PF1209

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Lot 13
  • 13

Pieter Brueghel le jeune

Estimate
500,000 - 700,000 EUR
Sold
684,750 EUR
bidding is closed

Description

  • Pieter Brueghel le Jeune
  • La trappe aux oiseaux
  • Huile sur panneau, agrandi d'une bande d'un centimètre dans la partie basse, sans cadre

  • 39,4 x 57 cm ; 15 1/2 by 22 1/2 in

Provenance

Resté, par héritages successifs, dans la famille des actuels propriétaires depuis plusieurs générations.

Catalogue Note

La trappe aux oiseaux est un des sujets les plus populaires de l'oeuvre des Brueghel expliquant logiquement les nombreuses versions connues de la composition. Le sujet a probablement été inspiré par un proverbe néerlandais qui résume la frivolité et l'insouciance de la vie humaine. Aussi derrière cette scène banale et amusante d'une vue dans un village du nord en hiver on peut trouver une toute autre signification. La trappe actionnée par un oiseleur caché dans une maison peut à tout moment attraper les oiseaux qui viennent y picorer quelques graines et ne se méfient pas du danger, l'audace de l'un attirant l'autre. Il en est de même pour la glace, qui peut à tout moment céder sous les patineurs, d'ailleurs un personnage distret pourra en quelques instants tomber dans le trou dans le lac au premier plan. La composition nous rappelle donc la précarité de l'existence et la fragilité de notre destin qui peut basculer à chaque faux pas, en somme: une vanité.
Pour ce qui est du paysage, il ne semble pas être totalement inventé, en effet l'historien Georges Marlier suggère que la ville à l'arrière-plan, avec son imposante église, puisse-être Anvers, ainsi le village qui nous est présenté serait celui de Pede Sainte-Anne.

L'activité de la famille Brueghel est probablement l'une des plus florissante à Anvers entre le XVIème et le XVIIème siècle, révélant une production et une organisation dignes d'une véritable entreprise [1]. Celle-ci perdura grâce aux inventions géniales de son fondateur, Pieter Brueghel I dit l'Ancien, père de Pieter II et de Jan I. Orphelin à l'âge de cinq ans, Pieter II dit le jeune, reprend l'atelier de son père. Il développa alors avec talent toute une production basée sur les reprises des compositions inventives de son père.
Certains historiens pensent que le prototype original de la Trappe aux oiseaux, inventé par Pieter Brueghel l'Ancien, est celui conservé au musée Royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, d'autres pensent que la première version serait conservée dans la collection Hassid à Londres. Enfin certains sont d'avis que le prototype n'a toujours pas été redécouvert.
Dans les nombreuses versions que nous connaissons aujourd'hui, il y a différent niveau de qualité. Cela permet de donner les œuvres à Pieter Brueghel II lorsqu'elles sont de très belle facture ou à son atelier lorsqu'elles sont plus « systématiques », moins présentes. 
Notre tableau, inédit jusqu'alors, associe la finesse de la matière, très transparente et légère à un dessin sous-jacent fin et structurant. La délicatesse de la touche et la justesse des dégradés de beige et de bistre sont autant d'éléments qui démontrent la sensibilité de notre version à rapprocher des plus belles réalisées par Pieter Brueghel II.
La signature dans les compositions de la trappe aux oiseaux de Pieter Brueghel II n'est pas systématique. Selon les historiens d'art elle n'est pas non plus un gage de qualité. Ainsi l'une des plus belles versions de cette composition par Pieter II, conservée au musée Mayer van den Bergh ne porte pas de signature [2].

[1] L'entreprise Brueghel, Maastricht - Bruxelles- Amsterdam, 2001 [2] L'entreprise Brueghel, Maastricht - Bruxelles- Amsterdam, 2001, p.161, rep p.162, cat 22

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