, p. 33). Elle est étroitement associée à la maternité et à l'accouchement, élément clé du statut qui permet d'obtenir la faveur de l'Orisha : car même ces êtres supra-humains sont tenus d'honorer la vulnérabilité de la femme enceinte et le caractère sacré de l'accouchement (idem). Les statues agenouillées portant une coupe à offrande étaient utilisées durant les rituels divinatoires Ifa (cf. n° 93), ou pour contenir les noix de kola, ou obi, que les hôtes offraient à leurs invités. Cette statue fut probablement commanditée sur les conseils d'un devin, ou babalawo, par une jeune mariée souhaitant avoir un enfant.

Son statut de jeune mariée est signifié par sa coiffure sophistiquée, appelée irun agogo, que l'artiste a traitée avec beaucoup de raffinement et un grand naturalisme. A notre connaissance, il n'existe pas d'autres représentations similaires de l'irun agogo, même si certaines sculptures Igbomina et Ekiti présentent des traits apparentés. La silhouette juvénile de la mariée est composée de plans géométriques agencés en une succession d'angles obliques. Sa beauté physique est rehaussée par le riche décor de scarifications géométriques finement sculptées, dont Drewal précise qu'elles peuvent posséder une connotation explicitement érotique (Drewal, 1980, p. 15). Elles font écho aux motifs quasiment identiques de la coupe et qui servaient sans doute à souligner le lien entre la mariée et son offrande à l'Orisha. Enfin, la statue est parée de colliers de perles aux poignets et à la taille, tandis que deux amulettes protectrices d'origine islamique tirahs ornent ses seins et son dos.

Dans cette composition, la tension formelle entre le naturalisme et l'abstraction semble refléter l'interaction entre les éléments contrastés, qui est au cœur de la cosmogonie Yoruba. Cette dualité s'exprime aussi dans l'équilibre entre la beauté plastique de la magnifique coiffure et de la silhouette gracieuse et richement parée, et la beauté sereine et apaisée qui se dégage de son sourire délicat, des ses yeux humblement baissés et de la dignité de son geste d'offrande à l'Orisha.

Voir Lawal (2012, pl. 15), pour une statue agenouillée porteuse de coupe apparentée, notamment dans l’expression d’imploration. Selon John Pemberton (communication personnelle, avril 2013), elle peut raisonnablement être attribuée à un artiste Ekiti méridional, notamment à un sculpteur du groupe Adeshina, à Efon Alaye. Ces sculpteurs, dont le plus connu fut Agbonbiofe ont formé, à travers le temps, un atelier remarquable (cf. Fagg, Pemberton et Holcome, 1982).

Yoruba kneeling female figure with bowl, Nigeria

The orant presenting an offering to one of the pantheon of Yoruba deities, or Orisha, is amongst  the major themes of Yoruba art, particularly amongst the eastern and southern Ekiti people. This superb figure with an offering bowl is the work of an exceptional artist, whose singular vision demonstrates to us how Yoruba artists were able to treat such relatively common canonical forms with virtuosity and verve.

The kneeling pose of this figure is known as ikunle, and it ‘signifies respect, courtesy and supplication’ amongst the Yoruba (Lawal 2012: 33). It is closely associated with motherhood and the act of giving birth, which is key to its status as one of the most effective means of gaining the favour from an Orisha, since even these supra-human beings are expected to honour the vulnerability of the expectant mother and the sanctity of childbirth (ibid.). Kneeling female figures with offering bowls were used in ifa divination rites (see lot 93), or to hold the kola nuts, or obi, which a host would offer their guests, but it seems probable that this particular figure was commissioned on the advice of a diviner or babalawo by a young bride anxious to have a child.

The figure’s status as a young bride is indicated by her elaborate hairstyle, known as irun agogo, which the artist has treated with great refinement and naturalism. As far as we can see, this particular depiction of the irun agogo is unique, although similarities can be found in some Igbomina and Ekiti sculptures. The bride’s youthful figure is composed of geometric planes which are arranged in a succession of oblique angles. Her physical beauty is enhanced by the rich adornment of a series of delicately incised geometric scarification marks, which, Drewal notes, can possess explicitly erotic associations (H.J. Drewal, 1980: 15). These motifs correspond almost exactly with those on the bowl, perhaps serving to emphasise the connection between the figure and her offering to the Orisha. Finally, the figure is further ornamented by ropes of beads at the wrists and waist, whilst two protective amulets of Islamic origin, known as tirahs, rest upon her breasts and her back.

The formal tension which is expressed between the naturalistic and the abstract in the composition of the figure seems to reflect the interplay between contrasting elements which is so central to Yoruba cosmology. This duality is expressed too in the way the figure balances the outward beauty of her magnificent coiffure and her graceful and richly adorned figure with the quiet introspective beauty which is suggested by her gentle smile, her modest downward gaze, and the sincerity and dignity with which her outstretched arms make their offering to the Orisha.

See Lawal 2012, pl. 15 for another kneeling female figure with an offering bowl which shares the beseeching quality of this figure. According to John Pemberton (personal communication, April 2013) this figure can be attributed with reasonable certainty to a southern Ekiti artist, probably from the Adeshina group in Efon Alaye. The Adeshina carvers were a remarkable group over the years, the best known of their artists being Agbonbiofe (cf. Fagg, Pemberton et Holcome, 1982).

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