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Exceptionnel bronze, Delta Intérieur du Niger, Mali
EXCEPTIONAL BRONZE FIGURE, INNER NIGER DELTA, MALI
Estimate
150,000250,000
LOT SOLD. 492,750 EUR
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Exceptionnel bronze, Delta Intérieur du Niger, Mali
EXCEPTIONAL BRONZE FIGURE, INNER NIGER DELTA, MALI
Estimate
150,000250,000
LOT SOLD. 492,750 EUR
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Details & Cataloguing

Oceanic and African Art

|
Paris

Exceptionnel bronze, Delta Intérieur du Niger, Mali
EXCEPTIONAL BRONZE FIGURE, INNER NIGER DELTA, MALI

Provenance

Acquis par Joe Knoppelmacher à Bamako, au début des années 1980
Galerie Craft Caravan, New York
Collection Paul Rabut, New York
Merton Simpson, New York, 1988
Collection privée

Literature

Reproduit dans :
African Arts, février 1985, vol. 18, n° 2 :  14

Catalogue Note

Cette œuvre, dont l'âge moyen a été estimé par thermoluminescence entre le VIIIe et le XIIe siècle, compte parmi les témoins les plus rares et les plus remarquables d'un art du bronze qui s'est développé dans la région du Delta Intérieur du Niger à l'époque des premiers Etats de l'Ouest africain. A l'importance historique de la période - celles des empires successifs du Ghana et du Mali, dont la puissance reposait sur le contrôle du commerce transsaharien (de l'or du sud au nord et du cuivre du nord au sud) -, répond l'accablante absence de contexte qui entoure la découverte de ces œuvres.

La première hypothèse situe sa provenance dans la zone lacustre du Delta Intérieur du Niger : la région des lacs comprise entre Tombouctou et Mopti. En 1901, Louis Desplagnes, alors commandant de cercle à Goundam, entreprend les fouilles des tumuli du Killi (Desplagnes, 1903 : "Etude sur les tumuli du Killi dans la région de Goudam" - L'Anthropologie p. 151-172) et découvre les premiers bronzes archéologiques d'une région dont les sources arabes révélèrent, dès le XIe siècle, la richesse et la puissance des souverains de l'Empire du Ghana (al-Bakri in Cuoq, 1975 : 100). cf. Garenne-Marot, Robion et Mille (Technè, n° 18, 2003 : 74-85) pour l"étude des cuivres, alliages de cuivre et histoire de l'Empire du Mali".

La seconde hypothèse la lie aux figures en terre-cuite, humaines ou animales, de la région de Djenné. Si la statuaire en métal y est infiniment moins nombreuse, cette œuvre s'y apparente par le traitement des yeux aux paupières multiples et pupilles percées (cf. Phillips, 1995 : 490-491).

Sa grande dimension – très rare dans le corpus des bronzes de la région – témoigne de l'importance qui lui était conférée. Il s'inscrit dans un corpus extrêmement restreint de grands bronzes animaliers – représentant tous un taureau-, et dont la patine indique un très fort pourcentage de cuivre. Vraisemblablement sorti à la même époque, le seul exemplaire reproduit est celui figurant en 1987 dans Chefs-d'œuvre inédits de l'Afrique Noire (Berjonneau et Sonnery, 1987 : 98, n° 18). S'ils sont très comparables, celui présenté ici se distingue néanmoins par le soin accordé au rendu des détails anatomiques et par la finesse des modelés. Leur iconographie pourrait être liée à Soundiata Keita, seigneur Mandé qui, par la charte du Manden, unifia en 1222 le grand empire hégémonique du Mali. Son épopée, qui débuta à Kita, au sud-ouest de la région des lacs, accorde une place primordiale à sa mère Sogolon Kedjou, la « femme-buffle », dont le mariage fut célébré  par des sacrifices de bœufs.

Au sein de ce corpus très restreint, il se distingue par l'élégance des formes, le soin accordé au naturalisme des détails anatomiques, et par la qualité et la nature de la fonte. Sa réalisation en plusieurs éléments assemblés par des tenons métalliques – autre gage de son ancienneté – ainsi que son poids, pourraient indiquer un alliage particulier à très fort pourcentage de cuivre, augmentant encore son importance et sa rareté.

Exceptional bronze figure, Inner Niger Delta, Mali

This piece has been dated, by means of thermoluminescence, to between the 8th and 12th centuries. It is one of the rarest and most remarkable examples of the bronze craftsmanship developed in the region of the Inner Niger Delta, at the time when the first West African states were formed.  The historical importance of the period– and that of the successive Ghana and Mali empires, whose power relied upon the control of trans-Saharan trade (gold from south to north and copper from north to south)—stands in contrast to the utter absence of context surrounding the discovery of these works of art.

The first hypothesis for the provenance of this figure is the lakeside zone of the Inner Niger Delta, which lies between Timbuktu and Mopti. In 1901, Louis Desplagnes, who was then commander of the Colonial Circle of Goundam, began excavating the Killi tumuli in the region of Goundam (Desplagnes, 1903: "Etude sur les tumuli du Killi dans la région de Goundam" L'Anthropologie p. 151-172). Here he discovered the first archaeological bronze figures whose Arab inspiration revealed the extraordinary richness and power of the rulers of the Ghana Empire, from as early as the 11th century (al-Bakri in Cuoq, 1975 : 100). cf. See? Garenne-Marot, Robion et Mille (Technè, n° 18, 2003: 74-85) for "the study of copper, copper alloys, and the history of the Mali Empire".

The second hypothesis links this object to the human or animal earthenware figures of the Djenné region.  Although metal statuary is infinitely rarer, this piece seems stylistically related to these earthenware figures, especially with regards to the rendition of the multiple eyelids and pierced pupils (cf. Phillips, 1995: 490-491).

Its large size—quite rare in the corpus of bronze figures from this region—attests to the importance with which it was invested. It can thus be classified within the extremely limited corpus of large-scale bronze animal statuary—which always represent an oxen—and whose patina indicates a high percentage of copper. This piece, in all likelihood, comes from the same time period as the one appearing in Chefs-d'œuvre inédits de l'Afrique Noire/Unseen Masterpieces from Black Africa (Berjonneau et Sonnery, 1987: 98, n° 18). This is the only comparable piece in existence.

Although they are analogous in many ways, the one presented here is distinguished by the care with which the anatomical details have been rendered, and the delicacy of the curves. The iconography, of both pieces, might be attributed to Soundiata, the Mande king who unified the great hegemonic Mali Empire through the Manden Charter in 1222. His legendary reign, which began in Kita, southwest of the lake region, accorded an important place to his mother, Sogolon Kejou, the « woman buffalo » whose marriage was celebrated with the sacrifice of oxen.

Within this very limited corpus, this lot is exceptional due to the elegance of its shapes, the care taken in the naturalistic depiction of anatomical details, and the quality and nature of the casting. The fact that the figure is comprised of several elements, fitted together with metallic tendons is another indication of its age, along with  its weight, which might point to a unusual alloy with a very high percentage of copper. All of these factors add to the importance and rarity of the piece.

Oceanic and African Art

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Paris