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François Boucher
LA LECTURE DE LA LETTRE
FRANÇOIS BOUCHER ; THE READING OF THE LETTER ; OIL ON ORIGINAL CANVAS ; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT 1764
Schätzung
350.000500.000
Los Verkauft 577,500 EUR (Hammerpreis mit Käuferprovision)
ZU LOS SPRINGEN
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François Boucher
LA LECTURE DE LA LETTRE
FRANÇOIS BOUCHER ; THE READING OF THE LETTER ; OIL ON ORIGINAL CANVAS ; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT 1764
Schätzung
350.000500.000
Los Verkauft 577,500 EUR (Hammerpreis mit Käuferprovision)
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Tableaux et Dessins Anciens et du XIXe siècle

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Paris

François Boucher
PARIS 1703 - 1770
LA LECTURE DE LA LETTRE
FRANÇOIS BOUCHER ; THE READING OF THE LETTER ; OIL ON ORIGINAL CANVAS ; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT 1764
Signé et daté en bas à droite f.Boucher/1764
Huile sur toile d'origine
40 x 32 cm ; 15 3/4  by 12 2/3  in
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Provenienz

Collection de Marie-Thérèse Rodet, Madame Geoffrin (1699 - 1777);
Probablement collection de sa fille, Marie-Thérèse, marquise de la Ferté-Imbault (1715-1791), puis de son neveu et légataire universel, Louis-Dominique, marquis de Maunay (et plus tard, d'Etampes; 1734-1815);
Vente Paris, 27-28 Janvier 1845, Maître Simonet ;
Château de Grosbois, propriété du Maréchal Berthier.

Ausgestellt

Salon de 1765, n°11, il s'agit de l'une des "Quatre Pastorales, dont deux sont ovales, sous le même numéro.  Ces Tableaux ont environ 15 pouces de haut, sur 13 de large".

Literatur

A. Michel, François Boucher, Paris, [1906], Cat. Suppl. par L. Soullié & Ch. Masson, p.79, no.1436;
A. Ananoff & D. Wildenstein, François Boucher, 1976, Paris & Lausanne, vol.2, p. 244, cat. no.596 (comme "disparu"),  avec reproduction de la gravure fig.1602;
D. Diderot, Salons, ed. Jean Seznec, Oxford, vol.2, 2eédition, 1979, pp. 19 & 80-81 (avec une description de ce tableau comme no. 3) & 123 (où il dit que les quatre pastorales, avec sept petits paysages par Vernet, se trouvaient dans un boudoir de Mme. Geoffrin)

Katalognotizen

Le tableau présenté est une redécouverte importante dans le corpus de l’œuvre de François Boucher puisque l’œuvre n’était, jusqu’à aujourd’hui connue des historiens d’art que par une gravure de Bonnefoy intitulée La Confidence. Synthèse parfaite du goût français dit rocaille, dans un état de conservation remarquable, cette œuvre est un «petit morceau du siècle des Lumières» parvenu jusqu’à nous.

François Boucher, figure emblématique du foisonnement culturel qui se développe autour de la Marquise de Pompadour fut l’inventeur d’un style dont l’une des spécialités, qui connaitra un grand succès, sera la pastorale. Ce peintre de génie qui, bien qu’il travaillait beaucoup, avait une facilité à la création. Il était d’ailleurs décrit par le grand collectionneur Pierre-Jean Mariette comme suit : « Boucher est né peintre ; il en est peu qui le surpassent en facilité. On peut dire qu’il est né le pinceau à la main. » 
Nous ne connaissons pas grand-chose de la formation de l’artiste mais il est évident que dans les années 1760, il était à l’apogée de son art et avait trouvé son style propre. La scène présentée illustre parfaitement ces pastorales que l'artiste a inventées avec la complicité de la marquise de Pompadour.
Au XVIIIe siècle, la pastorale rejoint les thèmes chers à Rousseau qui prône un retour à la nature. Ces idées prendront corps avec la création de la bergerie que Marie-Antoinette fait installer à Versailles dès 1783.
Les peintres de l’époque vont alors s’intéresser au paysage, genre qui avait été relégué au dernier plan dans les centres d’intérêt français où l’on privilégiait la peinture d’histoire ou encore les scènes mythologiques. Jean-Baptiste Oudry va encourager ses amis à peindre des paysages. Il organisa des randonnées à Arcueil dont le but était de peindre sur le motif les paysages alentour. Bien que François Boucher fit partie de ces randonnées il se remit très vite à peindre des vues idéalisées de la campagne romaine puis, des paysages imaginaires combinant des ruines classiques romaines et des vues imaginées du Veneto ou des bois de Campagnola.
Il garda cependant toujours en tête cette idée du paysage qu’il fit vivre en y intégrant des groupes de paysans ou des bergers.
Vers la fin de sa carrière, le peintre se consacra presque entièrement à la représentation de ces peintures pastorales et de ces scènes champêtres. Ces scènes, généralement de petit format sont assez intimistes et contrastent avec les grands sujets mythologiques ou religieux qu’il peignait jusqu’alors. A la fin de sa vie, Boucher avait des problèmes de vue qui l’obligèrent  à abandonner la grande peinture à laquelle il était habitué pour peindre ces petites scènes dont le traitement d’une exécution très large à la façon d’une esquisse reste néanmoins méticuleux et soigné. Le peintre nous livre ainsi de petits tableaux très intimes où l’on retrouve ses sujets favoris qu’il a réussi à transformer grâce à son génie et à son aisance avec le pinceau pour nous proposer quelque chose qui fonctionne tout aussi bien. En 1765, le Mercure de France décrit ces petits tableaux comme suit : « On a peine à concevoir par quelle sorte de magie de l’art, un Artiste, accoutumé à ne travailler que dans le grand, est parvenu à se réduire dans cet autre genre, sans que son pinceau en soit devenu ni moins large ni moins libre. »

Deux autres des quatre pastorales de Mme. Geoffrin sont toujours perdues; la quatrième, Le Départ du Courrier, est conservée au Metropolitan Museum of Art, New York (voir cat. exp. Boucher, 1986, no.78).

Nous remercions Monsieur Alastair Laing qui nous a confirmé l'authenticité de cette oeuvre après un examen direct et qui nous a aidé à retracer la provenance du tableau.

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