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Masque, Kanak, Nouvelle-Calédonie
KANAK MASK, NEW CALEDONIA
Estimate
50,00070,000
LOT SOLD. 420,750 EUR
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Masque, Kanak, Nouvelle-Calédonie
KANAK MASK, NEW CALEDONIA
Estimate
50,00070,000
LOT SOLD. 420,750 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Masque, Kanak, Nouvelle-Calédonie
KANAK MASK, NEW CALEDONIA

Provenance

Collecté en octobre 1850 par le colonel Philip Doyne Vigors sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie
Transmis par descendance familiale à l'actuel propriétaire

Catalogue Note

Le colonel irlandais Philip Doyne Vigors (1826 - 1903) demeura à Sydney entre 1849 et 1858. A son arrivée en Australie, il embarque sur la frégate britannique H.M.S. Havannah pour un voyage de quatre mois (13 juillet - 11 novembre 1850) dans les mers du Sud (Sydney / Nouvelle-Zélande / Sud de l'Australie). Son journal de bord détaille, du 21 au 31 octobre 1850, son séjour en Nouvelle-Calédonie. La quinzaine de pages d'observations - agrémentées de dessins à l'encre - sur les populations, l'habitat, les armes et un lexique, de même que les carnets de dessins, constituent une documentation précieuse1, soixante ans avant le voyage d'observation de Fritz Sarasin. Le masque présenté ici apparaît dans la liste manuscrite des objets achetés par échange lors de ce voyage.

S'il fut acquis en 1850 - s'inscrivant dès lors parmi les plus anciens masques de Nouvelle-Calédonie jamais collectés - sa patine révélant des couches superposées de polychromie, de même que l'aspect presque pétrifié du bois à l'arrière, permettent d'attester une datation remontant au XVIIIe siècle.

Stylistiquement, il se rattache, avec son nez "en bec de perroquet" (Leenhardt, 1933), ses yeux exorbités et les rehauts polychromes rouges et blancs, aux masques de la région nord de la Grande Terre. cf. Sarasin (2009 : pl. XI et XII) pour deux masques stylistiquement apparentés, également collectés vers le milieu du XIXe siècle, le premier dans les collections du musée du quai Branly, le second au musée des Beaux-Arts d'Angoulême. Il s'en distingue néanmoins, dans la hardiesse des formes, par la force naissant de la concentration des traits plutôt que de leur exagération, signe vraisemblable de son antériorité.

C'est également dans la région nord de la Grande Terre que le masque est le plus étroitement associé au deuil des chefs, où il apparait lors des cérémonies funéraires comme un substitut du chef défunt (Bensa in RMN, 1990 : 150). Tout en évoquant le monde des morts avec sa coiffure constituée des cheveux des deuilleurs (comme le montrent les deux dessins sur les carnets de Philip Doyne Vigors), il symbolise la chefferie (le masque étant étroitement associé aux esprits de la communauté et du territoire) renforçant ainsi, par son pouvoir surnaturel, l'autorité du chef lors de son intronisation (idem).

(1) L'ensemble de cette documentation sera mise en vente par Sotheby's, à Londres, au printemps prochain.

Kanak mask, New Caledonia

The Irish colonel Philip Doyne Vigors (1826 - 1903) stayed in Sydney from 1849 to 1858. Upon arrival in Australia, he embarked on the British frigate HMS Havannah for a journey that was to last four months (13 July to 11 November, 1850) on the Southern Seas (Sydney / New Zealand / South Australia). His logbook describes his stay in New Caledonia from the 21st to 31st October 1850. The fifteen or so pages of observations - illustrated with ink drawings - on the people, housing, weapons, as well as a glossary and sketchbooks, are valuable documentation, sixty years before Fritz Sarasin's fact finding journey. The mask presented here appears in the handwritten list of items purchased by exchange during the journey.
Although it was acquired in 1850 - thus featuring amongst the oldest masks ever collected from New Caledonia - its patina, which reveals several layers of polychromy, as well as the almost petrified aspect of of the wood on the rear of the figure, enable dating as far back as the 18th century.

Stylistically, with its "parrot's beak" shaped nose, (Leenhardt, 1933), its bulging eyes and its polychromatic red and white highlights, it relates to the masks found in the Northern region of Grande Terre.
cf. Sarasin (2009 : pl. XI and XII) for two stylistically related masks, also collected in the mid 19th century, the first being held in the Quai Branly musuem collections and the second in those of the Beaux-Arts museum in Angoulême. However, it stands apart from them in the boldness of its shapes, in the force born from the concentration rather than the exaggeration of features, a probable sign of its anteriority.

It is also in the northern part of Grande Terre that masks are most closely associated with the mourning of Chiefs, where they appear during the funeral as a substitute for the dead chief (Bensa
in RMN, 1990: 150). Whilst it evokes the world of the dead with its coiffure being made from hair taken from the mourners (as shown in two of the drawings found in Philip Doyne Vigors' notebooks), it also symbolises the chiefdom (the mask being closely associated with community and territorial spirits) thus reinforcing, with its supernatural power, the authority of the chief during his enthronement (idem).

Arts d'Afrique et d'Océanie

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