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Rare et puissant torse, Dogon Djennenké, Mali
RARE AND POWERFUL DOGON DJENNENKE TORSO, MALI, 11TH - 12TH CENTURY 
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Rare et puissant torse, Dogon Djennenké, Mali
RARE AND POWERFUL DOGON DJENNENKE TORSO, MALI, 11TH - 12TH CENTURY 
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Details & Cataloguing

A New York Collection

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Paris

Rare et puissant torse, Dogon Djennenké, Mali
RARE AND POWERFUL DOGON DJENNENKE TORSO, MALI, 11TH - 12TH CENTURY 

Provenance

Philippe et Hélène Leloup, Paris
Acquis de C&M Arts, New York

Literature

Leloup, Statuaire Dogon, 1994, pl. 1

Catalogue Note

A l'inverse de renvoyer à ce qui n'est plus, ce fragment impose la plus magistrale des présences. La puissante dynamique ordonnée par la radicalité du geste se fige dans le tracé sinueux des lignes parcourant le long visage, offrant au regard un sentiment d'éternité. Les statues monumentales Djennenké sont rares et celle-ci en constitue l'un des témoins les plus archaïques. Datée par la technique du C14 aux XIe-XIIe siècles, elle s'inscrit dans l'étroit corpus des statues d'ancêtres aux « bras levés, en communion avec l'être suprême » (Leloup, 1994 : 127).

Selon Hélène Leloup, dans l'ouvrage magistral qu'elle consacra à la statuaire Dogon (1994 : 119-136), le nord-ouest du Plateau de Bandiagara constitue le domaine du style dit « Djennenké », dont les populations se réclament toutes de l'ancien Empire du Wagadou, situé en Mauritanie, également appelé « Ghana ». Après la destruction partielle de Koumbi Saleh par les Almoravides en 1076, les populations Nononké et Soninké commencèrent à migrer pour s'installer, en vagues successives, notamment à Djenné. L'art dit « Djennenké » s'est alors développé au nord-ouest du Plateau de Bandiagara, entre les XIe et XVe siècles, date de la conquête Songhaï et de l'islamisation des populations.

Comme la statue monumentale – chef-d'œuvre de l'art universel - aujourd'hui exposée au Musée du quai Branly, ce buste proviendrait de l'ouest du Pignari où se situaient les chefferies d'origine Nononké (idem).  Ici également, le haut rang du personnage est signifié par la coiffure en étroit chignon ramenant les cheveux enserrés de rubans au sommet de la tête  - « ancienne coiffure des seigneurs » -, et par le collier de perles dont les rangs se dédoublent sur la poitrine. 

A la prégnance de l'œuvre répond l'importance de histoire à laquelle elle nous confronte: celle liée à l'Empire du Ghana, premier Etat de l'Ouest africain, et dont les sources arabes révélèrent, dès le XIe siècle, la richesse et la puissance des souverains  « [...] le roi était couvert de bijoux, comme une femme, et avait une haute coiffure en chignon entourée d'une cotonnade très fine » (al-Bakri in Cuoq, 1975 : 100).

Rare and powerful Dogon Djennenke torso, Mali, 11th - 12th century 

Rather than evoking that which is no longer, this torso, a fragment of a larger sculpture, conveys a most compelling presence. The powerful impulsion born from a sweeping motion is captured in the sinuous lines that run across the face and gives the viewer a feeling of eternity. Monumental Djennenké statues are rare, and this is a most archaic example. It has been dated by Carbon-14 to the 11th-12th century and is part of the small known corpus of large scale Dogon ancestral statues 'with raised arms, in communion with the supreme being' (Leloup, 1994 : 127).

According to Hélène Leloup (1994 : 119-136), the "Djennenké" style originated in the north-eastern part of the Bandiagara Highlands whose populations all allegedly stem from the Wagadou empire, located in Mauritania, also known as "Ghana". After the Ghana Empire was destroyed (DATE), the Nononké and Soninké people migrated in successive waves, especially to Djenné. "Djennenké" art thus developed in the north-eastern part of the Bandiagara Highlands between the 11th and 15th centuries. This carving tradition died out with the Songhaï conquest and the conversion of its populations to Islam.

Like the monumental statue exhibited at the Quai Branly Museum, this torso was apparently sculpted west of the Pignari where the original Nononké chiefdoms were located (ibid). On this torso the fine chignon coiffure is swept up on top of the head and bound with a ribbon. This and the pearl necklace of two bands signal the figure's high rank.

The significance of the offered figure rests not only in its large scale but in the historical period it represents - the Ghana Empire. The first West African State, the sovereigns of the Ghana Empire are revealed by Arab sources to have been rich and powerful as early as the 11th century: "[...] the king was covered in jewels, like a woman, and wore his hair up in a chignon bound in very fine cotton" (al-Bakri in Cuoq, 1975 : 100).



Veuillez noter que cette œuvre a fait l'objet d'une demande de prêt pour l'exposition Dogon qui se tiendra au musée du quai Branly du 5 avril au 24 juillet 2011.

Please note that the Musée du quai Branly, in Paris, has requested to borrow this work for the forthcoming exhibition Dogon, to run from April to July 2011.

A New York Collection

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Paris