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Hubert Robert
Description
- Hubert Robert
- Compositions architecturales avec ruines et portiques
- L'un signé en bas à gauche H. Robert. / IN ET / DELINEAVIT / ANNO. D / 1776
- Pierre noire, plume et encre grise, lavis brun et gris, une paire
Condition
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Catalogue Note
Comme l'exprime avec justesse Jacques-Guillaume Legrand, Hubert Robert fut particulièrement connu par la grâce de ses compositions, la fécondité de son imagination et son étonnante rapidité d'exécution... [1]
Après une éducation classique au collège de Navarre, Hubert Robert partit pour Rome à vingt ans, accompagnant le nouvel ambassadeur de France, le comte de Stainville, futur duc de Choiseul. Ce voyage fut une révélation pour Robert qui obtint rapidement le titre de pensionnaire du Roi à l'Académie de Rome puis à celle de Paris en tant que « peintre d'architecture ».
Hubert Robert séjourna durant une longue période à Rome. Ce voyage dans la ville antique imprégna profondément son art. Il s'attacha ainsi à la réalisation d'un nombre important de croquis représentant des vues architecturales et des restes d'architectures antiques, accordant un soin particulier aux détails sculptés mais aussi aux postures et aux drapés des statues. Souvent considéré comme le suiveur de Fragonard, Hubert Robert demeure le spécialiste de la peinture de ruines en son temps. Il est l'inventeur d'un « ruinisme pittoresque », ce qui justifie son pseudonyme de « Robert des ruines », titre que lui décerna Catherine II de Russie et surnom que repris Diderot lorsqu'il le célébra lors de sa première apparition au Salon.
Dans les deux dessins que nous présentons, l'architecture semble être un cadre naturel pour Hubert Robert, architecture harmonieuse qu'il présente tantôt de façon revisitée, tantôt sur le motif (Natoire, directeur de l'Académie avait d'ailleurs réintroduit dès 1752 l'étude du paysage sur le motif), révélant au public son goût immodéré pour les pierres anciennes et la perspective. Bien que ce goût pour le pittoresque et l'antique soit courant à l'époque, Hubert a su se démarquer en s'éloignant des principes réglementaires de son temps, privilégiant à la technique officielle de la sanguine une technique mixte plus originale mêlant pierre noire et plume ombrée de lavis. Le contraste entre lavis gris et lavis brun fait ressortir des masses claires et des masses plus sombres, offrant au spectateur un splendide spectacle d'ombre et de lumière. Le trait à la plume est spontané, l'aspect inachevé reflétant la volonté de l'artiste : faire de ces vues des scènes authentiques prises sur le vif. Plafonds voûtés, colonnes cannelées, chapiteaux corinthiens, caissons, statues au rendu saisissant, rien n'échappe à l'œil aiguisé du dessinateur. Hubert Robert s'amuse véritablement à présenter ces architectures triomphales ponctuées de statues monumentales, spectacle auquel participent les personnages apportant une touche de vie aux scènes. Ces petites silhouettes schématiques, souvent situées au premier plan et destinées uniquement à meubler le lieu représenté, sont aussi caractéristiques de la main de Robert, petits personnages qu'il commença à réaliser dès 1760.
[1] Jacques-Guillaume Legrand, Notice historique sur la vie et les ouvrages de J.B Piranesi, 1799, éd.1921.