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Effigie de chef, Yombé, République Démocratique du Congo
YOMBE EFFIGY OF A CHIEF, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
250,000400,000
LOT SOLD. 300,750 EUR
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Effigie de chef, Yombé, République Démocratique du Congo
YOMBE EFFIGY OF A CHIEF, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
250,000400,000
LOT SOLD. 300,750 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Effigie de chef, Yombé, République Démocratique du Congo
YOMBE EFFIGY OF A CHIEF, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Acquise à Bruxelles avant 1920
Transmise à l'actuel propriétaire par descendance familiale

Exhibited

Paris, Galerie Bernard Dulon, Kongo, 1991 (en prêt)

Literature

Dulon, Kongo, 1991 : 26-27

Catalogue Note

Les grandes effigies commémoratives de chefs Yombé sont très rares et comptent parmi les fleurons de plusieurs institutions majeures, comme le Metropolitan Museum of Art de New York ou le musée de Tervuren. Si l'identité des chefs qu'elles commémoraient est aujourd'hui perdue, ces statues - telles que celle présentée ici – visaient à perpétuer la mémoire des grandes personnalités qu'elles honoraient, et faisaient l'objet d'un culte fondé sur la notion de survie et de protection du lignage.

Le statut de chef est signifié par les proportions imposantes, par les ornements portés au bras droit, par les scarifications envahissant le dos, par la calotte finement tissée de motifs géométriques complexes (mpu) - dont le port lui était réservé - et par la pose. La statuaire des Yombé exprime en effet, à travers la gestuelle des personnages, le code moral, politique et religieux de la civilisation Kongo à laquelle ils se rattachent (Lehuard, 1989 : 108). Si l'histoire universelle de l'art atteste la richesse du vocabulaire formel visant à idéaliser l'individu commémoré, c'est par le geste que sont exprimés ici à la fois son rang et ses qualités – idéales - de chef. Tandis que la pose – funda nkata (assis en tailleur) est un signe de respect (Lehuard, idem : 109) –, son association avec l'attitude de la tête appuyée sur la main « est le signe que la personne réfléchit avant de parler. Telle est la figure du chef idéal » (Thompson in Dapper, 2002 : 92). Cette pose est également celle adoptée par les statues funéraires ntandi des Kongo, renvoyant, selon Tshiluila à propos d'une stèle conservée au musée de Tervuren, à « l'idée selon laquelle la statue exprime et rend compte de l'inquiétude d'un chef pour les siens » (in Tervuren, 1995 : 283).

A l'idéal moral répond celui d'une beauté exaltant la vitalité du sujet, à travers la stature imposante et la force d'expression de la tête au volume majestueux. Tandis que l'étroit corpus des grandes statues commémoratives de chefs Yombé tend formellement vers une stylisation expressionniste des volumes (Tervuren, inv. n° 24660 et 24659), ici le chef s'épanouit dans les galbes naturalistes des puissantes masses musculaires. A la souplesse des formes et de la pose (le dos s'arrondissant pour accompagner le geste) s'associent la très grande délicatesse des modelés et l'attention portée au rendu des détails anatomiques. cf. Lehuard (1989 : 484, n° J 4-1-3) pour l'effigie de chef Yombé acquise en 1996 par le Metropolitan Museum of Art (inv. n° 1996.281), esquissant un mouvement comparable.

Elle se distingue enfin du corpus par la charge magico-religieuse autrefois placée dans la large cavité creusée dans l'abdomen. Si ces effigies de chef constituaient le personnage central des autels commémoratifs, ici la charge ventrale - très rare-, signifie l'importance remarquable de l'individu portraituré et des pouvoirs d'intercession et de protection qui lui étaient conférés.

Yombe effigy of a chief, Democratic Republic of the Congo

The great commemorative effigies of Yombe chiefs are very rare and are celebrated highlights in several major institutions, such as the Metropolitan Museum of Art in New York or the Tervuren museum. Although the identity of the chiefs they commemorate is now lost, the statues - such as the one presented here - were sculpted in order to perpetuate the memory of the great characters they enshrined and were worshipped as part of a cult based on the notion of continuation and preservation of lineage.

This chief's status is marked by the large proportions, ornaments worn on the right arm, scarification that covers the back, the finely woven cap with intricate geometrical patterns (mpu) - worn exclusively by the chief - and the stance. In fact, the Yombe statuary expresses, through the figures' poses, the moral, political and religious codes of the Kongo civilisation they are related to (Lehuard, 1989 : 108). If universal art history bears witness to the wealth of formal expresssions used to idealise the commemorated individual, the poses and gestures used here serve to express both the rank and ideal qualities of the chief. Although the stance - funda nkata (cross legged) - is a sign of respect (Lehuard, idem: 109), its combination with the position of the head resting on the hand "is the mark of a person who thinks before he speaks. Such is the figure of the ideal chief" (Thompson in Dapper, 2002: 92). This stance is also the one used in the funeral ntandi statues of the Kongo, which evoke, according to Tshiluila, describing a headstone held at the Tervuren museum, "the idea that the statue expresses and addresses the concern of a chief for his people"  (in Tervuren, 1995: 283).

The moral ideal is mirrored in the beauty that exalts the vitality of the subject through the impressive scale and the forceful expression of the majestically proportioned head. Whereas the small corpus of large commemorative statues of Yombe chiefs tends towards an expressionist stylisation of outlines (Tervuren, inv. n° 24660 and 24659), here the figure of the chief is enhanced by the naturalistic shape and the powerful muscle masses. The litheness of the body and stance (with the back curving to accommodate the motion) is complemented by the great refinement of the outline and the attention lavished on anatomical details. cf. Lehuard (1989: 484, n° J 4-1-3) for the effigy of a Yombe chief acquired in 1996 by the Metropolitan Museum of Art (inv. n° 1996.281), in a similar stance.

Finally it stands out from the rest of the corpus because of its magico-religious charge, the age-old presence of which is evidenced by the large hollow carved out in the abdomen. Although these chief effigies were the central figures of commemorative altars, here, the very rare abdominal charge marks the remarkable importance of the individual depicted and of the powers of mediation and protection that were bestowed upon him.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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