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PROVENANT D'UNE PRESTIGIEUSE COLLECTION PARTICULIÈRE EUROPÉENNE

Léon Spilliaert
JEUNE FEMME SUR UN TABOURET
ZU LOS SPRINGEN
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PROVENANT D'UNE PRESTIGIEUSE COLLECTION PARTICULIÈRE EUROPÉENNE

Léon Spilliaert
JEUNE FEMME SUR UN TABOURET
ZU LOS SPRINGEN

Art Impressionniste et Moderne

|
Paris

Léon Spilliaert
1881 - 1946
JEUNE FEMME SUR UN TABOURET
signé L. Spilliaert et daté 09 (en bas à droite)
encre de Chine, gouache, crayon de couleur et crayon gras sur papier
70,3 x 59,9 cm ; 27 5/8 x 23 5/8 in.
Exécuté en 1909.
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L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Anne Adriaens-Pannier.

Provenienz

Succession de l'artiste
Collection particulière, Europe (par descendance du précédent)
Vente : Christie's, Londres, 10 février 2005, lot 593
Collection particulière, Europe

Ausgestellt

Ixelles, Musée d’Ixelles; Ostende, Museum voor Modern Kunst; Hasselt, Béguinage & Tournai, Musée de Beaux-Arts, Leon Spilliaert, 1961, no. 214
Anvers, Guillaume Campo, Spilliaert, 1965, no. 126
Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Hommage à Leon Spilliaert, 1972, no. 43
New York, The Brooklyn Museum, Belgian Art 1880-1914, 1980, no. 99, reproduit dans le catalogue
Paris, Galeries Nationales du Grand Palais & Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Léon Spilliaert 1881-1946, 1981-82, no. 36, reproduit dans le catalogue
Lisbonne, Galeria de Exposiçoes Temporarias da Fundaçao Calouste Gulbenkian, Léon Spilliaert, 1984, no. 24, reproduit dans le catalogue
Ostende, Museum voor Modern Kunst, D’Ensor à Delvaux: Ensor, Spilliaert, Permeke, Magritte, Delvaux, 1996-97, reproduit dans le catalogue
Anvers, Galerie Ronny van de Velde, Leon Spilliaert, 1998, no. 54, reproduit dans le catalogue et sur la couverture
Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Spilliaert le regard de l’âme, 2006, no. 316, reproduit dans le catalogue

Literatur

Francine-Claire Legrand, Léon Spilliaert in zijn tijd, Anvers, 1981, no. 70, reproduit p.194

Katalognotizen

signed 'L. Spilliaert' and dated '09' (lower left); Indian ink, gouache, coloured crayon and chalk on paper. Executed in 1909.

 

"Hélas ! Mes vœux n'amènent plus
Mon âme aux rives des paupières,
Elle est descendue au reflux
De ses prières.
Elle est au fond de mes yeux clos,
Et seule son haleine lasse
Élève encore à fleur des eaux
Ses lys de glace."

Maurice Maeterlinck, Serres chaudes, 1889

 

Exécuté en 1909, Jeune Femme sur un tabouret est l’incarnation par excellence de ce ‘fantastique réel’ décrit par l’écrivain Franz Hellens lorsqu’il parle du travail de son ami Léon Spilliaert. Emblématique du travail du peintre belge au tout début du XXème siècle, l’œuvre frappe par sa puissance envoûtante et sa présence aux frontières du surnaturel. Le chromatisme particulièrement novateur, mêlant le noir profond de l’encre aux couleurs presque phosphorescentes du halo cernant le personnage et la synthétisation extrême des formes, contribuent à renforcer la poésie de cette œuvre ensorcelante.

Le sujet de l’œuvre reste mystérieux. S’agit-il du portrait de La Princesse Maleine, pièce du dramaturge belge Maurice Maeterlinck ? Une œuvre de Spilliaert, titrée Princesse Maleine (1910) et retenant une composition très similaire peut donner à le penser. L’œuvre de Maeterlinck met en scène deux fiancés, la princesse Maleine et prince Hjalmar, séparés par une guerre entre leurs deux familles. La princesse Maleine se retrouve alors enfermée dans une tour. La présente œuvre dépeindrait ainsi la jeune princesse prisonnière. S’agit-il tout simplement d’une des nombreuses femmes de pêcheurs dépeintes par Spilliaert dans les années 1909-10 ? Dans de nombreuses œuvres, l’artiste décrit ces femmes, figures solitaires représentées de dos sur le quai du port, perdues dans une méditation profonde, incarnation poignante d’une réflexion existentielle.

Œuvre inclassable, Jeune Femme sur un tabouret témoigne des multiples influences qui ont marqué l’art de Spilliaert. Si l’esthétique des Nabis, découverte lors des Salons de La Libre Esthétique à Bruxelles, a certainement marqué le jeune peintre, ainsi qu’en atteste la synthétisation des formes ici employée, c’est surtout chez les peintres du Nord que l’art de Spilliaert trouve ses racines profondes : comment ne pas voir dans cette figure énigmatique et silencieuse se détachant dans un halo de lumière l’héritage direct d’un Johannes Vermeer ou d’un Caspar Friedrich, qui ont tous deux su donner naissance à des œuvres emplies de la même spiritualité surnaturelle ? De manière encore plus évidente, Jeune Femme sur un tabouret fait clairement écho à la sérénité des compositions de Vilhelm Hammershøi, mettant en scène des figures féminines assises près d’une fenêtre, ainsi qu’aux silhouettes fantomatiques et toutes en courbes curvilinéaires d’Edvard Munch.

 

Painted in 1909, Jeune femme sur un tabouret is the perfect embodiment of the « fantastic real » described by the writer Franz Hellen when he spoke of his art to his friend Léon Spilliaert. Emblematic of the Belgian painter’s work at the beginning of the 20th century, the painting is striking for its captivating power and its presence bordering on the supernatural. The particularly innovative chromatics, combining the deep black of ink with the almost phosphorescent colours of the halo encircling the figure, and the extreme synthetization of form, contribute to the strong poetic feel of this enchanting work.

The subject of the painting remains mysterious. Is it related to La Princesse Maleine, a play by the Belgian playwright Maurice Maeterlinck? A work of similar composition by Spilliaert entitled Princesse Maleine could lead us to think so. Maeterlinck’s play is about two betrothed princes: Prince Maleine and Prince Hjalmar, from two different families separated by war. Princess Maleine finds herself locked in a tower. The present work depicts the young imprisoned princess. Could she be one of the many fisherwomen painted by Spilliaert in the years 1909-10? Many of his works represent these women, solitary figures seen from behind on the wharf of the docks, lost in deep thought, the poignant incarnation of existential thinking.

An unclassifiable work, Jeune femme sur un tabouret reveals the many influences that marked Spilliaert’s art. If the Nabis aesthetic, discovered during the Salons de la Libre Esthétique in Brussels, had certainly marked the young painter, as testified by the synthetization of forms employed here, Spilliaert’s art found its deepest roots particularly in the Dutch painting and Northern traditions. The direct inheritance of Johannes Vermeer or Caspar Friedrich can thus be seen in this silent and enigmatic figure caught against a halo of light. Both artists created works filled with the same supernatural spirituality. More evidently, Femme sur un tabouret clearly echoes the serenity of Vilhelm Hammershøi’s compositions, depicting feminine figures sitting near a window, as well as the ghostly silhouettes and curvaceous contours of Edvard Munch.

Art Impressionniste et Moderne

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Paris